mardi 28 avril 2015

L'ODEUR DU SANG (8/30)


L’odeur du sang dans son cerveau s’était imprégné. Elle ne voyait plus que par sa faim de chair fraiche, porteuse d’un virus où sa rage s’exprimait sur une vision du monde se réduisant à quelques entremets.

Ÿ « N’ayez crainte jeune innocent, elle ne vous fera rien, tant qu’elle est bien attachée et que la fréquence radio reste sur cette position, tout se déroulera à merveille »

-O- « Mais vous êtes complètement dingue, vous ne voyez pas qu’elle n’est plus votre femme ! Allez ! Soyez sympa et détachez moi de…de ce lit et laissez moi rejoindre mon bungalow… »

Ÿ « Il n’y a plus rien à en espérer du monde extérieur en ce moment Mr OKRY… »

-O- « JE N’EN AI RIEN A FOUTRE DE VOS OPINIONS, ce que je veux c’est sortir d’ici et ne plus craindre qu’à tout moment votre déglinguée de femme se détache et me saute dessus pour m’arracher la carotide »

Ÿ « Ne réagissez pas ainsi jeune paon, ici j’ai tout ce qu’il faut pour survivre, ça durera pas éternellement…mais il y a de quoi rester une dizaine de jours hors de ce remue ménage qui règne à l’extérieur »

-O- « Un remue ménage ?! Mais c’est le chaos ouai ! Y’en a une centaine de ces fous furieux qui sont dans le même état que votre… »

Ÿ « JE SAIS ! JE SUIS AU COURANT ! Pas la peine de me préciser ce que j’ai déjà vu de mes propres yeux. De toutes façons, je crains que…je crains que vous ne rencontriez plus qui que ce soit de…normal sur cette île »

-O- « …votre nom ? »

Ÿ « TIX ! Et avant que vous ne me le demandiez, je suis un rebouteux et je m’occupai à plein temps des villageois de l’ile…enfin…s’il en reste »

-O- « Doc TIX ?! Mais je connais votre nom ! Je vous ai même vu aux infos dans une émission sur la sorcellerie, c’est pas ça ? »

Ÿ « C’est exacte, c’est d’ailleurs ma seule apparition dans les médias. Par contre je réponds aux questions des auditeurs dans les locaux de la radio locale de l’île. Des consultations par téléphone quoi ! Mais bon…c’était du bénévolat, je gagnai bien ma vie… »

-O- « Pourquoi parlez-vous toujours au passé ?! Alors que tout ceci vient juste d’arriver ?! »

Ÿ « Tout ceci vient d’arriver ?? Mais mon cher Stender, je peux vous appeler Stender ?! »

-O- « Pas de soucis Doc ! Bon sang on se croirait dans un remake de Retour vers le Futur »

Ÿ « Très bien…où en étais-je…? »

-O- « Que je me trompai littéralement »

Ÿ « Ah oui c’est ça ! Rendez-vous comptes Stender, toute cette merde, ça fait deux semaines que c’est comme ça…et depuis ce temps là je n’ai jamais osé sortir de mon camping-car »

-O- « Ah ouai…Alors dites-moi comment votre femme a pue se…se transformer ? Hein ! »

Ÿ « Transformée !? Comment pouvez-vous dire une telle chose…Ne l’écoutes pas Chérie ! Elle est simplement dans une mauvaise passe c’est tout. Elle est malade, je la soigne… »

-O- « Arrêtez Doc ! Ouvrez les yeux, elle est devenue comme eux »

Ÿ « Je sais que vous avez raison…mais elle est tout ce qu’il me reste et j’ai l’espoir que tout ça se termine et qu’elle redevienne comme avant, vous comprenez Stender ! »

-O- « Oui c’est évident…mais vu ce que j’ai laissé derrière moi, je peux vous affirmer que tout ceci se terminera comme il a commencé »

Ÿ « C’est à dire ? »

-O- « C’est à dire qu’avant d’atterrir ici, les épreuves que j’ai traversé n’ont rien en commun avec l’hypothèse d’un simple virus de la grippe…c’est autre chose, comme s’ils avaient chopés la rage ou un truc comme ça »

Ÿ « En tout cas ce qui est sur, c’est que nous allons devoir nous barricader un peu mieux que ça…je crains qu’avec ce qui est entrain de se préparer au loin, mon camping-car ne résistera pas à ce ras-de-marré »

-O- « Quel raz-de-marée ? »


Ÿ « Celui que j’ai dans mon champs de vision en ce moment même, en regardant par la fenêtre arrière. Je pense que c’est grâce au boucan que vous avez crée qui a ameuté ces enragés dans notre direction »

mardi 14 avril 2015

L'ODEUR DU SANG (7/30)


Pas question de ralentir maintenant, choix judicieux ou pas du chemin prit, je finirai bien par tomber dessus à un moment ou à un autre, l’île n’est pas si grande que ça, de ce que j’ai pu voir chez moi sur le prospectus de l’agence, on en a vite fait le tour…en bagnole.

