vendredi 17 novembre 2017

L'ODEUR DU SANG (30/30)

Stender, habitué par ces mises en scènes depuis ses cauchemars, ne mit pas longtemps à réagir et à se diriger sans peur vers la porte de la chambre.
Il retira la chaise qui coinçait la porte et saisi la poignée…au cas où.
Il tourna la poignée et ouvrit celle-ci, il fit tout de même un pas en arrière, surpris par le nombre d’individus qui s’étaient agglutinés devant. Il passa ses mains contre le bras de ceux-là et tenta de se frayer un passage. Quand il eu réussi il se dirigea vers l’escalier qui menai au rez-de-chaussée. Une fois qu’il eu descendu celui-ci, il emprunta sans réfléchir la porte d’entrée et mit le nez dehors…

-O- « Mais qu’est ce que…mais que s’est t-il passé ici, tout le monde est sortit on dirai, et tous se ressemblent, tous ont cet air zombifié. Regarder vers le ciel m’a dit cette voix, je regarde mais je ne vois que les étoiles et un voile rougeâtre qui descend jusque sur les toits »

†† « OBSERVE ! CRÉATURE TERRESTRE ! TU SERAS TÉMOIN DE LA DÉSTRUCTION FINALE DES TIENS ET DE TOUT CE QUI VOUS A SERVI À SURVIVRE. VOUS ÊTES NOTRE CREATION, NOUS AVONS ASSEZ JOUÉ AINSI, IL EST TEMPS POPUR VOUS DE DISPARAÎTRE, CET ENIÈME LABORATOIRE NE NOUS A PAS CONVAINCU, NOUS ALLONS DEVOIR RENOUVELER L’EXPÉRIENCE DANS UN AUTRE UNIVERS »

-O- « Et c’est comme ça !? comme ça que votre compassion en est réduite. Vos rats de laboratoires ne vous ont pas convaincus alors vous les punissez par l’extermination !? Après avoir fait des efforts à s’adapter à ce que vous leurs imposiez, voilà aujourd’hui tout ce qu’ils méritent. Ah ! Bah le voilà le jugement dernier qui est écrit dans les livres religieux. Mais puisque l’on y est…quelle forme avez-vous ?! »

Sans attendre un bruit infime se fit entendre accompagné de vibrations dans l’air. Une énorme ombre domina le ciel déjà sombre ainsi que toute la surface en circonférence d’où était positionné Stender.
Au fur et à mesure que l’ombre s’approchait, la lumière des lampadaires ainsi que toute autre forme d’énergie diminua rapidement pour finir éteinte.

Plus un bruit, hormis la vibration omniprésente, Stender n’apercevait plus aucune étoile au-dessus de lui hors celles qu’il pouvait encore apercevoir s’il scrutait l’horizon.

Quand, sans avertir, des projecteurs d’un intense rouge éclairèrent la ville sans éblouir.

Une silhouette des plus descriptible se dessina au-dessus de Stender. Un crucifix de taille démesuré, orné d’énormes pierres projetant intensément un rayon rouge vif.

†† « VOIS-TU CES RAYONS SSSSTENDER, TU ES LE SEUL A POPUVOIR LES PERCEVOIRS, CAR NOUS T’AVONS CHOISI PARMIS NOS MILLIONS DE COBAYES »

-O- « C’était vous ce sifflement dans le talkie-walkie, c’était vous, je reconnais ce sifflement »

†† «  NOUS ÉTIONS LÀ A CHAQUE INSTANTS SSSSTENDER. NOUS TE LE RÉPÈTONS, NOUS T’AVONS CHOISI POUR ÊTRE LE TÉMOIN DE NOTRE ÉXISTENCE. MAIS TU DISPARAÎTRA COMME LES AUTRES, SAUF TA MÉMOIRE, NOUS LA CONSERVONS ET L’IMMISCERONS DANS NOS FUTURS CRÉATIONS »

-O- « Ah ! C’est ainsi que vous l’avez prévu, mais ce n’est pas ainsi que je l’entends »

Non loin de là, une arme au ceinturon,
Sur un policier, à terre était à disposition,
Sans que ceci révèle des soupçons,
Il saisi l’arme, et la plaqua sur sa tempe.

