mercredi 27 mai 2015

L'ODEUR DU SANG (12/30)

L’odeur du sang chaud est l’unique piste possible par un sang froid.
L’ardeur avec laquelle ils sont entrainés vers ces chairs chaleureusement effervescentes, est devenu l’unique but dans leur marche funèbre.

-O- « Allez ! Dégagez bande de sales rats !! »

La pelle est décidément d’un grand secours. Et une pelletée en travers de la tronche du flic à terre, et une. Purée, comme dans du beurre c’est rentré…pas l’temps d’trainer…Récupération du Talkie Walkie vite fait, parce que les autres sont plus très loin. C’est que mine de rien ils se sont bien rapprochés les trois teigneux.

Talkie Walkie saisi, mordeurs saisis,
Par mon intervention quasi, dépourvue de courtoisie,
Me retourne, et passe mon chemin,
Ces mordeurs je contourne, les saluts sans baisemain.

Mais ils m’en veulent, de cette impolitesse,
Considéré comme amuse-gueule, pour mon manque de délicatesse,
Ils conclurent, comme châtiment,
De me prendre en filature, comme pour dénouement entre leur dents.

Le Talkie Walkie grésillai de tous ses circuits, comme si ce bout de plastique blindé d’électronique exprimait sa gratitude de l’avoir sauvé des mains des mordeurs.

- « Grrrrssssstenderrrrr… » -

-O- « Oui ! Je vous entends ! A vous ! »

- « Grrrrrsssss… » -

-O- « Je répète ! Bien reçu ! Qui êtes-vous ?! »

J’ai pourtant entendu mon prénom, je n’ai pas halluciné. Je me raccroche comme un pauvre demeuré à cet appareil comme si c’était le dernier lien avec la réalité. Si ça se trouve c’était juste mon esprit qui divaguai…

- « BBLLLAAAOUUUMMmmm !! BLAOUM !! BLAM ! » -

-O- « Booooordeeeelll de merde ! C’est surement le camping-car de ce vieux fou de Doc qui vient d’exploser… »

Il a dû provoquer un de ces grabuges, mais ça signifie également que le flambeau va s’atténuer et désintéresser les mordeurs qui n’ont pas assez profiter, à mon goût, de la déflagration. Pour l’instant, hormis cette rencontre avec le flic zombie et les trois autres qui étaient à ma poursuite, ma randonnée anticipée reste une promenade de santé. Maintenant que je suis bien à l’écart des trois autres, je peux faire des essais de communication avec le Talkie Walkie…

-O- « Euh ! mmh ! Bon…bonjour, Stender OKRY à l’appareil…à…à vous ! »

- « SSssshhh…Krekchhh…» -

-O- « Je…je répète, ici Stender OKRY, est-ce que quelqu’un m’entends, à vous ! »

- « SSSssstender…KREkchhh » -

-O- « Qui…Quoi…qu’est-ce…je vous reçois 5 sur 5, à vous ! »

- « SSssshhh…Krchhh…skik » -

-O- « Là c’est sûr il y avait quelqu’un. Je ferai mieux de ne pas trop insister pour l’instant et de l’éteindre pour économiser les accus »
Le principe de marcher aussi longtemps ne me dérange pas en soit. Mais c’est juste le fait de ne pas connaître le point B de cette expédition pédestre. Surtout quand la nuit arrive et que la seule source de lumière est ma lampe torche et la lueur là-bas…

-O- « Quoi !? non mais je rêve, c’est comme dans les déserts, c’est ça, mon esprit me joue des tours…Ha ! Ha ! Non mais comme si une oasis de lumière pouvait apparaître là, devant moi et que j’allais en prendre la direction… »


Baaaah…c’est ce que je fais inconsciemment, je continu à me diriger vers celle-ci. Comme l’espoir qui fait vivre un humain errant, en rencontrer un de son espèce…encore humaine…

lundi 18 mai 2015

L'ODEUR DU SANG (11/30)


La marche est excellente pour la santé, surtout en début de soirée où il n’y a pas un chat dehors, enfin, ici, il y a même aucune chances qu’il y ai un humain à part moi. L’espoir fait vivre paraît-il et ici, se faire mordre c’est vivre un espoir, une vie éternelle, avec un seul but…mordre.

Je fatigue sérieusement et je commence à me demander pourquoi j’avance encore, pourquoi dans cette direction, pourquoi pas dans celle-ci. D’autant plus que je commence à manquer de clarté, que ce soit dans mon esprit ou celle du ciel.

