mercredi 25 juillet 2012

ANESIDORA (1/6)

Avec toutes les peines du monde, j'octroie la possibilité de résoudre mes problèmes par la force. Il n'est pas rare de me retrouver dans un endroit que je ne connaissais pas. Mais par la force des choses j'ai appris à résoudre certaines pertes de mémoire.
Généralement la nuit, aux alentours de... J'ai oublié, ça n'est pas important, je pense que c'est pendant mon sommeil.
Au chant du hibou je commence à être inquiet. Toutes les nuits, avant de m'endormir, ce satané rapace se perche sur l'arbre planté devant la fenêtre de ma chambre.
Pour rendre ma nuit paisible, il décide enfin de rythmer mon premier cycle de sommeil d'ululement. Ce qui ne va pas sans me déplaire d'être aux premières loges, soit, mais que ce soliste décide d'atteindre des performances toute la nuit est plus que belliqueux.
La frontière expérimentale qui lie mon coucher à mon réveil est une prison théorique. Elle me donne droit d'expliquer ce qui s'y passe, mais une fois sortie de cette cage, les souvenirs sont vagues. Des bribes de moments sans intérêts me restent, et jamais je n'ai plus les relié entre elles pour n'en faire qu'une seule réponse. Je peux aujourd'hui revendiquer ce que j'avance et pas seulement pour apporter des réponses aux questions que les autres se posent :
« mais qui est-il ? », « que se passe-t-il durant cette phase », « pourquoi se réveille-t-il à d'autres endroits », « est-ce que les meurtres commis à une centaine de mètres de là où il est retrouvé inconscient, ont un lien avec lui ? », parce qu'il est là mon problème, ces coïncidences apportent une perversité ou un jugements portée sur moi.
Parfois je me réveille avant que la police elle-même le fasse. Je me suis déjà retrouvé plusieurs fois en garde à vue, préférant cette situation que de me retrouver nulle part ailleurs non loin d'une victime.
J'ai fini par lui donner un nom à cet hibou, qui est finalement devenu un point de repère avant mes crises de somnambulisme, je lai surnommé « Départ ».
Il n'y a jamais eu de prise de bec entre nous, sa vocation à me préparer à un nouveau départ, désamorce l’illicité que je suppose commettre au réveil.
Pour l'instant je suis chez moi, j'ai été dernièrement libéré sous caution, je ne connais pas celui ou celle à qui je dois cette libération, j'ai demandé à l'agent de police qui me redonnait mes effets personnels, s'il connaissait l'auteur de ma liberté. Mais aucune info ne m'est donnée, alors je pars à sa recherche.

mercredi 18 juillet 2012

ELU A SON INSU (4/4)

Des murmures célestes m'encouragent à monnayer le sort que je réserve l’hurleur, comme quoi sa vie vaut peut-être la peine d'être épargnée...
Comme si une vague déferlante vint s'écraser effroyablement contre les parois, les poings massifs de la bête viennent de provoquer un séisme de leur fracas.
Incroyable, quelle force pour un bipède, il m'a étourdi, mais je n'ai que quelques secondes pour me ressaisir car le voilà qui charge dans ma direction. Un goût ferreux se propageant sur ma langue, je m'étais mordu jusqu'au sang les joues.
Je suis prêt, il ouvre grand sa mâchoire laissant apercevoir deux rangées de crocs appropriés à la saisie d'un membre et de pouvoir l'arracher dès la première tentative. Je ne reverrai plus l'aube de toute manière, autant que cela soit une fin explosive. Je plante rapidement mon épée dans le sol, je tire une mèche de mon sac et l’allume, je me relève et avant même qu'il ne réagisse, je saute et m’agrippe à lui comme un singe.
… Le dernier réflexe que KURO eut en mémoire des autres guerriers tombés était de lui avoir planté dans le dos le sceau de sa tribu gravée sur la poignée de son poignard.
Voilà, c'est tout pour ce soir jeune élu. Nous sommes allé fouiller la caverne, nous avons mis plusieurs mois à dégager les rochers qui avaient été disposés par les larbins, ainsi que ceux de l'éboulement. Nous n'avons évidemment trouvé que des bouts de chairs séchées, mais un morceau isolé est intact venait abolir ces siècles de soumission. Nous l'avons conservé jusqu'à ta maturité, tient, prend ce médaillon, il est le symbole d'une nouvelle génération dont le sceau guidera celui-ci vers la paix.
Garde le bien, protège le et vénère ce qu'il représente. Il est temps pour toi de partir et conter à d'autres tribus que l’hurleur n'est plus. Il est de tout devoir à présent d'honorer KURO et d'annoncer à Shyna ta mère, ton départ pour d'autres terres.
Quand tu reviendras sur tes terres et que des années se seront écoulées sur ton visage, enseigne-nous leurs technologies et devient à ton tour ce que je suis, la mémoire des ages.