-O- « Faudra tout recommencer »

Stender appuya sur la détente sans autres somations.

†† « NOOOON !! IMBEEEECILE !! TANT DE SIÈCLES ANÉANTIS…QU’AS-TU FAIS… »

Stender, porté par l’impact de la balle bascula sur le côté et percuta le sol avec l’épaule. La tête vint se poser délicatement au sol avec ce qui lui restait de force dans la nuque.

Il n’entendait qu’à peine ce que pouvait marmonner ces soit disant créateurs, par contre son regard encore là mais légèrement brumeux, distinguai une silhouette qui déambulai avec difficulté…Mais il pouvait la reconnaître entre mille mortifiés, elle n’était autre que Piésta.
Stender, malgré le choc devant l’emmener vers une mort certaine, essaya malgré lui de résister pour voir peut-être un dernier regard de Piésta.
Celle-ci s’approcha de lui et s’agenouilla. Stender, dans un dernier souffle vaillant dit à Piésta.

-O- « Piésta…je voulais cet enfant »


Piésta, dans un élan presque animal, enfonça avec voracité ses dents dans le cou de Stender et lui arracha une bonne partie de la chair en soulevant sa tête. Elle continua seule ce cannibalisme durant une heure au moins, puis se leva comme attirée par une autre odeur et poursuivi sa déambulation parmi les cadavres et les déchiquetés mécaniquement, un à un, telle une machine programmée pour en éteindre d’autres.

lundi 13 novembre 2017

L'ODEUR DU SANG (29/30)

Une séparation aussi longue dans un rêve aussi troublant que démesuré laisse des traces. Stender émerge difficilement de ce terrible périple et peine encore à croire qu’il est dans la réalité.
Cela rend Piésta douteuse sur l’identité que laisse paraître Stender, mais elle se dit que ce mauvais rêve l’a complètement déboussolé et qu’il reviendra a lui bien assez tôt.

-O- «  Bordel, mais c’est quoi ce merdier, qui êtes-vous, qui est derrière la porte ?! »

Stender saisi rapidement la poignée pour empêcher qu’elle ne tourne complètement et que l’individu pénètre dans la chambre.

-O- « Piésta, va regarder dehors par la fenêtre voir s’il n’y a pas quelqu’un qui traine »

†† « Quoi ? Mais qu’est ce que tu me demande là, je vais appeler les flics ouai…j’ai peur Stender… »

-O- « Va voir s’il te plait ! c’est important ! »

†† « Très bien, très bien, je vais regarder mais en même temps j’appelle les flics »

Piésta se leva à son tour du lit en saisissant rapidement son portable et composa le numéro de la police. Elle se dirigea vers la fenêtre comme Stender lui avait demandé et jeta un œil sur la rue en même temps que son téléphone était collé à l’oreille attendant que les tonalités aboutissent à un interlocuteur.

-O- « Alors ?! Qu’est-ce que tu vois Piésta ?! »

†† « Oui ! Allo !! Hein ! Quoi ! Mais merde, mais c’est quoi ce bordel…une voix me dit que toutes les lignes sont occupé, il se passe quoi enfin ?! »

-O- « Mais qu’est-ce que tu vois bon sang ! »

†† « Ça va ! ça va ! t’énerve pas non plus là…Bah je vois quoi, bah des voitures mal garées, des ordures renversées et un attroupement de personnes au bout de la rue, voilà, t’es content ? »

-O- « Un attroupement de personnes dis-tu ?! ils sont mobiles, ils font quoi ? »

