jeudi 26 octobre 2017

L'ODEUR DU SANG (26/30)

Le tout c’est de ne pas avoir la phobie des aiguilles et aussi des appréhensions sur la substance de la seringue. Etre un cobaye n’est pas inné, c’est une punition. Ce qui convint d’en devenir un, c’est l’attrait des regards admiratifs qui se posent sur vous. Admiratifs de ce que vous faites pour eux, à leur place. Ce sont des regards encourageants, qui se disent intérieurement soulagés de ne pas être à votre place, que toute cette folie ne les regarde pas, mais comme le spectacle va être de courte durée, il faut profiter de l’occasion.
Sauf que les spectateurs  présents sont impatients que la représentation commence. Alors ça tambourine d’impatience, ça grogne d’humeur contrariée, la séance va commencer et ils ne sont même pas aux premières loges.

-O- « Je ne sais même pas pourquoi je vais faire ça…j’ai l’impression que je vais finir ici sans revoir Piesta. Elle qui me disais que l’on se retrouverai peut-être, après m’être reposé sur cette île…ça ! pour me reposer, j’vais m’reposer…définitivement même. Dès que je me serais injecté cette substance, j’vais devoir jouer le rôle de la barbaque imbibée d’antibiotiques, j’suis pas con pour ne pas deviner que ceci était destiné à un cobaye mordeur…pas grave…j’ai plus que ça à vivre de façon, si je ressors j’vais m’faire bouffer à un moment où à un autre, alors autant que j’me fasse dévorer humblement »

Stender se souleva du siège et se dirigea vers la femme mordeuse qui baignait dans son jus. Il donna un coup de savate sur le postérieur au cas où, et comme il n’y avait aucune réaction, il s’agenouilla près d’elle.
Il prit l’extrémité de sa robe et déchira une pseudo bande. Il se releva et retourna s’asseoir. Une fois bien installé, il tendit son bras et fit un garrot. D’une main déterminée il saisi la seringue et positionna son pouce sur le poussoir. L’aiguille proche d’une veine affluant de sang tellement elle avait grossi suite au garrot, attira l’intention de Stender qui se dit qu’au moins le fluide se propagerai plus rapidement dans le corps.

La séance est bientôt ouverte car les barricades commencent à céder. Les clients s’impatientes, ça doit faire un moment qu’ils n’ont pas eus de chairs saines sous la dent. Au diable les préliminaires, mieux vaut attaquer les hors d’œuvres. Obligé de forcer l’entrée à présent, même si le comédien a eu à peine le temps de répéter, le spectacle doit commencer. Certains clients étaient même là depuis des heures à attendre pour êtres aux premières loges.

-O- « Entrez ! Entrez bandes de racailles affamées. J’suis prêts, pas de soucis j’connais mon texte par cœur, j’connais la fin de cette putain d’histoire. Aller ! Aller ! Approchez ! La représentation de Stender OKRY dans « L’ODEUR DU SANG » Acte 1 va débuter tout de suite, avec en invité spécial le mordeur-né et en seconds rôles Mr et Mme bouffeurs de nouveaux nés, quoiqu’il en reste plus grand chose, pour dire les textes ça être du coup compliqué, pas grave ils tiendront la chandelle »

Démence ou prise de conscience, que plus aucune alternative ne sera possible que celle de se faire dévorer pour vacciner cette populace avant que le virus ne se propage hors de cette île…

-O- « J’espère que cette foutu merde de virus crèvera ici et qu’il ne soit pas déjà entrain de voyager vers la ville ».

mercredi 25 octobre 2017

L'ODEUR DU SANG (25/30)

Pour votre gouverne, sachez que dans une telle situation, aucun être sensé ne tuerai un nouveau né…mais un mordeur-né, quoi de plus sensé que de lui sauver la vie en lui donnant la mort…quoiqu’il soit déjà mort…

-O- « Ch’peux pas…cette saloperie a encore l’aspect d’un gamin. J’y arriverai pas, mais je dois…la porte…la porte, je dois vérifier si la porte est bien verrouillée…putain j’l’avais pas verrouillée, la clé…la clé, elle est là. Dans la serrure vite, dans la serrure…verrouillée…merde ! Putain ! Merde ! J’ai pété la clé ! Putain ! Pas grave…la boîte, je dois ouvrir cette boîte… »

