samedi 29 septembre 2012

LA VISITE (4/4)

Les villageois ne furent désarmés qu'un temps, aussitôt l'errance dissipée que ceux-là reprirent le taureau par les cornes et allèrent défier l’être qu'ils soupçonnaient de démences.
Ils arrivèrent devant l'entrée de la grotte quand l’un d’eux prit fureur, s'avança et annonça « mes amis nous savons que vous êtes à l'intérieur avec ce démon, donnez-le nous et nous épargnerons vos vies » aucune réponse ne sortie de cette antre. Un autre, croyant être plus déterminé s'avança, gémis quelques secondes de peur, croyant que la foudre ou autre phénomène allait lui tomber dessus, puis reprit sa détermination et apostropha les accusés « nous sommes ici parce que nous croyons que ce nouveau-né n'est pas l'un des nôtres. Ce qui est aujourd'hui légitime pour vous n'avez pas forcément pour nous. En conséquence, nous, gens du peuple, vous sommons de nous remettre cet enfant pour le présenter devant l'hôtel des rédemptions ».

* « Nous ne sommes pas l'épouvantable immortalité écrite par notre passé à tous. Quelles raisons exactes vous a poussé à venir ici et défier la parole de Dieu. Elle est née et vous ne pouvez pas accepter que votre immortalité prenne le dessus sur ce qui est aujourd'hui la volonté du seigneur. Accepter cette providence est à louer notre seigneur à tous, de la venue en ce monde d'une enfant de Dieu »

Le plus vieux des villageois qui voulaient absolument venir mais dont on lui avait refusé sa compagnie, venait de rattraper la meute et ordonna de s'écarter pour le laissez-passer en brandissant son bâton de berger et menaçant à son prochain les coups qu'il porterait si on l’en empêchait. Ils traversent la foule, défiant chaque regard d'une fixai. En arrivant pratiquement en début de cortège un villageois de l'allure Mésopotamienne barra de son bras la route du vieillard, le regarda et dit que les ans de l'homme ont « laisse-nous faire l’ancien nous allons œuvrer pour le bien de tous » l'ancien répondit « écarte-toi de mon chemin ou je fais trancher ton bras par le divin ». Le colosse rétorqua « tu n'es qu'un pauvre fou, ils ont donné naissance au diable, l'obscurité régnera sur le monde ». L'ancien poussa le bras du colosse avec son bâton en le fixant, puis se retourna vers les siens et dit « entendez-moi mes enfants, un nouveau règne commence, Emmanuelle nous unifiera. Selon la prophétie, elle est la salvatrice qui aurai dû naître autant de la volonté des hommes. Vos âmes sont en danger et une inévitable rupture avec l'esprit saint sera sans précédent ».

* « Vous avez rencontré M. Ernest l'ancien ?! »

> « C'est exact Zacharie, il est apparu comme un vent porteur d'un homme, à la fois culpabilisé et désespéré. Il se désolait de son incapacité à cicatriser les blessures d'animisme. Et toi Zacharie, t’es t-il apparu vaguement ivre comme une envolée d'oisillons en apprentissage ? »

* « Au contraire ancien ! Il m'est apparu comme une entité douée d'intentionnalité. Notre enfant est né, ‘ Emmanuelle’ sera notre nouvelle porteuse du monde »

> « Amène-la nous, que l'on puisse contempler cette foi qui dépasse les montagnes. Notre peuple ne dit qu'une femme ne peut régner dans l'un des Hommes, et moi je dis que l'homme a échoué dans sa croyance en vendant son âme »

Élisabeth attrapa le poignet de Zacharie et lui dit :

° « Attend Zacharie ! Je veux être présente, aide-moi à me mettre debout »

Zacharie releva Élisabeth, main dans la main et Emmanuelle dans les bras de Zacharie et commencèrent leur ascension vers une nouvelle création du monde. Élisabeth avançait péniblement mais fièrement à côté de son mari. Ils arrivèrent pratiquement à la hauteur des opprimés quand Emmanuelle se mit à crier, dans son ciguë que tous protégèrent leurs oreilles, et quand elle eut terminé cela retirèrent leurs mains et constatèrent qu'elles étaient tachées de sang.