†† « Mais tu m’emmerdes avec tes questions là ! Non, y’en a qui sont au sol entrain de…entrain…Stender…ils sont entrain de…j’ai peur Stender »

-O- « Ils sont entrain de le bouffer c’est ça ? »

†† « Mais c’est immonde, on se croirai dans un foutu scénar de Zombies. Alors si ça se trouve, celui qui est derrière la porte c’est l’un de ces malades… »

-O- « Il faut qu’on s’tire d’ici Piésta, c’était ça mon rêve, mais ça se passait pas ici. Donne moi la chaise, vite Piésta ! »

Piésta jeta de nouveau un œil à l’extérieur, terrifié par ce qu’elle voit, elle n’entend pas la requête de Stender.

-O- « PIÉSTA ! Bon sang réveille-toi, amène moi cette chaise pour que je puisse bloquer la porte ! »

†† « Oui ! Quoi ! Oui la chaise, tient prend-la »

Stender saisi le dossier de la chaise et cala haut du dossier sous la poignée de la porte. Il fit quelques essais d’efficacité et recula pour rejoindre Piésta qui était retourné collé le nez au carreau pour voir une nouvelle fois de ses propres yeux le désordre qui régnait à l’extérieur.
Stender en s’étant déjà rapproché d’elle, il saisi les épaules de Piésta dans son dos et lui susurra à l’oreille.

-O- « J’en suis heureux que tu sois enceinte Piésta, c’est un immense bonheur et je m’en excuse d’avoir prit peur tout à l’heure »

Il approcha sa bouche près de la joue de Piésta et l’embrassa…et en décollant celle-ci il ressentit une gène sur le bout de ses lèvres, vint saisir du bout des doigts ce qu’il supposait être un cheveux qui le chatouillait. Mais il eu entre le pouce et l’index tout autre chose, plus visqueuse, plus caoutchouteuse.
Il n’y voyait pas grand chose avec le peu d’éclairage dans la pièce, mais il ne lui fallut pas longtemps pour deviner que ce qu’il avait entre les doigts n’était autre qu’un bout de chair qui s’était décollée de la joue de Piésta.

Stender sentait sa peur monter d’un cran, il interloqua Piésta.

-O- « Piésta ? »

N’ayant aucune réponse, Stender recula de deux pas et timidement répéta.

-O- « Piésta ?! Réponds Piésta je t’en prie, me dis pas que toi aussi ?! Pas toi Piésta…alors que l’on vient enfin de réussir à faire un enfant…

†† « TAIS-TOI INCRÉDULE CRÉATURE, TON CRÉATEUR EST FATIGUÉ DE VOIR APRÈS SON LONG VOYAGE DANS LES UNIVERS QUE VOUS N’AVEZ TOUJOURS PAS ÉVOLUÉS »

D’une voix d’outre-tombe dans une ambiance de cathédrale, donna l’impression de raisonner sur toute la ville, et pourtant cette voix ne sortait que de la bouche de Piésta.

†† « NOUS VOILÀ DEÇUS PAR CE PROTOTYPE FACONNÉ DE FAÇON A CE QU’IL SOIT MEILLEUR QUE LE PRÉCÉDENT ET FORCÉ DE CONSTATER QU’IL EST UN ECHEC »

Stender n’en croyais pas ses oreilles d’être un cobaye. Il regarda Piésta de face, elle avait les yeux révulsés, en transe. Mais elle n’était pas la seule à être ainsi, quand il regarda par le carreaux, tout ceux qui étaient là dehors prononçaient les mêmes paroles en cœur.