Dans sa main agrippée, la boîte aux questions diverses,
Couvercle relevé, une réponse visiblement perverse,
Une seringue se présentai, sur le canon y était gravé :
« A injecter en cas d’urgence avant transformation complète. ESSAI EB14 – COBAYE N°962 »

-O- « Putain il fallait que ça tombe sur moi ça hein ! Un truc expérimental, comme tous ces mordeurs qui se sont brusquement arrêtés dès l’ouverture de cette putain de boîte au poste de police…Ch’comprends plus rien à tout ça…j’n’en peux plus, ch’fatigue sévère »

A l’aide de deux doigts, Stender déclipsa la seringue de son empreinte et la porta aussitôt devant son visage pour observer son contenu.

-O- « Oh la vache…la couleur du liquide m’inspire pas confiance… »

<ô> « Niiiiiargh…iiiiiyaaaarrrrghiiiigrrr… »

-O- « Ferme-la !! Sale mioche !...J’vais m’asseoir deux secondes c’est mieux, ça va m’aider à réfléchir…fait longtemps qu’j’m’étais pas assis sur une Rocking-chair »

Stender se pose calmement au creux de la Rocking-chair tout en observant la progression du mordeur-né, celui-ci n’était plus si loin que ça, il avait bien progressé malgré son incapacité à se déplacer.
Il posa la hache contre le siège de la Rockin-Chair et commença a se balancer, le grincement du bois rythmé apaisait Stender au point qu’il ferma les yeux quelques secondes.

-O- « ça fait tellement longtemps que je ne me suis pas apaisé comme ça, j’me laisserai bien tenter par une p’tite sieste bien mérité… »

Stender apaisé, se laissa emporté,
Par le courant coloré, des songes édulcorés,
Malgré cette tranquillité, sentait une chose s’agripper,
A son pantalon usé, l’empêchant d’avancer.

Secouant continuellement, la jambe et son pied,
Stender consterné, se retourna énervé,
Stupéfait par la présence, d’un visage familier,
Son ancienne dulcinée, pleurant à ses pieds.

Ecoeuré par cette présence, Stender s’en débarrasse,
Mais elle revient avec insistance, en pleurs plus coriaces,
Un détail malgré tout, trompait à l’œil nu,
Un bras atrophié, choquai par ses pues.

Stender comprit alors, qu’on usurpait son ex,
Qu’en fait ce déconfort, venait de l’autre espèce,
Le mordeur-né, tout craché,
Croquai son pied, en toute impunité.

Le réveil fut brusque, mais finalement sans danger, car le mordeur-né mordillait sans dents la semelle esquintée. Stender assis confortablement, se pencha pour observer avec quelle détermination un mordeur-né, pouvait avoir déjà cette soif de mordre.
Ayant suffisamment conclu au bout de quelques secondes que l’état de cet être n’aurait plus aucune alternative d’un retour à la normale, Stender se leva exténué par cet acharnement, se contracta d’une force épuisée, et d’une détente insoupçonnée, balança la jambe où était accroché l’être vers l’avant. Arrivé à un certain angle d’arc de cercle dans le balancement de la jambe, Stender stoppa net l’élan.

Le mordeur-né, non contrarié par cette gymnastique, se décrocha de sa prise malgré sa volonté d’y rester, et par la force de cette projection se vit s’éloigner de sa proie. La sensation d’éloignement fut de courte durée, car très vite il s’est encastré, dans le mur ciblé.
Sans mal il s’y est adapté comme un tableau prédestiné. La chute fut rude, sur cette pente verticale, car le crâne de son poids, entraina le corps mortifié pour s’écraser au sol en éparpillant cervelle et boyaux. Avec certitude cette fois-ci, le mordeur-né avait bien trépassé.
Ecoeuré par cette scène, Stender se senti étonnamment mal à l’aise, quand s’en suivi une remontée gastrique lui brûlant le gosier suivant le circuit normal et expulsa une marée suc gastrique dessinant au sol une forme aléatoire.