Élisabeth s'adressa au nom d’Emmanuelle :

° « Ceci est votre première délivrance mes frères et sœurs, tout le mal qu'il vous a été dicté complotant contre vous même est à présent dissous »

Zacharie prit la parole à son tour au nom d’Emmanuelle :

* « Ne me craignez point, je suis fille de Dieu et les sentiments ineffables dont le goût amer interrompt la fonction vitale du concept vitaliste qui est votre âme, demeureront sous mon règne en tant qu’âme de l’incroyant »

L'ancien brandit son bâton et dit au nom d’Emmanuelle :

> « La violence et la décadence ne sera plus, car les hommes porteront mon nom pour des siècles et des siècles »

samedi 22 septembre 2012

LA VISITE (3/4)

Ma mission n'était pas si compliquée finalement, et comme je sais déjà que je ne redeviendrait pas un être de chair il m'était plus facile d'admettre que j'étais celui qui hanterai des esprits choisis par Dieu.
Zacharie est un homme bon et sera là en tant que père.
Les jours se précèdent et ne ressemblent guère à ce que j'ai déjà pu vivre dans mon passé humain. La clarté de mes pensées n'a jamais été aussi lessivée et mes actes de porte-parole aucunement contesté.
Le seul reproche que je me tolérerai lors d'une négociation comme celle d'Élisabeth, est d'interpréter délibérément les maux de l'humanité.
Élisabeth souffre beaucoup, le lieu où elle domicile depuis quelques mois est humide et regorge de chauve-souris. La négociation a duré trois mois en temps terrestre mais qu'une seule nuit en mots célestes.
Élisabeth est prête à accoucher, Zacharie avait déjà tout préparé, il est l'heure de mettre au monde Emmanuelle. Les gens du village ont fini par se poser des questions sur les allées et venues de Zacharie entre le village et une soi-disant terre cultivable qu'il a trouvée du côté de la grotte, elle serait apparemment appropriée pour de nouvelles récoltes. Mais chacun d’eux  savent qu'il n'est pas nécessaire de passer autant de temps à conclure qu’une terre est cultivable ou non.
On les entend, leurs pas sont lourds, comme celui pour Jésus le jour de sa délation. Des cris viennent jusqu'à Zacharie et Élisabeth, il est temps qu'Emmanuel soit vu de ses ennemis et de ses brebis. Je me dois de guider Zacharie.

* « Prend les choses en main Zacharie, les tiens sont enragés et viennent régler les comptes »

> « Mais qui êtes-vous et où sommes-nous, je ne connais pas cet endroit, comment suis-je arrivé ici, suis-je mort… »

* « Assez Zacharie !!! Je n'ai pas le temps de t'expliquer ! Je suis M. Ernest et Emmanuelle doit naître dans les secondes qui suivront notre entrevue, sauve-nous Zacharie »

Pourvu qu'ils se ressaisissent rapidement, ces quelques secondes d'entrevue auraient pu être fatales mais nécessaires.

> « Je l'ai vu Élisabeth !! »

° « Qui donc Zacharie ? »

> « Ce fameux M. Ernest, c'était comme dans un rêve, mais il n'en n'était pas un et… »

° « Que t'a-t-il dit Zacharie, car les villageois sont proches, que faut-il faire !!?? »

> « Il m'a dit de prendre les choses en main. Emmanuelle doit naître aujourd'hui, mais je n'ai jamais fait ça Élisabeth ?! »

° « Dieu te guidera, prend ses draps et écoutes ma voix »

Zacharie appliqua à la lettre les gestes que lui indiquait Élisabeth. Les villageois n'étaient plus qu'à quelques mètres quand soudainement, un silence terrestre s'instaura. La nature s’était tue, ralentissant considérablement les tyrans de par l'intrigue qui s'imposait à eux. Retentissant de nulle part, dans la paix la plus totale, un cri accompagné de pleurs miséricordieux pris place à la révolte pour mieux la dissoudre et enflamma les cœurs de tous.

> « Te voilà parmi nous Emmanuelle, loué soit le seigneur de donner une nouvelle chance à ce monde en déséquilibre »

° « Regarde comme elle est belle et déjà si persuasive. Cachons notre fille des villageois, sinon ils la tueront »

mercredi 12 septembre 2012

LA VISITE (2/4)

J'ai continué jusqu'au poignet, mais il ne s’est pas passé ce que j'imaginais.
Ce n'était pas une destruction du monde mais un retour en juste après la mort de Jésus-Christ. La terre s'est remodelée comme à cette époque mais je n'étais pas un simple humain, j'étais devenu un être de lumière pénétrant les rêves sous un aspect humain.
Élisabeth, cousine de Marie et mère de Jean, était selon les voix de mon subconscient, la seconde héritière d'enfantement divin.

