Avec toutes les peines du monde, j'octroie la possibilité de
résoudre mes problèmes par la force. Il n'est pas rare de me retrouver dans un
endroit que je ne connaissais pas. Mais par la force des choses j'ai appris à
résoudre certaines pertes de mémoire.
Généralement la nuit, aux alentours de... J'ai oublié, ça
n'est pas important, je pense que c'est pendant mon sommeil.
Au chant du hibou je commence à être inquiet. Toutes les
nuits, avant de m'endormir, ce satané rapace se perche sur l'arbre planté
devant la fenêtre de ma chambre.
Pour rendre ma nuit paisible, il décide enfin de rythmer mon
premier cycle de sommeil d'ululement. Ce qui ne va pas sans me déplaire d'être
aux premières loges, soit, mais que ce soliste décide d'atteindre des
performances toute la nuit est plus que belliqueux.
La frontière expérimentale qui lie mon coucher à mon réveil
est une prison théorique. Elle me donne droit d'expliquer ce qui s'y passe,
mais une fois sortie de cette cage, les souvenirs sont vagues. Des bribes de
moments sans intérêts me restent, et jamais je n'ai plus les relié entre elles
pour n'en faire qu'une seule réponse. Je peux aujourd'hui revendiquer ce que
j'avance et pas seulement pour apporter des réponses aux questions que les
autres se posent :
« mais qui est-il ? », « que se passe-t-il durant
cette phase », « pourquoi se réveille-t-il à d'autres
endroits », « est-ce que les meurtres commis à une centaine de mètres
de là où il est retrouvé inconscient, ont un lien avec lui ? », parce
qu'il est là mon problème, ces coïncidences apportent une perversité ou un jugements
portée sur moi.
Parfois je me réveille avant que la police elle-même le
fasse. Je me suis déjà retrouvé plusieurs fois en garde à vue, préférant cette
situation que de me retrouver nulle part ailleurs non loin d'une victime.
J'ai fini par lui donner un nom à cet hibou, qui est
finalement devenu un point de repère avant mes crises de somnambulisme, je lai
surnommé « Départ ».
Il n'y a jamais eu de prise de bec entre nous, sa vocation à
me préparer à un nouveau départ, désamorce l’illicité que je suppose commettre
au réveil.
Pour l'instant je suis chez moi, j'ai été dernièrement
libéré sous caution, je ne connais pas celui ou celle à qui je dois cette
libération, j'ai demandé à l'agent de police qui me redonnait mes effets
personnels, s'il connaissait l'auteur de ma liberté. Mais aucune info ne m'est
donnée, alors je pars à sa recherche.