-O- « Putain ça m’a arraché le gosier, ma tête tourne, c’est surement à cause du peu de nourriture que j’ai réussi à ingurgiter depuis le début de ce foutu séjour…c’est quoi ce vacarme…on dirai bien que ça gronde dehors…et c’est sûrement pas un orage…j’en ai marre de ce merdier, ça recommence…j’vais m’rassoir, j’vais m’poser là. Et j’crois bien, comme qi dirait, le bon moment pour les expériences douteuses »

Stender s’assied de nouveau sur la Rocking Chair et se balança tout en décrochant la seringue de la boîte, quand Stender aperçu sous celle-ci, jaunie par le temps, un petit papier soigneusement plié s’y trouvai.
Stender le saisi délicatement et le déplia avec minutie car non seulement les plis commençaient à se déchirer, mais en plus l’écriture était quasi illisible. Une fois entièrement déplié, Stender commença à lire ce qu’il pouvait déchiffrer :

Le jour viendra où il faudra tout abandonner. Ce jour là il n’y aura qu’un seul remède…moi même et…au bout du…un autre jour où…


-O- «  Le reste est illisible, mais y’a pas besoin de plus. Putain…si j’avais su que j’allais finir comme ça, j’n’aurais pas pris ces foutus congés !! »

jeudi 19 octobre 2017

L'ODEUR DU SANG (24/30)

L’ouverture du bal commence, les hôtes doivent tendre la main aux convives, et ceux-là, polis, acceptent l’invitation. Mais Stender, la danse…c’est pas son truc, lui il préfère en ce moment les bons coups de manche à bout de bras, en l’occurrence la hache à défaut d’une bonne batte.

-O- «  Oh ! Bah tient ! on dirait bien qu’il y’en a une qui ne demande que ça. Et bien cette fois on va déroger aux règles, cette fois c’est les convives qui ouvrent le bal »

L’entrée en matière débute par 3 pas bien allongés, rapprochant au maximum de la cavalière en un minimum d’effort. Une fois le manche à portée de main, une saisie poignante est nécessaire pour emmener le poids de l’acier tranchant du bas vers le haut en décrivant un arc de cercle.
Avec de la chance, il est possible que votre cavalière suive parfaitement le prolongement de votre bras et vienne balafrer la carotide. Si cela se produit, celle-ci ne suffira pas à noyer dans son jus l’adversité. Alors dans un second temps, pour remédier à cela, reprendre cette fois-ci à deux mains votre partenaire et adoptez sans plus attendre la discipline du lancer du marteau, sans lâcher celui-ci bien entendu.
L’acier tranchant étant au sol et le manche à bout de bras, balancez votre corps suivi de vos ras accompagnés de votre cavalière, pour effectuer dans un temps minimum imparti, une rotation à 360 degrés.

Avec de la chance, une nouvelle fois, le tranchant de l’acier viendra trancher, non pas une carotide, mais plutôt la tête de votre concurrent qui risque de ne plus s’en remettre de votre futur et irrémédiable victorieux talent.

Mais pas le temps de souffler, le timing est serrer, car le partenaire qui accompagnai votre concurrente avait déjà embrayé le pas pour la venger et n’est qu’à peine à deux mètres de vous, alors pas le temps de faire re-virevolter votre partenaire, obliger de faire du bruit et de sortir l’instrument de musique pour le déstabiliser en lui jouant un air de déjà entendu. Lors de la sortie de votre instrument que vous aviez soigneusement enfilé dans la ceinture de votre pantalon, veillez à le saisir uniquement par la cross et évitez ainsi un malencontreux accident en ayant appuyé sur la gâchette. Une fois l’instrument dans votre main, tirez le chien à l’aide du pouce et braquez rapidement celui ou celle dont le crâne devra éclater.

La décoration aléatoire issue des éclaboussures et giclures de cerveau, n’a absolument aucune incidence sur le vote du Jury, il pourrait même influencer votre notation.
A l’aide de l’autre main disponible, maintenez le dessous de la cross pour une meilleure précision et tirez.