° « C'est très simple Élisabeth, quand tu seras sorti de ce rêve tu n'auras plus qu'à rendre grâce à ce qui t'a été concédé »

- « Je crains que cela ne soit possible en vérité… Après Jean nous avons essayé d'avoir un autre enfant en vain »

° « Soit béni Élisabeth, tu seras touché par la grâce et personne n'ignorera qui tu portes en toi. Il est temps de te réveiller Élisabeth, le moment est venu d'avertir le monde »

- « Je ne veux pas me réveiller M. Ernest, le résultat risquerait peut-être de décevoir l'entrepreneur ?! »

° « Bien sûr que oui et si c'est le cas un troisième essai sera engagé »

- « Vous savez M. Ernest, en plus de votre étrange nom et de vos habits compliqués, vous m'inspirez confiance et je suis prête à croire que je suis élue par le divin. Dites-moi M. Ernest, est-ce toujours ainsi que vous apparaissez ? »

° « C'est un secret absolu, la jalousie règne en puissance en ce monde. Dans l'absolu il est déconseillé d'apparaître physiquement. De toutes les façons, mon aide par le subconscient est de toute évidence efficace, de toutes les manières, l'aide par apparition physique serait beaucoup plus complexe de toute évidence. »

- « Votre incertitude m'échappe M. Ernest ! Vous ne cessez de vous convaincre par des mots concluant une expérience fraîchement acquise sur les arrière-pensées humaines. Mais vous restez convaincants dans votre ignorance. M. Ernest ! Il est temps de « toute évidence », de laisser me réveiller, physiquement, que je puisse répandre la bonne nouvelle »

° « Je ne suis pas dans l'ignorance, je prends juste conscience du bien qu'il m'est donné de procurer. Alors j'accepte d'être ignoré et d'avoir ma place dans les rêves humains »

-« Cette fois je suis prête M. Ernest, doivent faire le deuil de ma vie de femme mariée pour délivrer les hommes de l'obsession ? »

° « Tu dois rester « Élisabeth » et ne pas faire la même erreur que ta cousine Marie qui a ignorée Joseph, ce qui a fait de lui un esprit égaré. Approche-toi Élisabeth »

Elle s'approcha de moi, de mes mains je lui pris la tête il lui baisa le front. À ce geste je lui offris un présent pour qu'à son réveil ceci confirme notre rencontre. « Réveille-toi ! » Lui ai-je ordonné, « car huit mois et demi se sont écoulés » l'ai-je informé.

* « Élisabeth c'est un miracle !! C'est un miracle, on n'y croyait plus, doucement… Cela fait des mois que tu étais endormi, nous t'avons mis ici dans cette grotte pour te protéger des autres habitants du village, ils disent que tu es ensorcelé et que ton enfantement est celui du diable. Je savais que tu me reviendrais Élisabeth. J'ai beaucoup brillé pour toi »

- « Zacharie, mon tendre époux, j'ai fait un rêve étrange, qu'on y tue quelqu'un du nom d'Ernest ? »

* « Laisse-moi un instant… Non, personne de ce nom que je connaisse et d'ailleurs avec un nom bien étrange, sûrement pas quelqu'un d'ici. Je suis dans la joie Élisabeth, nous allons avoir un autre enfant, Jean aurait aimé l'entendre s'il était encore parmi nous »

- « Il n'est plus malheureusement, il avait tellement d'admiration pour Jésus. Cette fois-ci ça sera différent, c'est une fille et elle a déjà un nom, Emmanuelle ».

jeudi 6 septembre 2012

LA VISITE (1/4)

