jeudi 26 octobre 2017

L'ODEUR DU SANG (26/30)

Le tout c’est de ne pas avoir la phobie des aiguilles et aussi des appréhensions sur la substance de la seringue. Etre un cobaye n’est pas inné, c’est une punition. Ce qui convint d’en devenir un, c’est l’attrait des regards admiratifs qui se posent sur vous. Admiratifs de ce que vous faites pour eux, à leur place. Ce sont des regards encourageants, qui se disent intérieurement soulagés de ne pas être à votre place, que toute cette folie ne les regarde pas, mais comme le spectacle va être de courte durée, il faut profiter de l’occasion.
Sauf que les spectateurs  présents sont impatients que la représentation commence. Alors ça tambourine d’impatience, ça grogne d’humeur contrariée, la séance va commencer et ils ne sont même pas aux premières loges.

-O- « Je ne sais même pas pourquoi je vais faire ça…j’ai l’impression que je vais finir ici sans revoir Piesta. Elle qui me disais que l’on se retrouverai peut-être, après m’être reposé sur cette île…ça ! pour me reposer, j’vais m’reposer…définitivement même. Dès que je me serais injecté cette substance, j’vais devoir jouer le rôle de la barbaque imbibée d’antibiotiques, j’suis pas con pour ne pas deviner que ceci était destiné à un cobaye mordeur…pas grave…j’ai plus que ça à vivre de façon, si je ressors j’vais m’faire bouffer à un moment où à un autre, alors autant que j’me fasse dévorer humblement »

Stender se souleva du siège et se dirigea vers la femme mordeuse qui baignait dans son jus. Il donna un coup de savate sur le postérieur au cas où, et comme il n’y avait aucune réaction, il s’agenouilla près d’elle.
Il prit l’extrémité de sa robe et déchira une pseudo bande. Il se releva et retourna s’asseoir. Une fois bien installé, il tendit son bras et fit un garrot. D’une main déterminée il saisi la seringue et positionna son pouce sur le poussoir. L’aiguille proche d’une veine affluant de sang tellement elle avait grossi suite au garrot, attira l’intention de Stender qui se dit qu’au moins le fluide se propagerai plus rapidement dans le corps.

La séance est bientôt ouverte car les barricades commencent à céder. Les clients s’impatientes, ça doit faire un moment qu’ils n’ont pas eus de chairs saines sous la dent. Au diable les préliminaires, mieux vaut attaquer les hors d’œuvres. Obligé de forcer l’entrée à présent, même si le comédien a eu à peine le temps de répéter, le spectacle doit commencer. Certains clients étaient même là depuis des heures à attendre pour êtres aux premières loges.

-O- « Entrez ! Entrez bandes de racailles affamées. J’suis prêts, pas de soucis j’connais mon texte par cœur, j’connais la fin de cette putain d’histoire. Aller ! Aller ! Approchez ! La représentation de Stender OKRY dans « L’ODEUR DU SANG » Acte 1 va débuter tout de suite, avec en invité spécial le mordeur-né et en seconds rôles Mr et Mme bouffeurs de nouveaux nés, quoiqu’il en reste plus grand chose, pour dire les textes ça être du coup compliqué, pas grave ils tiendront la chandelle »

Démence ou prise de conscience, que plus aucune alternative ne sera possible que celle de se faire dévorer pour vacciner cette populace avant que le virus ne se propage hors de cette île…

-O- « J’espère que cette foutu merde de virus crèvera ici et qu’il ne soit pas déjà entrain de voyager vers la ville ».

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