-O- « Bordel de merde, ça gicle d’une force, entre les deux yeux, premier prix à fête foraine c’est sûr. En tout cas ce qui est clair maintenant, c’est que j’ai attiré la foudre…Ils vont tous se ramener… Je ferai mieux de me préparer en vérifiant si les barricades qu’ils ont mis en pl…ouuuuuaaoooh !! La vision d’horreur…Alors là j’crois que j’vais gerber…Putain de merde ils étaient entrain de bouffer un nouveau né…sûrement la leur, puisque c’est…apparemment un couple…Putain ils étaient entrain de bouffer leur progéniture…p’tin c’est dégueu…Mais…Mais il est encore en vie ?! D’ici je le vois très bien qu’il bouge…même avec les entrailles à l’air il bouge encore ?! J’peux rien faire pour lui ! J’peux rien pour lui j’vous dis à vous qui me parlez, j’sais très bien que ce n’est pas ceux que je viens d’abattre qui me causent, hein !! Chui pas fou ! J’ai encore toute ma tête, laissez moi en paix… »

- « Ssssstender, tu es rentré à la maison, iiill est temps que tu te repossseee à présssent » -

-O- « Vos gueules merde !!...Bon sang, j’ai complètement zappé la boîte dans mon sac »

- « Neee fais pas ça Sssstenderrr, cccette boîte est le démon » -

-O- « Et vous ?! Le Saint Esprit peut-être ?! »

Stender enleva son sac à dos des épaules et le posa à terre. Il l’ouvrit et chercha aveuglément avec sa main gauche, étant donné au sa main droite maintenait fermement la hache, au fond du sac la fameuse boîte. Il la saisie sans trop de mal et la remonta anxieusement pour la sortir du sac, quelle chose si terrifiante allait t-il découvrir pour qu’on lui siffle à l’oreille un danger imminent…En attendant…ils ne sont pas tous morts dans cette pièce…car à terre il vient de tomber, le nouveau né aux entrailles éparpillées, rampant car ne sachant pas marcher à quatre ou deux pattes. Mais l’appel de la viande fraîche est devenue une priorité, et favorise en peu de temps au développement du « Mordeur-né », sachant en si peu de temps s’aider de ses membres supérieurs pour se trainer… 

mercredi 18 octobre 2017

L'ODEUR DU SANG (23/30)

« Tires sur la chevillette et la bobinette cherra ! » disait-elle la mère-grand.

Le conte ne raconte pas tout sur le principe fondamental du déguisement. Qui nous dit que ce ne serai pas justement la grand mère qui s’est déguisée en loup…parce qu’en fait c’était une foutue cannibale et qu’en ces temps la famine devait sévir…
Un tour à gauche dans le barillet, inclinaison de la poignée à 90 degrés vers la gauche, pas encore…elle a été fermée à double tour, même opération. La porte s’entrebâille, Stender serre si fort la poignée, que des douleurs li surviennent à la main, il relâche un peu et la secoue vigoureusement quelques secondes. Il pose le bout de ses doigts sur la porte et très rapidement il se retourne de peur d’être prit en traître, mais pas de quoi fouetter un chat qui est justement entrain de se diriger vers lui…pas normalement, titubant légèrement et grognent chroniquement.

-O- « P’tain ! C’est pas l’moment bordel. Qu’est c’tu fout là sale greffier. J’ai comme l’impression que c’matou sénile va me faire repérer…mais…mais il t’manques un morceau le chat ! »

Rampant d’espoir, vers un but précis,
Trainant son corps, à moitié rétrécis,
Viande fraiche, devant lui s’agite,
Sans stress, d’un élan s’agrippe.

D’un sursaut, Stender secoue sa jambe,
Le sot, il mordillait le pantalon,
Stender serra le cou, du greffier mal attentionné,
Trop fort à son gout, s’écrasa dans sa main en purée.

Le corps se détacha, de sa tête à son pantalon accrochée,
Stender la saisie, tira et la décrocha,
Suivi de filaments, les crocs enfoncés se détachèrent de la tête.