-O- «  A croire qu’il ne restai plus que moi a réduire à cette état d’esclavage. Je ne comprends-pas, qui êtes-vous ?!! »

†† « SORTEZ ! SORTEZ ! ET UNE FOIS DEHORS OBSERVEZ LE CIEL ET AUDELÀ »

Un ensemble de voix s’étaient réduites à une seule. Immensité, c’est ce qui se ressentait. 

jeudi 9 novembre 2017

L'ODEUR DU SANG (28/30)

Accroché là, suspendu à son cordon ombilical, n’émettant aucunes manifestations existentielle. Le né d’un mordeur n’attendait que sa libération. La porteuse vacille comme si elle mourait pour la deuxième fois. Vacille et s’écrase dos au sol sans retenue, fracassant à l’impact, l’arrière de son crâne. La cervelle morte encore retenue dans le crâne commence à dégouliner sur le sol et finie très rapidement par sortir complètement de sa boîte crânienne en s’étalant déjà sur une bonne surface.
Dans un même élan, le né du mordeur fut finalement déposé au sol grâce à la chute de sa marâtre. Mais resta, malgré cette chance, accroché au lien qui les unit.
Stender hésite de voir cette réalité, que devant lui s’est présenté, le bienfaiteur nouveau-né. Mais par instinct non paternel, la hache à la main, il se leva de son siège et brandit celle-ci.

-O- « PIESTA !! C’est pour l’enfant que nous n’avons jamais eu !! » Hurla Stender en espérant qu’elle entende.

Stender s’approcha du nouveau né sans peur de représailles de ces centaines de mordeurs en méditation. Il mit un genou à terre, de sa main gauche pinça fortement le cordon et de sa main droite maintenant le manche de la hache en bout de tranchant, il souleva légèrement celle-ci au-dessus du cordon et frappa, frappa sec, sectionnant cette élasticité liant neuf mois de dépendance.
Avec sa main gauche qui pinçai toujours l’autre bout du cordon lié au nouveau-né, et à présent de sa main droite saisissant celle-ci, voici que l’art du nœud de ballon de baudruche s’appliqua. En quelques secondes, Stender avait fait le nœud le plus réussi de toute sa carrière de non père, avec peut-être un peu trop de leste au niveau de la longueur pour un nombril aux normes.
Qu’importe…il avait peut-être devant lui la dernière création humaine, qui deviendrai par procuration son enfant qu’il aurait souhaité avoir avec Piésta.

Les mordeurs étaient toujours en phase de redondance, tous synchronisés, quel étrange spectacle alors qu’il y a quelques instants encore, une rage démoniaque les envahissait.

-O- « Cette danse finira bien par se terminer un jour » Pensa Stender en saisissant à bras-le-corps l’enfant sauvé des eau troubles.

Alors il ne perdit pas de temps, sans armes à la main, mais un enfant dans les bras et une seringue dans la paume, il passa sa jambe au-dessus de la mère. Un corridor de mordeurs se présentait à lui, allant d’après ce qu’il pouvait apercevoir au-delà des chemins visibles.

-O- « Mon Dieu…s’il y en a un…que dois-je faire…aujourd’hui je suis bien obliger de croire que nous sommes les seuls, moi et cet enfant, à êtres encore des humains. Cette armée de singes devant moi n’est pas l’inspiration que je me faisais d’un monde idéal…d’ailleurs est-ce que je m’en suis déjà soucier un jour, dans ce train de vie que je menai chez moi. Si Piésta était là, elle aurai su me dire quoi faire…PIESTAAAAA !!! PIIIIEEESTAAAAA !! J’ai besoin de toi… »

†† « STENDER »

-O- « Piésta ?! »

†† « Stender ! Réveille-toi Stender ! »

-O- « Piésta…mais c’est impossible…comment as-tu fais pour me retrouver…et comment as-tu fais pour… »

- « VLAM » -

-O- « Quoi ?! Que ?! c’est impossible je suis où ?...je suis chez moi…dans ma chambre…Piésta, tu es là aussi, oh ma chérie, je croyais ne plus jamais te revoir…mais alors ce n’était qu’un rêve…je croyais vraiment que… »

†† « Stender arrête ! j’ai entendu du bruit en bas, remets-toi de tes émotions bon sang »