L’objet que Doc m’a donné m’obsède, plusieurs fois j’ai été tenté de le prendre dans mon sac à dos et de le déballer, surtout que je me doute de ce que cela peut-être, mais quand bien même, en supposant que c’est une arme, ma curiosité me disait de regarder avant d’être prit au piège par ces mordeurs.

A peine plongé dans mes pensées qu’un son perceptible dans ce silence de mort, vint troubler ma semi plénitude. Comme un souffle constant avec des grésillements par intermittences, derrière les buissons, là, proche de moi, juste là. Ma conscience me disait de continuer ma route, mais mon subconscient me suggérai de me rendre compte de ce qui se tramai. Et si c’était un survivant…il pourrait m’aider en m’indiquant quelle route prendre pour atteindre mon cottage. Et si c’était un mordeur…et qu’il m’attrape la jambe…ou un dingue avec un couteau ou un flingue même…putain fais chier, j’sais pas quoi faire et j’ai pas de temps à perdre. Bon, on va dire que c’est une situation positive, je vais m’avancer sans craintes, me pencher au-dessus de ce buisson et y découvrir un malheureux rescapé qui surement m’aidera. Et alors que je pourrais aider par la suite, s’il n’est pas trop handicapant, faut voir, parce que ma priorité reste tout de même d’avertir l’extérieur…en sauvant mon postérieur.

- « Tsssssschhhh…grrrrtssss » -

Autant prévoir et gueuler un bon coup pour être sûr.

-O- « HEY ! Y’A QUELQU’UN !? »

- « Grrrrrsssstssss…chhh » -

Prépare ta pelle mon gars, va falloir dérouiller l’étranger. Une p’tite musique d’ambiance à la Zombieland aurait pu symboliser l’action qui va être menée, mais bon, faut pas abuser. Pas grave, j’vais me siffler un air de vadrouille au hasard…bon, j’en ai pas…hey mais ouai, le générique des « Mystères de l’Ouest », ça c’est du bon trip…

-O- « Tiiin tin tin tin, tiiin tin tin, tiiin tin tin tin, tin tin tin tin, yes ça déchire. Hey ! Le monstrozor derrière le buisson, prépare toi à dégustor ma pelle de bourreau ! »

<ô> « IiiiAARRGG ! »

-O- « Wouaho ! la vache ce qu’il m’a fait flippé l’abruti, il a faillit m’attraper la jambe avec sa main sortit de sous le buisson »

On dirai qu’il est coincé, en faisant le tour il y aurai peut-être une chance de voir ce qui grésille comme ça depuis tout à l’heure, parce-que là c’est sûr, c’était pas les gémissements de ce mordeur.

-O- « Ok ! Tu ne bouges pas toi, hein ! j’vais juste mater ce qui grésille comme ça hein ! »

Purée le con, il se tourne pour me suivre, en le contournant bien, je ne devrai pas avoir de mal à observer à distance. Voilà j’y suis presque…mais ce n’est pas vrai, j’peux pas y croire, c’est un putain de talkie walkie, ce mordeur est un ancien flic en fait. Il est prisonnier d’un piège à loup et en plus de ça il est criblé de balles. Il a dû passer un sale quart d’heure, apparemment il ne porte plus son flingue. Il faut que j’arrive a lui choper son talkie, c’était inespéré de tomber sur un truc pareil, alors j’peux pas le lâcher juste parce qu’un mordeur l’a sur lui…bien accroché à sa ceinture…qui semble inaccessible…à part si j’lui fracasse le crâne…je peux plus…je suis devenu un tueur…mais j’ai plus le choix si je veux m’en sortir…

<ô> « YARRRRRRRGH ! YiiiiiiiAAAAARRRRGGGGH ! »


-O- « MERDE ! Merde ! Putain de mordeur, d’où viennent ces trois là derrière moi, j’les ai même pas entendu arriver. Ils ne sont qu’à cinq mètres de moi…faut faire vite ! »

mardi 12 mai 2015

L'ODEUR DU SANG (10/30)


Une flamme ridicule, issue d’un petit objet en métal, ridiculisa de par sa volonté de bien faire, les plus réputés bûchés. Car devant moi s’embrasait de l’intérieur, corps, plastiques, papiers et produits inflammables. Des flammes de couleurs variée commençaient à jaillirent de part et d’autres des fenêtres qui venaient d’éclater. Des cris de souffrances accompagnaient ce spectacle grandiose de son et lumière. Des cris dont j’en devinai sans mal la provenance.