-O- « Putain de bol pas possible ! c’putain d’greffier était contaminé ! Il voulait m’bouffer, heureusement que l’épaisseur de mon falzar m’a sauvé la mise, ça n’a pas traversé » se dit-il en soulevant le bas de son pantalon en observant l’état de son tibia.

-O- « Rien ! je commence à croire qu’il y a un bon dieu finalement…enfin…ne nous précipitons pas…rien n’est encore terminé. Pas l’air d’avoir trop de bruits à l’intérieur…j’vais m’avancer… » se dit Stender en poussant la porte délicatement.

Celle-ci grinça peu à la première poussée, mais par malheur quand elle eue atteinte un certain angle, celle-ci grinça fortement et fit raisonner la pièce…une spasme de l’épaule envahie les silhouettes…la porte allait continuer sa course mais Stender la freina aussitôt…le grognement s’est intensifié…Stender n’avait encore aucun visu sur les silhouettes, il pouvait à peine passer sa tête, ce qu’il fit d’ailleurs en retenant fermement la porte…bientôt il dépassait l’oreille et d’un œil pouvait déjà observer la moitié de la pièce dans sa longueur, mais toujours pas l’autre moitié où se trouvaient les mystérieuses silhouettes.

-O- « Merde j’vois quedal ! » marmonna Stender en retirant sa tête rapidement.

Seulement…le temps n’était plus aux essais, car autour rôdaient, des mordeurs pas frais. Stender comprit l’astuce de survie, se réfugier et se barricader. Il dégaina le revolver de sa ceinture de pantalon en la pointant vers le sol, poussa d’un coup sec la porte. Premières impressions, premières sensations, une hache, entreposée là, contre le dossier d’une rocking-chair placée au milieu de la pièce…sur la gauche, comme auparavant, dans le fond de cette pièce, les deux silhouettes se balançant et grognant plus intensément encore.

-O- « Pas de bruits, surtout pas de tires, cette hache est une bénédiction »

Un premier pas vers la décapiteuse semblait lui lancer un appel ; mais celui-ci fit grincer le planché…rien…juste un spasme de la main des silhouettes survint. Stender se retourna encore, jetant un coup d’œil au dehors de peur qu’il soit attaqué par derrière…mais rien à l’horizon…retour eu devant de scène où les acteurs sont toujours en place.
Deuxième pas…légèrement moins grinçant mais toujours aussi crispant…ils grognent plus fort à chaque pas posé, spasmes de la tête d’lève appliqué, saisi la poignée pour la refermer consciencieusement derrière lui. Eu t-il à peine lâché la poignée, que par mégarde d’un coup de coude improvisé, il cogna sur le buffet une vieille lampe à pétrole éteinte, qu’il fit basculer à ses frais, car sa destination fut atteinte, dans un fracas le plus complet.

-O- « Mmmmerdeeee » exprima Stender en se retenant d’hurler en serrant les dents.

Il n’avait pas tort de serrer aussi fort, car d’un pas mort, rappant le sol et tassant la poussière, l’une des deux silhouette dans un effort de cadavre mortuaire, pivota maladroitement en direction de Stender.


La marche à suivre était toute tracée, dehors c’était encombré de mordeurs attirés, dedans piégé par deux mordeurs… Stender introduisit rapidement la clé une nouvelle fois dans la serrure de la porte, mais cette fois-ci pour s’enfermer à huis clos avec ses hôtes.

mercredi 11 octobre 2017

L'ODEUR DU SANG (22/30)

Le soleil a fini par se lever et le sentier devint plus clair. Non loin de là à deux minutes près, une vieille cabane surplombait une colline.

- « CLINNnnn » -

-O- « Bah voilà la dernière minute, 60 secondes où je ne sais quel genre d’événement va se manifester. Ils vont p’têtre tous se réveiller et je vais être de nouveau confronté à tout ce merdier. Où alors une chose encore plus étrange que celui-ci surviendra ?! » Rumina Stender.