-O- « PUTAIN DE CAISSE DE MERDE !! »

Elle a pompée le réservoir, il ne reste plus que la réserve, le diode de celle-ci scintille tellement qu’elle m’empêche de voir que pas loin d’elle…la diode du moteur venait également d’illuminer le tableau de bord.
Je n’aurais pas le choix de toute manière, la marche à pied sera de rigueur…voir même le jogging intensif en évitant la traversée de végétations denses, plutôt risqué en ces temps.

- « A tous…grrrrsss…bitants de l’île, un plan…grrrrrss…gence a été établi. Veuillez vous diri…grrrrsss…pont, des équipes ont étés…grrrsss…en place pour…grrsss accueillir » -

Ok, ok, ok, voilà, voilà, bah s’te foutue équipe devait être sûrement celle qui a cramé sur le pont, elles n’ont pas eues vraisemblablement temps de secourir qui que ce soit.
Bah maintenant que j’ai fais ce choix de prendre la route de gauche, va falloir assurer un max. En tout cas les hauts parleurs implantés un peu partout sur l’île fonctionnement parfaitement, reste plus qu’à retrouver le type qui vient de faire l’annonce.

-O- « Mais c’est quoi ça, qu’est ce que tu fais là ma mignonne hein ?! On dirait que tu t’es glissé là dans l’idée de me tenter hein ! Voilà que tu arrives à point pour me remonter le moral. Tu ne m’en voudras pas si je bois quelques gorgées de ton élixir hein ! »

Fais gaffe à la route mec, j’ralentis un peu, j’maintiens le volant de la main gauche, j’commence à me pencher sur la droite en contre bas avec toujours un œil sur la route, j’tends un max mon bras droit et écarquille mes doigts jusqu’à en avoir des douleurs d’arthrose pour saisir aux pieds du passager avant, cette inattendue bouteille de sky. C’est bizarre…dans l’obscurité on dirait qu’elle…on dirait qu’elle ondule…aller encore un petit effort et hop.

-O- « Ooooooh YES ! Viens là ma belle, tu vas voir on va bien s’entendre tous les deux… »

Mais c’est quoi ce truc entre ma main et la bouteille…mmmh

-O- « AAAAAHHH ! Une putain d’tarentule…MEEEEERDE !! Putain dégage, la route bordel, la route oh la vaaaaaache NOOOON !!! »

- « BLAOUUUUMMMMmmm !! PFFFffffff » -

Quelques heures ont dues passées…mon corps n’a pas résisté au choc de l’accident et ceci malgré l’airbag du volant qui a due empêché que mon crâne se fende en deux. C’était vraiment la première fois de toute cette putain de journée où je me suis senti vraiment seul. Un bruit de radio provoque des échos douloureux à l’intérieur de mon crâne, cela semble si irréel, j’arrive à peine à définir quel genre d’information est transmis.
C’est surement pas maintenant et à cet endroit que je vais trouver de l’aspirine, enfin, il faudrait d’abord que je réussisse à me réveiller et surtout définir pourquoi je me sens secoué de droite à gauche, bordel j’vais finir par gerber…ma vue s’améliore…si ça se trouve chui en train de me faire bouffer…douloureusement je gère mes gestes pour essayer de me dégager de s’te foutu bordel, mais j’y arrive pas, j’arrive pas à ramener mes mains, et plus je tire dessus et plus ça me cisaille les poignets, chui pas dans ma bagnole, c’est pas possible autrement…et puis cette lumière qui m’éblouie, comme des pleins phares…

-O- « Hey mec ! Eteint tes putains de feux, j’ai comme qui dirai des problèmes pour y voir clair, OH ! Tu m’entends mec ! »

 Ÿ « Cal…mez vrrous ! Mr Stender OKRY, vrrous êtes entre de brrronnes mains. Nrrrous éti…ions obligés de vrrrous attacher à vrrrotre lit, vrrrous aviez un sommeil très agi…té. Comment vrrrous sentez-vrrrous Mr OKRY ? »

-O- « Bah disons que j’ai l’impression d’être en contact avec un extraterrestre à vous entendre parler et que je ne sais toujours pas où je suis. Je pensais être dans ma bagnole au beau milieu de la jungle…Et comment connaissez-vous mon nom !? »