-O- « Hein !? Quoi ?! Du bruit dis-tu…oui ok, je vais aller voir »

†† « Fais attention Stender, je n’ai pas envies de te perdre » Piésta prit la main de Stender et la posa sur son ventre et lui dit d’une voix douce. « Je suis enceinte Stender, c’est merveilleux non ?! »

Stender retira sa main rapidement, prit de panique par ce qu’il venait d’apprendre et surtout ce dont il venait de rêver. Il enleva le drap de sur lui et posa un pied au sol, fit glisser son autre jambe de sur le matelas et posa le second pied au sol et dit à Piésta en posant ses mains sur le rebord du matelas.

-O- « On en reparlera quand je remonterai me coucher. J’espère que tu n’ais pas raison au sujet du bruit »

†† « Ça veut sous entendre que tu acceptes cet enfant alors ?! »

-O- « Je n’ai pas dis ça Piesta ! Je veux dire simplement que nous devons en reparler après que je sois remonté »

Stender se leva, enfila ses charentaise qu’il avait placé  comme d’habitude et bien soigneusement au pied du lit, enfila son peignoir bleu marine et le ficela. D’un pas décidé il se dirigea vers l’armoire de sa chambre et en sortit une vieille batte en bois de son enfance qu’il gardait là en souvenir de son père quand ils s’échangeaient des balles.

Il tapota le bout de celle-ci sur sa main gauche en fixant Piésta et lui dit d’un air coquin.

-O- « Tu sais Piésta, une fois que j’aurais réglé le problème d’en bas…je règlerai celui en face de moi… »

†† « Arrête de déconner Stender, ça ne me fait pas rire, le bruit m’a déjà assez fait peur comme ça, fais attention quand même je t’en prie… »

Stender enleva le rictus qu’il gardait sur le coin des lèvres et commença à s’avancer vers la porte de la chambre. Arrivé devant celle-ci il tourna la tête en direction de Piésta et lui dit.

-O- « Bouges pas ! Je ne serai pas long » et fit un clin d’œil.


Sauf qu’en revenant sur la porte, la poignée de celle-ci bougeai lentement de droite à gauche.

mardi 7 novembre 2017

L'ODEUR DU SANG (27/30)

Pointe à fleur de peau, pouce en appui,
Suinte le bas du dos, mais pose pas d’ennui,
Un décompte courageux, qu’entreprit le cobaye,
Secondes de paresseux, pour un prix de taille.

L’aiguille il enfonça, dans la veine gonflée,
Le liquide encore là, tant de peines refoulées,
Car Piesta il perdra, d’une promesse non tenue,
Plus tard après contrat, de ne pas être revenu.

Mais mieux vaut la sauvegarde, que l’anéantissement d’une espèce où s’y trouve Piesta. Alors dans un dernier geste de glorieuses heures à rester en vie, Stender appuya sans méninges sur le poussoir de la seringue et rapidement se mit à prier un Dieu dont il avait oublié l’existence depuis que ses  deux filles ont décédées lors d’un incendie ravageur dans leur habitation.
Mais tout ça n’est que passé, car en lui coule le fluide de la raison. Bientôt il ne sera plus que de la viande déchiquetée et étalée sur le sol servir en pâture.

-O- « Mon Dieu quelle ignominie se dresse devant moi, une femme enceinte avec son petit qui s’active à l’intérieur…Mais c’est impossible…il ne peut pas être normale…Il est comme les autres… nnmmiargh, JE NE SAIS PLUS !!! Peut-être que ce ne sont que des hallucinations à cause du produit…mais si c’était vrai, il pourrait être sauvé… »

Premier entré, premier servit, en l’occurrence une mordeuse désemparée porteuse d’espoir. Son pas est très lent de par son surpoids temporaire. Bloquant l’accès principal de la cabane, les mordeurs empressés se tassèrent à l’entrée formant un bouchon éphémère.