Il leva la tête quelques secondes en direction de la colline et fut étonné d’apercevoir cette vieille cabane isolée du reste. Puis il baissa la tête sans intérêt, continuant le sentier qui lui était proposé…et quelques bons mètres après, Stender stoppa net, sorti les clés de la cabane qu’il avait loué soit disant pour un séjour paisible et l’observa quelques secondes.

Sur le porte clé en cuir vachette noir était collé un écusson rond en tissu rouge symbolisant une île cousu avec du fil doré. Il y était inscrit sur le pourtour « Agazdir Station » et au dos son nom et prénom inscrits sur une étiquette à la va vite.

-O- « Et pourquoi pas cette vieille cabane ?! » ruminai Stender en manipulant nerveusement la clé et en faisant des demi-tours sur lui-même en pensant que les dernières secondes étaient proches.

Finalement il fit demi-tour en direction de celle-ci, convaincu que cette antiquité était son dernier refuge.

- «  CLINNnnn ! » -

-O- « Putain ! Putain ! et merde ! C’est terminé, plus de temps qui doit s’écrouler de cette misérable boîte ! » Pensa t-il à voix haute en ayant déjà gravit la moitié du chemin.

- « CLINNnnn ! CLINNnnn ! CLINNnnn ! » -

-O- « Quoi ?! Mais ?! ça signifie quoi exactement putain mais ça s’arrête jamais ce merdier ! J’ai l’impression que la boîte bouge à l’intérieur du sac…Pas l’temps d’mater ! j’dois coûte que coûte atteindre cette p’tain d’cabane ou je sens que quelque chose de pas très saint va m’arriver » pensa t-il en rebroussant chemin aussi vite qu’il le pouvait.

Une fois le croisement atteint, Stender commença à grimper la colline. Une bonne cinquantaine de mètres les séparaient, mais la volonté de se barricader lui faisait oublier la douleur à l’épaule qui le lançai à chaque mauvais mouvements du bras.
Comme il pouvait le prévoir, des grognements aux alentours étaient devenus perceptibles et l’envie de se réfugier agrémentait son instinct de survie.

Les grognements s’intensifiaient, mais Stender ne remarquai rien aux alentours. Et plus il se rapprochait de la porte et plus le son était fort. Sans aucun doute, il y en avait à l’intérieur, pas un nombre important d’après le bruit, mais Stender veux être sûr du nombre exacte. Alors, même avec le grand danger qu’il courait en restant à l’extérieur, Stender prit le risque de faire le tour de cette cabane.
Les fenêtres étaient barricadées par des planches clouées de l’intérieur, mais certaines étaient suffisamment espacées entre elles pour entrevoir ce qui pouvait se dérouler à l’intérieur.
Stender regarde rapidement derrière lui par précaution et comme il ne vit aucun danger, il plaque un œil sur la vitre d’une fenêtre encore intacte et essaya d’entrevoir au travers de l’interstice de deux planches qui se chevauchaient.

Dans un léger flou, Stender aperçu deux silhouettes dans le fond de la pièce, celle-ci était vraisemblablement le salon. Apparemment ces deux silhouettes n’évoluaient pas dans cette pièce, ils étaient comme endormis fixant le sol et se balançant légèrement de droite à gauche et grognant chroniquement. Mais Stender veut y croire, alors dans une inconscience de dernier espoir, il plaqua sa main fortement sur la vitre pour qu’il soit entendu par les deux résidents.
Un bruit sourd résonna tout de même dans la pièce, mais rien, aucune réaction des deux silhouettes.

-O- «  Même pas un, pour dire à l’autre qu’il y a quelqu’un dehors qui galère ?! Je suis sûr qu’ils m’ont vu, mais qu’ils ne veulent pas se mouiller ou se faire mordre. J’suis sûr qu’ils croient que je suis un mordeur…j’vais essayer la porte, ça devrai s’agiter un peu plus à l’intérieur normalement »

Stender se dirigea de nouveau vers la porte d’entrée…

-O- « Putain !mais qu’est ce qu’il m’arrive…j’ai un de ces mal à marcher d’un seul coup là…besoin de sommeil c’est ça…ça fait trop longtemps que je n’ai pas fermé l’œil…j’suis épuisé…j’m’installerai dans cette foutue cabane et m’imposerai un roupillon. Ils diront rien quand ils verront que j’ne suis pas un mordeur… »

Quand Stender arriva devant la porte, il saisi la poignée et la tourna à fond dans les deux sens, mais la porte était verrouillée.