Ÿ « Non Mr OKRY, vous n’êtes plus en danger, vous êtes en observation dans mon camping car. Cet effet extraterrestre n’est que temporaire, c’est l’effet secondaire de ce je vous ai administrer. Et pour ce qui est de votre nom je l’ai simplement lu sur votre carte d’identité… »

-O- « QUOI ! Vous avez osé me droguer et me dépouiller !! »

Ÿ « Mais c’était pour votre bien, vos vêtements étaient plein de sang, ma femme et moi ne pouvions pas vous laisser dans cet état »

-O- « Et ce grésillement continu qui me martel le crâne, vous pourriez pas mettre une fréquence avec de la musique ou de l’info s’il vous plait si vous tenez autant que ça à ma santé… »

Ÿ « Je ne peux pas Mr OKRY, c’est la seule fréquence qui calme les nerfs de ma femme. Ah oui ! Je ne vous ais pas présenté…Mr OKRY, ma femme… »

-O- « Ah la vache, je crois que je n’ai jamais autant eu la trouille de ma vie »

Devant moi, assise et ligoté au siège passager, une monstrueuse femme, les yeux injectés de sang, quelques lambeaux de peau sur le visage pendants, elle me fixait et on pouvait lire sur son visage qu’une rage l’avait atteinte.

vendredi 10 avril 2015

L'ODEUR DU SANG (6/30)


« AAAARRRGH ! YIARGgrrrrrrrAAAHHRRRG ! »

Des supplices au loin, de chairs en lambeaux,
Des cris lointains, éclairs de leur flambeau,
Le passage branlant, qui bientôt cède,
Sous le poids défiant, quiconque le possède.

Et voici, que dans un dernier sceau de certification, la structure abandonna hors contrat, tout ceux qui prétendaient défier sa solidité certifiée.

-O- « Ouuuaahh ! C’est de toute beauté, un spectacle improvisé rien que pour moi…chui ému par cette touchante coulée de barbaque flambée. Aller ! Salut les gars, y’a pas de mal, j’ai déjà oublié ce que vous vouliez me faire subir ! On se fait la bise de loin hein ! Et on se rappelle pour rn barbeuk ».

Faut pas que je traine, j’ai encore du pain rassis dans le toaster. Reste plus qu’à rejoindre la cabane que j’ai loué, en espérant que cette fois-ci il n’y ai pas une masse de populace au cul de mes jambons.

Marche avant, embrayage progressivement relâché suivi d’un appui modéré sur la pédale d’accélérateur, et nous voilà repartis sur ces routes toutes tracées, dans une jungle fournie dans son intégralité et une faune improvisée par une saloperie d’infestation qui a  peuplé la flore d’une animalité agressive. Après avoir finalement participé seul à mon sauvetage, l’orage s’éloigne pour laisser place à quelques éclaircies rudement méritées.

Etrangement la route est tranquille contrairement à tout à l’heure. C’est vraiment une île paradisiaque, il y a vraiment de quoi se la couler douce ici, dommage qu’une racaille locale veuillent me bouffer, du coup ça porte un jugement négatif sur l’efficacité de la sécurité.

Mais bon, j’vais pas me mettre à chialer à cause d’une minorité de crétins impulsifs qui se trouvent loin derrière moi maintenant. Je suis même surpris par l’éblouissement du soleil, qui essai malgré sa faible domination face aux épais nuages noirs, de percer la nébuleuse couche qui depuis tout à l’heure me chercher les noises. La route est tranquille, la pluie tombe toujours mais ça me semble moins virulent en comparaison aux quelques heures que je viens de vivre.

Je dois tout de même avouer qu’il y a du bon à avoir été secoué de la sorte, parce que à cet instant l’ambiance me semble détendue, une main sur le volant, vitesse moyenne, je respire lentement et apprécie le moment…parce qu’il va être de courte durée.

Au loin, derrière moi, une nébuleuse masse ambulante progresse dans ma direction, j’essai de me persuader que ce n’est pas encore eux, mais je sais pertinemment que ces ombres malveillantes sorties de cette jungle bordant la route, ne sont pas des cantonniers. Ils sont bien là pour fracasser du crâne plutôt que des cailloux, même si leur formations en meute paraît complètement désorganisée.