Attentions sans intentions, car le cœur y est sans prétentions.
Il n’est pas trop tard, pour dire sans égards, sans regards mais plutôt bavard de mots caressants, que l’amour porté envers l’autre est incessant.
Eprouver de l’affection envers une autre personne et acquiescer sans permissions à toutes ses propositions, prouve que sans intérêts l’amour, le vrai, est pourvu de soumissions.
Lourd de conséquences quand le témoignage d’affection est ridiculisé par non réciprocité, fourbes récompenses et éloges d’endoctrinement de celui qui ment  envers l’autre.
Un pas en arrière pour deux pas en avant, ne plus seulement faire le premier pas, mais devancer pour accueillir l’être aimé et ainsi éviter certain pièges de frustrations.
Quand le parfum de l’éloignement se fait ressentir et que d’un effleurement sentimental une larme vient à couler, il est alors temps de parler des saisons passées et d’en découdre avec le présent.
C’est pour toutes ces raisons que par déraison je signerai en bas de chaque pages du contrat. Et pour la première fois dans mon exigu bonheur, je ressenti en moi l’irréfutable angoisse de jeunesse, suis-je à la hauteur des espérances de l’autre.
Quelques faux principes peuvent amenés à résoudre cette frustration. Le premier serai de nouer la langue et de tirades bafouillées, charmer l’égo de l’élue. Un deuxième principe d’idées reçues est de ravaler plusieurs fois de suite sa salive et d’alexandrins élogieux magnifier la beauté de l’autre, sans postillonner pour autant des rimes juvéniles.
Un jour peut être, sans Eden forcément, les êtres entre eux découvriront, que la force d’aimer réside en chacun de nous. Mais malheureusement, tout est par intérêt, les concessions se font en échange de possessions et l’amour propre réside à terme dans les nœuds estomatiques.
Les êtres périssent dans d’effluves passions pour finalement se retrouver écrasés comme l’a laissé miroité leur descente aux enfers, tel un fétide excrément rencontré sur le trottoir parmi tant d’autres.
Le temps qui nous ai escompté à distribuer gratuitement du bonheur est forcément redevable, on nous le fait paye et il n’est pas garantis qu’en achetant notre liberté d’aimer, l’on puisse nous donner raison à chaque don du cœur. Tant qu’il nous ais permis de raisonner sur les vrais valeurs sentimentales éprouvées vis-à-vis d’autrui, alors nous pouvons nous permettre d’être les usufruitiers que l’héritage d’un monde de nouveau élaboré dans l’insouciance et ce grâce à l’amour humanitaire engendré et non vers un nouvel âge.
S’il suffit de signer en bas  de chaque pages pour que l’Homme renaisse avec pour mémoire celle du subconscient, je veux bien me sacrifier…
> «  je suis prête à recevoir l’origine du monde, que dois-je faire ? »
-> «  Rompre ! Oublier qui vous êtes et faire accèpter aux autres ce que vous deviendrez »
> «  Et si j’échoue et que la beauté de mes mots ne soient en fait des mensonges ?! »
-> «  Ce monde est déjà mensonges, il ne vous suffira que d’apporter la paix dans son cœur »
> «  Que deviendrais-je à ses yeux ? »
-> « La solution ! Mieux que ça, le remède à toutes les solutions »
> «  Je ne suis qu’humaine, comment pourrais-je supporter ce poids sur mes fragiles epaules ? »
-> «  Le dont de la vie, tu porteras en toi l’héritage des vivants, l’association d’un animal avec l’amour »
> «  Mais ! je ne suis pas enceinte ?! comment  pourrais-je donner vie à quelque chose de non conçu ? »
-> « Tu n’es pas comme les autres Elisabeth (1), tu perçois la lumière et tu jouie de ta pureté »
> «  Mais le fils de Marie a échoué, comment pourrais-je rivaliser, il n’est pas écrit que je devienne Sainte Elisabeth mère du deuxième fils de Dieu »
-> «  Ceci n’est pas une rivalité mais bien une succession. La prophétie annoncée parle d’une enfant. Tu enfanteras d’une fille et tu l’appelleras Emmanuelle (2) »
> « C’est une mascarade, est-ce la seule façon de porter le monde ?! »
-> « La seule raison pour laquelle il t’ai donné d’enfanter par le Saint Esprit est que même si Jean (3) était disciple d’Emmanuel le sauveur, une femme enfant serait un fruit mûr contrairement à l’immaturité de l’homme saint »
> «  Si je comprends bien, j’étais déjà prédestinée avant même de m’avoir demandé. Je suis déjà si vieille, ne puis-je pas simplement absorber tout le malheur du monde et en mourir pour l’emporter avec moi ?! »
-> » Même si tu l’emportes avec toi, il y aura toujours une redondance, c’est cyclique, il faut forcément un meneur et cette fois-ci se sera une femme »
> «  Comment faut-il procéder Mr Ernest (4)  ? »

(1) Elisabeth est la cousine de Marie, Marie est la mère de Jésus qui né dans la grange d’Elisabeth.
(2)  Emmanuel (signification : Dieu en nous) est le Prénom de Jésus annoncé par la prophétie
(3) Jean le Baptiste est le fils d’Elisabeth et disciple de Jésus
(4) Mr Ernest est le personnage principale apparu dans le récit « ANESIDORA »