-O- « Pas étonnant » se dit Stender en approchant sa clé de la serrure.

Quand celle-ci entra en contact avec la serrure, elle pénétra à l’intérieur de la fente de silencieux cliquetis.

-O- « P’tain…c’est la bonne clé bordel de merde… »

L'ODEUR DU SANG (21/30)

Détaler parce qu’il n’y a pas d’autres alternatives. Surtout quand il nous reste très peu de temps devant nous. Principalement parce qu’il n’y a qu’une seule manière de continuer à survivre à tout ça…fuir, encore fuir…mais tout en pensant qu’il est impossible d’échapper éternellement.

-O- « 9 minutes, et je dirais…pas une de plus !! »

Stender appuya sur la gâchette du revolver de l’Officier Jex, la balle siffla et ricocha contre le cadenas qui verrouille l’armoire de l’armurerie, mais sans succès. Il tenta une deuxième, la balle alla s’écraser contre le cadenas et le brisa cette fois-ci, mais celle-ci continua sa course et ricocha en percutant la porte de l’armoire blindée et vint se loger dans l’œil purulent d’un mordeur figé, encore debout et placé derrière Stender.

Stender s’en est aperçu que quand le mordeur bascula et s’écroula à terre à ses pieds.

Il fit un sursaut croyant que celui-ci était vivant tout en réalisant qu’il avait eu un bol pas possible de ne pas avoir été la cible de cette balle perdue.
Il reprit très rapidement ses esprits et entrebâilla les portes battantes de cette armoire en craignant  subitement qu’une alarme d’effraction ne se mette à hurler. Heureusement aucun son ne fut émis et il ouvrit grandement celles-ci et s’approprier un fusil entreposé.

Il ouvrit une boite de cartouches et la vida rapidement dans son sac à dos, puis une deuxième. Zippa la fermeture éclaire de son sac et l’endossa ; fit salut solennel en direction de l’Officier tout en franchissant le pas de la porte d’entrée du poste de police.

- « CLINNNnn !! » -

-O- « 8 malheureuses minutes, le reste du temps, si je me mets à courir je devrai pouvoir rejoindre s’te foutu cabane que j’ai loué une putain de somme. De toute façon à ce stade de merdier, pas la peine que j’insiste à sortir de cette île. Chui blessé, mal foutu, l’impression d’avoir louer pour rien…me reposer…c’est que j’étais venu faire ici hein !! BORDEL DE MERDE !! fais chier toute cette merde, putain ça m’donne envi d’chialer tien ! Fais pas ça Stender, tu vas pas t’laisser aller hein ! C’est pas toi ça…si…j’vais laisser cette putain d’émotion me submerger une bonne fois pour toutes et après ça, tout ira mieux…enfin je crois… »

Stender se laisse finalement envahir par cette dépression tout en marchant dans les bois avec le fusil à la main et le revolver coincer dans la ceinture. Une autre personne se lisait en lui, Stender sentait qu’il vivait peut-être ses dernières minutes, alors aussi bien une rage qu’une déprime, il prenait un malin plaisir à envoyer des coups de cross dans la tête des mordeurs inertes qu’il rencontrai sur sa route. A chaque coup donné il prononça le nom ou le prénom d’un collègue qu’il détestai. Et il s’enfonça plus loin, plus profondément dans une dense végétation où un sentier lui semblait mener quelque part… 

L'ODEUR DU SANG (20/30)

Et de un à terre, pas trop difficile à priori. Et de deux qui bascules sans mal, comme s’ils se laissaient faire. Moins de 12 minutes et pas une de plus. C’est que cette putain de douleur à l’épaule causé par la balle tiré par l’Officier Jex est encore très douloureuse, et empêche un abattage rythmé.
Malgré cet handicap, l’avancée dans cette brousse cancéreuse progresse, mais Stender n’entend plus l’Officier Jex…
Stender tente un appel au risque de sa vie.