Il ne faut pas que je sous estime mes capacités à encaisser des évènements hors du commun, celui-ci on peut dire qu’il est assez exceptionnel et tellement il me fout les j’tons que je ne sais plus dans quelle direction je dois m’orienter. J’aurais dû prendre un foutu plan à l’agence, me v’là confronté à un dilemme, deux directions s’offre à moi, une qui mènerai je ne sais où et l’autre qui devrait me rapprocher de ma location, l’une ou l’autre peu importe, j’suis complètement paumé de toutes façons. J’ai plutôt intérêt à me manier le train sur mon choix parce qu’ils vont sûrement rappliquer pendant que je m’adonne à un Papier Pierre Ciseaux, ou à un Am stram gram pour me décider…

Et merde, j’prends celui de gauche, tant pis, de toute façons si c’est le mauvais je finirais bien par tomber sur cette foutue cabane de location, à part si je tombe en panne sèche…

jeudi 2 avril 2015

L'ODEUR DU SANG (5/30)



Tempête du soir cauchemar, t’embête la bête noir, trop tard,
De son dard virulent, s’entête à te mettre dans le vent,
Ais le dernier mot, sur ta destination,
Hais ce qu’elle t’impose, et traverse le pont.

Vraiment il faut être complètement taré pour vouloir s’aventurer sur cette construction en pleine effervescence. Mais est-ce que j’ai vraiment le choix…

- « BLAM ! BLAM ! » -

Putain mais c’est quoi ça, bordel de chiotte, mais y a trois de ces malades collés à la lunette arrière, et d’autres qui arrivent sur les côtés, bah il semblerai que t’ais plus le choix bonhomme, va falloir te donner à fond dans s’te traversée, parce que ces furieux y vont pas te pardonner d’avoir explosé la tronche de leur pote.

Première vitesse enclenchée, coup d’rein dans l’accélérateur pour faire vibrer le moteur et se donner du courage. Prie qui tu peux ou ce que tu peux, mais lâche l’embrayage, parce qu’il faut y aller là mon p’tit gars.

- « BLAM ! Cliiiiing Crash ! » -

Purée ils ont réussis à briser la lunette arrière, ils essaient de pénétrer dans la bagnole, mais lâche l’embrayage bordel ou tu vas te faire bouffer.

- « IIIIiiiiiiii… » -

Bonne caisse…je te promet un hommage pour ta bravoure si on s’en sort. Le pont se rapproche grandement de mes craintes, le peu de mètres qui nous sépares, libère en moi un instant de pudeur sur des larmes qui ne sont jamais tombée lors du récent l’enterrement de mon père.
Les roues viennent de mordre la première planche du pont. Mon entrée en scène fait effet de contre poids dans le balancement. Ce qui facilite du coup le parcours des premiers mètres. Mais cela n’empêche pas ma tête de suivre le rythme des chocs et de n’apercevoir des dangers qu’au dernier moment.

Me voilà victorieux d’être à mi-chemin, le temps de regarder dans le rétro intérieur et de m’apercevoir que mes poursuivants ce sont eux aussi engagés dans cette tumultueuse escapade foraine. J’ai à peine le temps de fixer mon regard devant moi, qu’un éclair vient s’abattre sur le pont.

Oh la vache l’enfoiré, il m’a ébloui, obligé de mettre mon avant bras devant les yeux, oooooh chiotte j’vais m’planter, faut pas que la taule entre en contacte avec les armatures du pont sinon chui bon pour la grillade.
A la vache c’est trop juste, j’vais crever c’est sûr

-O-  « OH LA VAAACHE, les autres tarés sur le pont, y sont entrain de griller »

La route, la route, fixe la route, lâche pas l’morceau, ça va l’faire, encore un bon cinq mètres, t’y es presque…

-O-  « iiiiiiiyahaaaaaa, BORDEL DE MERDE J’Y SUIS ARRIVE, non mais le truc de malade, où sont les caméras ? Non arrêtez ! Je vous en prie, trop de flashs, il n’y a pas de quoi en faire la une des journaux… MERDE ! Freine ! Freine ! »

- « IIIIiiiiiii » -

-O-  « BORDEL DE MERDE ! j’ai faillis crever là, c’est sûre j’étais à deux lattes de bois d’y passer en m’explosant sur ce putain de rocher devant moi alors que je viens d’accomplir un exploit »

Mate ça derrière vieux, v’là la flambée au loin, on dirai qu’elle a drôlement augmentée depuis toute à l’heure…je rêve…j’en crois pas mes yeux…des câbles viennent de lâchés, on les vois bien jouer du fouet enflammé et cravacher ces torches ambulantes et même en trancher quelques unes, des têtes décapitées qui s’envolent, des bras et j’en passe.

Je me retrouve spectateur de mon futur emprisonnement, car les câbles lâchent les uns après les autres, non pas parce qu’ils se consumes, mais parce qu’une masse grandissante de ces bêtes est entrain de se former et le pont commence à céder sous le poids de ce gigantesque feu de Saint Jean.