Et comme dans tout spectacles, il y a des spectateurs qui viennent admirer, généralement ils sont une centaine tout au plus, et viennent contempler avec des murmures. Mais là, y’a foule et des râles sorties du plus profond du gosier embrasent les lieux. Les tambourinements au sol de pas déterminés prédominent sur les cris de la forêt émis par la faune.

Bientôt, ce qui était avant tout un lieu de repos, devenait peu à peu un feu de St Jean improvisé. Les flammes avaient prises de l’ampleur et il était temps pour moi de réaliser que le moment de quitter ces lieux et marcher seul sur cette route dans une nuit de terreur venait d’arriver.
Calmement je me mis à marcher à reculons tout en jetant un coup d’œil derrière moi pour ne pas me retrouver prit au piège par l’un d’eux…

-O- « Merde, ah la vache j’ai morflé là, j’crois que j’me suis pété le coccyx. C’est quoi s’te saloperie qui m’a fait trébucher ? Oh non mais ce n’est pas vrai, qu’est ce qu’il foutait là celui-là ?! »

<ô> « Mmmeurrrh… »

-O- « Mais il est en vie…Euh ! Vivant-mort, enfin un truc comme ça. Coccyx fracassé ou pas j’dois m’barrer loin d’ici, ça commence a sentir le roussi pour ma trogne. J’espère seulement que je n’ai pas détruit le stock d’alimentation et de médocs dans mon sac à dos en m’écrasant dessus… »

<ô> « Mmmaurrrrgh… »

-O- «  Ça va, ça va ! N’abuse quand même pas de ta supériorité nécrophage, surtout que si tu me bouffe, tes potes là bas qui arrivent…ils vont pas êtres contents que tu ai commencé sans eux. Mais je ne te laisserai pas cette chance »

Prise en main d’une pelle de camping que Doc à dû laissé tomber où l’on peut y constater rapidement des traces de sang séché avec des bouts de chair pendantes encore collées.
Le mordeur se lève difficilement, il est à point…je me lève à mon tour pour ne pas lui laisser la chance de ce jeter sur moi le premier. Je lève bien haut la pèle, bien haut pour qu’elle puisse s’abattre sur lui comme une lame tranchante.

<ô> « Nnnyiiiiiiaaaarrrrgh !! »

- « Sssscratch ! » -

-O- « Oooouuuuh ! iiiiiiyes ! Wouaaooo c’était éclaboussant. Purée, comme dans les films…fô leur exploser le crâne… »

Il ne faut pas que je traine ici plus longtemps, j’embarque la pelle, efficace contre ce genre d’individu.

-O- « Merde ! Comment ça lui a défoncé la gueule, il est tombé comme une merde l’enfoiré »

Le rush de mordeurs n’est plus très loin, ils sont attirés par le bûché, j’ai mes chances de retrouver mon cottage et d’y trouver un téléphone, car même si j’avais demandé une isolation totale du monde, je voulais être prévenu si Piésta essayai de me contacter pour me dire qu’elle regrettai le mal qu’elle m’avait fait. Une motivation de plus pour ne pas se laisser dévorer…par des sentiments morbides.


J’entamai une marche à cadence athlétique sur la route qui m’avait été imposée. Je ne savais vraiment pas où je me situai géographiquement et franchement c’était le moindre de mes soucis pour le moment en comparaison à ce que je pourrais rencontrer sur celle-ci.

mercredi 6 mai 2015

L'ODEUR DU SANG (9/30)


Les marées montantes sont en théorie celles qu’il faut impérativement fuir, parce qu’il y a un risque de se faire encercler et de se noyer, en théorie celles-ci vont à la vitesse d’un cheval au galop. Mais celle-ci est particulière…celle-ci ne redescend pas, elle continue à monter tant qu’elle n’a pas noyé d’individu. Elle est lente, mais cela n’est pas une raison pour ne pas se manier le panier.
Doc a fini par me détacher de s’te foutu pieu. Nous étions entrain de rassembler quelques provisions et médocs, quand il m’annonça une nouvelle des plus absurde.