-O- « JEX !? OFFICIER JEX !! » Dit Stender intelligiblement

(Ô) « … » prononça intelligiblement l’Officier

Pas de réponses positives, mais celle-ci n’empêchent pas d’écarter les deux dernières barbaques affalées sur la porte et écrasées par leurs partenaires de leur poids. La porte était gondolée et n’était pas loin de céder.

-O- « Officier Jex ! vous êtes toujours là ?! Déverrouillez la porte, il n’y a plus de danger. Nous allons sortir d’ici rapidement car le temps est compté. Officier Jex !? Bodel ! mais vous allez me répondre, nom d’une merde ! »

(Ô) « mmMMNarre-toi !! »

-O- « Quoi ?! Marre-toi ? tu veux que je me marre, mais t’es dingue mon gars sérieusement…pas l’moment d’plaisanter putain ! Ouvrez moi cette putain de porte maintenant ! »

(Ô) «  MBARRE-TOI !! nnnniargh… »

-O- « Y s’passe quoi là dedans merde ! Nous n’avons que 11 minutes avant qu’ils ne se réveillent… »

(Ô) « Nnniarghhmordu, j’ai niiiiiargh été mordu nnniiiargh…je…souffre horriblem… »

Stender commença à reculer doucement en se disant que ne se sont arrêtez que ceux dont la transformation était terminée.

-O- «  Je…je…dois m’en aller Officier Jex…je regrette que ça se termine comme ça Offi… »

- « BLAM !! » -

D’ordinaire, dans une pièce aussi petite, le retentissement de la percussion aurait été étouffée. Mais la fenêtre à barreaux de cette pièce étant ouverte, l’écho s’est propagé par delà les bois qui entoure le poste de police. L’Officier Jex, de son autorité en fit un acte de dévotion, échappant ainsi à sa transformation et en faisant don de sa carcasse aux mordeurs.

Stender rapidement se dirigea vers une armoire où étaient entreposés des fusils. Mais les portes étaient cadenassées, il fallait un outil contondant ou alors…

-O- «  Ouai, ce qu’il me faudrait c’est le flingue du flic…putain c’est pas vrai…faut que j’y retourne, fait chier merde !! »

Stender était devant la porte, il déblaya du mieux qu’il le pouvait les barbaques au sol et saisi la poignée de la porte des wc avec beaucoup d’appréhension. Devant quel spectacle allait-il se confronter, à une décoration des plus contemporaine qui soit, cervelle étalée sur les murs, corps gisant et revêtant le sol d’un rouge écarlate.

Il tourne la poignée, commence à entre-ouvrir la porte mais très vite quelque chose l’empêche d’ouvrir plus. Stender arrive à glisser sa tête par l’entrebâillement et constata la scène…

-O- « Boooordel…il n’y a pas été de main morte, y’en a partout »

Il regarda de ce qui restait de la tête en suivant le corps jusqu’en bas, et constata embarrassé que c’était les pieds de l’Officier qui entravaient à une ouverture suffisante pour pénétrer à l’intérieur.

- « CLINNnn !! » - retentit de l’intérieur du sac à dos de Stender.

Stender regarda rapidement à l’intérieur en saisissant la boîte.

-O- « Bordel, plus que 10 minutes, cette foutue boite annonce la minute passée. Tant mieux ça me donnera l’exactitude du temps qu’il me reste. Désolé Officier…Je doit faire vite… »

Stender prit du recule et s’élança contre la porte, celle ci fit relever les deux jambes à la verticale grâce aux pieds qui glissèrent sur les giclures éparpillées.

- «  CRAAAaaacK » -

-O- « Plus tout jeune Jex… » Pensa Fortement Stender quand il entendit craquer le bassin de celui-ci.

Il observa rapidement ce que l’officier portait sur lui saisie une bombe lacrymogène à sa ceinture puis son revolver lui arracha de la main encore crispée qu’une paire de menottes qu’il décrocha.

- « CLIIiiinnn » -


-O- « Bon sang ! 9 minutes ! faut que j’me casse d’ici »