Sur les côtés, les excités finirent par se faufiler, mais étrangement ne se jetèrent, sur Stender pour sa chair. Un cercle se formait accolés autour de lui, ils restèrent là se balançant légèrement de droite à gauche, la tête baissé, les bras le long du corps et ruminant des râles retenus, tout ceci ressemblai à une messe nocturne.
Ils s’entassaient au fur et à mesure dans la pièce, bientôt plus de place à l’intérieur mais la masse continuait à grossir à l’extérieur sans cesse.

Stender ne voyais que très peu autour de lui, tellement la densité était telle. Il levai la tête pour distinguer la seule ampoule qui éclairai la pièce, lui donnant encore un sens à la réalité.
De la bave épaisse et noir tombait sur son bras juste à côté d’où il avait placé l’aiguille. Des lambeaux de chair tombaient du corps des mordeurs et s’écrasaient visqueusement sur le sol en bois.
Sa tête commençai à tourner par manque d’oxygène, bientôt ses yeux se révulsaient et l’amenai doucement vers un doux sommeil, mais quelque chose l’empêchai de rendre les armes…quelque chose ou quelqu’un…car devant lui, les mordeurs s’écartèrent laissant se former une allée. Stender reprenait ses esprits lentement, assez pour qu’un corridor de mordeurs se distingue et qu’une silhouette nonchalante fasse son apparition dans sa direction.

Stender ne prit pas longtemps à comprendre que celle qui s’avançait vers lui n’était autre que l’enfanté. Etrangement celle-ci non plus ne montrai pas de signes d’agressivités, la rogne de mordeurs qu’il a vu jusqu’ici ne ressemblai aucunement à ce cérémonial. Bientôt l’enfanté était proche de Stender allait-il connaître la finalité de toute cette mise en scène…

-O- « Une caméra cachée c’est ça, a tous les coups on m’a fait marcher depuis le début hein ! » Chuchota Stender aux mordeurs l’entourant en sentant le folie l’atteindre.
Que quelques pas et voilà qu’elle se plante là devant Stender opérant le même rituel que ses camarades de jeu, laissant son ventre pendre sans retenue de ses mains. Le poids la fait se pencher en avant manquant de basculer, mais vient à se redresser aussitôt comme mécaniquement. Et le cycle se répète en laissant s’échapper de sa bouche des glaires noires épaisses finissant leur parcours sur les genoux et suisses de Stender.

-O- « Pas plus écoeuré que ça, cocotte. J’en ai vu des pires et sortant directement de mes voie, alors tu vois…va falloir que tu fasses mieux que ça poulette ! Hein ! »

Pas plus qu’un battement de cils n’a t-il fallu à la femelle mordeuse pour démontrer sa supériorité vocale, car dans une inattendu posture, la tête levée en direction du plafond, les bras tendus le long du corps, les doigts acérés…un cri perçant d’une densité aigue sorti de la bouche écartelée, accompagné de restes visqueux projetés hors de celle-ci. En un court instant, jambes écartées, la mordeuse extirpa sans ménages par les voies naturelles ce contre poids. La quantité de viscosité était tellement dense, que la mordeuse donnai l’impression de se vider entièrement de l’intérieur, ce qui ne l’empêchai pas de rester debout et de continuer à hurler.

La progéniture issue d’un accouplement antérieur à cette mutation serrait t-elle protégée de ce mal à l’intérieur du ventre d’une mère…Et comme un morceau de barbaque que l’on viendrait acheter chez le boucher, le voilà qui sort de son enveloppe, lâché dans la nature. Mais la fin de course ne fut pas le sol, le cordon ombilical se vit imposer une autre fonction…saut à l’élastique.

La barbaque sautilla deux fois et resta suspendue, mais sans vie…normal pour un morceau de barbaque se dirait t-on, mais celui-ci ne ressemblai pas a un mordeur.