Le
tout c’est de ne pas avoir la phobie des aiguilles et aussi des appréhensions
sur la substance de la seringue. Etre un cobaye n’est pas inné, c’est une punition.
Ce qui convint d’en devenir un, c’est l’attrait des regards admiratifs qui se
posent sur vous. Admiratifs de ce que vous faites pour eux, à leur place. Ce
sont des regards encourageants, qui se disent intérieurement soulagés de ne pas
être à votre place, que toute cette folie ne les regarde pas, mais comme le
spectacle va être de courte durée, il faut profiter de l’occasion.
Sauf
que les spectateurs présents sont
impatients que la représentation commence. Alors ça tambourine d’impatience, ça
grogne d’humeur contrariée, la séance va commencer et ils ne sont même pas aux
premières loges.
-O- « Je ne sais même pas pourquoi
je vais faire ça…j’ai l’impression que je vais finir ici sans revoir Piesta. Elle qui me disais que l’on se
retrouverai peut-être, après m’être reposé sur cette île…ça ! pour me
reposer, j’vais m’reposer…définitivement même. Dès que je me serais injecté
cette substance, j’vais devoir jouer le rôle de la barbaque imbibée
d’antibiotiques, j’suis pas con pour ne pas deviner que ceci était destiné à un
cobaye mordeur…pas grave…j’ai plus que ça à vivre de façon, si je ressors
j’vais m’faire bouffer à un moment où à un autre, alors autant que j’me fasse
dévorer humblement »
Stender se souleva du siège et se
dirigea vers la femme mordeuse qui baignait dans son jus. Il donna un coup de
savate sur le postérieur au cas où, et comme il n’y avait aucune réaction, il
s’agenouilla près d’elle.
Il
prit l’extrémité de sa robe et déchira une pseudo bande. Il se releva et
retourna s’asseoir. Une fois bien installé, il tendit son bras et fit un garrot.
D’une main déterminée il saisi la seringue et positionna son pouce sur le poussoir.
L’aiguille proche d’une veine affluant de sang tellement elle avait grossi
suite au garrot, attira l’intention de Stender
qui se dit qu’au moins le fluide se propagerai plus rapidement dans le corps.
La
séance est bientôt ouverte car les barricades commencent à céder. Les clients
s’impatientes, ça doit faire un moment qu’ils n’ont pas eus de chairs saines
sous la dent. Au diable les préliminaires, mieux vaut attaquer les hors
d’œuvres. Obligé de forcer l’entrée à présent, même si le comédien a eu à peine
le temps de répéter, le spectacle doit commencer. Certains clients étaient même
là depuis des heures à attendre pour êtres aux premières loges.
-O- « Entrez ! Entrez bandes
de racailles affamées. J’suis prêts, pas de soucis j’connais mon texte par cœur,
j’connais la fin de cette putain d’histoire. Aller ! Aller !
Approchez ! La représentation de Stender
OKRY dans « L’ODEUR DU SANG » Acte 1 va
débuter tout de suite, avec en invité spécial le mordeur-né et en seconds rôles
Mr et Mme bouffeurs de nouveaux nés, quoiqu’il en reste plus grand chose, pour
dire les textes ça être du coup compliqué, pas grave ils tiendront la chandelle »
Démence
ou prise de conscience, que plus aucune alternative ne sera possible que celle
de se faire dévorer pour vacciner cette populace avant que le virus ne se
propage hors de cette île…
-O- « J’espère que cette foutu
merde de virus crèvera ici et qu’il ne soit pas déjà entrain de voyager vers la
ville ».