Ÿ « On l’emmène ! »

-O- « Quoi ?! On, on emmène quoi ? »

Ÿ « J’peux pas la laisser ici… »

-O- « Mais vous rigolez là ! Non seulement elle va nous ralentir, mais en plus à tout moment elle risque de nous mordre »

Ÿ « Elle est tout ce qui me reste »

-O- « Tout ce qui vous reste aujourd’hui c’est votre orgueil et, pardonnez-moi cette prétention, et moi-même. Alors maintenant dites-lui adieu car je penses que nous ne reviendrons pas dans ce coin »

Ÿ « Mais quel merdier, je n’aurais jamais due vous sauver, vous ne m’apportez que des ennuis »

-O- « Les seuls ennuis que l’on risque en ce moment c’est de se faire compresser par le rouleau qui s’amène »

Ÿ « C’est bon ! C’est bon ! J’ai pigé, laissez-moi juste une minute, le temps de lui faire mes adieux et je vous rejoins »

-O- « Vous me rejoignez ?! Mais vous plaisantez ! Pour qu’il y en ai un qui rôde dans les parages et qu’il me chope pour me bouffer ! Pas question, je reste ici et j’attends que vous terminiez ce que vous avez faire, pas de problèmes, je ne regarde pas et je me bouche les oreilles, promit »

Ÿ « Espèce de dégueulasse, vous n’aviez tout de même pas cru que j’allais…vous m’répugniez Stender ! »

Le temps que Doc fasse ses adieux je me suis retourné en direction de la vitre arrière du véhicule pour regarder comme au travers d’un écran télé, les dernières news qui étaient à mon goût sur les même sujets quotidien, guerre, émeutes et fraudes fiscales. Mais je reprocherai bien plusieurs choses à ce programme, premièrement parce qu’il est en direct et que nous sommes moi et Doc les témoins de ce foutu merdier.

Deux minutes se sont écoulées et enfin Doc m’interloqua en m’annonçant que c’était à moi de me manier le train maintenant, parce qu’il avait l’intention de fêter la Saint Jean bien avant l’heure. Je n’ai pas tout de suite saisie la relation avec cette fête, mais quand il frictionna la pierre d’un briquet qu’il avait saisi dans la poche de son pantalon et dont la flamme mesurait sans mal la taille d’un pouce d’ogre.

Ÿ «  Stender ! Prenez ce sac à dos, il y a des vivres à l’intérieur ainsi que des médicaments, prenez également le fusil qui est à l’intérieur des toilettes, ça pourrait vous servir. Et dépêchez vous, vous n’avez plus beaucoup de temps devant vous… »
Ce fou avait détaché sa femme du siège et la maintenait. Tous les deux étaient assis sur le sol du camping-car. Celle-ci essayai de se dégager et d’attraper Doc, n’y arrivant pas, elle tendait son bras dans ma direction en essayant de m’atteindre, était-ce une tentative de cannibalisme ou bien un appel à l’aide d’abréger ses souffrances…

-O- « Doc ?! C’est une plaisanterie n’est ce pas ?! Vous n’êtes pas en train de m’annoncer votre immolation là ! »

Ÿ « J’ai bien réfléchi Stender, il est temps que je m’en ailles également, et nous allons partir ensemble, moi et ma femme. C’est une décision mûrement réfléchit, alors…allez vous en et merci de m’avoir ouvert les yeux Stender »

Dans les yeux de Doc se lisait bons nombres d’étincelles, et nombreuses étaient celles destinées au bonheur de partir humblement. Pas de temps à perdre, je posais ma main gauche sur épaule droite et lui dit.

-O- « Merci à vous de m’avoir secouru, je vous fais la promesse de m’en sortir et d’alerter le reste du monde de ce qui se passe ici »

En disant ça, Doc me confia un objet enveloppé dans un vieux tissu et me conseilla de ne l’utiliser qu’en dernier recours, quand ma vie s’arrêtera dans les minutes qui suivent. Je n’ai pas osé regarder de peur de découvrir un terrifiant couteau de sacrifice ou je ne sais quoi encore qui pourrait me faire penser que ma fin était proche. Une dernière petite tape sur l’épaule de Doc et me voilà tournant la poignée de la porte d’entrée du camping-car tout doucement.
Dès que ma tête pu passer je jetai un œil rapidement si aucun d’entre eux n’errai dans le coin, quand Doc me cria.

Ÿ « T’inquiète Stender, jamais aucun d’eux n’a eu l’envie de glander par ici, l’odeur pestilentielle de ma femme les leurrais sur la mienne. Magne-toi Stender, quand le camping s’embrasera ils vont rappliquer de tous les côtés. Le feu va les attirés et il vont restés coincé ici un moment par le spectacle du bûché »

-O- « Ok Doc ! Et que vos âmes aillent en paix »

J’ouvris en grand la porte et me précipita dehors. Aussitôt je saisis la poignée côté extérieur de la porte et l’envoya claquer pour qu’elle se referme proprement.


-O- « ADIEU Doc !! »