jeudi 9 novembre 2017

L'ODEUR DU SANG (28/30)

Accroché là, suspendu à son cordon ombilical, n’émettant aucunes manifestations existentielle. Le né d’un mordeur n’attendait que sa libération. La porteuse vacille comme si elle mourait pour la deuxième fois. Vacille et s’écrase dos au sol sans retenue, fracassant à l’impact, l’arrière de son crâne. La cervelle morte encore retenue dans le crâne commence à dégouliner sur le sol et finie très rapidement par sortir complètement de sa boîte crânienne en s’étalant déjà sur une bonne surface.
Dans un même élan, le né du mordeur fut finalement déposé au sol grâce à la chute de sa marâtre. Mais resta, malgré cette chance, accroché au lien qui les unit.
Stender hésite de voir cette réalité, que devant lui s’est présenté, le bienfaiteur nouveau-né. Mais par instinct non paternel, la hache à la main, il se leva de son siège et brandit celle-ci.

-O- « PIESTA !! C’est pour l’enfant que nous n’avons jamais eu !! » Hurla Stender en espérant qu’elle entende.

Stender s’approcha du nouveau né sans peur de représailles de ces centaines de mordeurs en méditation. Il mit un genou à terre, de sa main gauche pinça fortement le cordon et de sa main droite maintenant le manche de la hache en bout de tranchant, il souleva légèrement celle-ci au-dessus du cordon et frappa, frappa sec, sectionnant cette élasticité liant neuf mois de dépendance.
Avec sa main gauche qui pinçai toujours l’autre bout du cordon lié au nouveau-né, et à présent de sa main droite saisissant celle-ci, voici que l’art du nœud de ballon de baudruche s’appliqua. En quelques secondes, Stender avait fait le nœud le plus réussi de toute sa carrière de non père, avec peut-être un peu trop de leste au niveau de la longueur pour un nombril aux normes.
Qu’importe…il avait peut-être devant lui la dernière création humaine, qui deviendrai par procuration son enfant qu’il aurait souhaité avoir avec Piésta.

Les mordeurs étaient toujours en phase de redondance, tous synchronisés, quel étrange spectacle alors qu’il y a quelques instants encore, une rage démoniaque les envahissait.

-O- « Cette danse finira bien par se terminer un jour » Pensa Stender en saisissant à bras-le-corps l’enfant sauvé des eau troubles.

Alors il ne perdit pas de temps, sans armes à la main, mais un enfant dans les bras et une seringue dans la paume, il passa sa jambe au-dessus de la mère. Un corridor de mordeurs se présentait à lui, allant d’après ce qu’il pouvait apercevoir au-delà des chemins visibles.

-O- « Mon Dieu…s’il y en a un…que dois-je faire…aujourd’hui je suis bien obliger de croire que nous sommes les seuls, moi et cet enfant, à êtres encore des humains. Cette armée de singes devant moi n’est pas l’inspiration que je me faisais d’un monde idéal…d’ailleurs est-ce que je m’en suis déjà soucier un jour, dans ce train de vie que je menai chez moi. Si Piésta était là, elle aurai su me dire quoi faire…PIESTAAAAA !!! PIIIIEEESTAAAAA !! J’ai besoin de toi… »

†† « STENDER »

-O- « Piésta ?! »

†† « Stender ! Réveille-toi Stender ! »

-O- « Piésta…mais c’est impossible…comment as-tu fais pour me retrouver…et comment as-tu fais pour… »

- « VLAM » -

-O- « Quoi ?! Que ?! c’est impossible je suis où ?...je suis chez moi…dans ma chambre…Piésta, tu es là aussi, oh ma chérie, je croyais ne plus jamais te revoir…mais alors ce n’était qu’un rêve…je croyais vraiment que… »

†† « Stender arrête ! j’ai entendu du bruit en bas, remets-toi de tes émotions bon sang »

-O- « Hein !? Quoi ?! Du bruit dis-tu…oui ok, je vais aller voir »

†† « Fais attention Stender, je n’ai pas envies de te perdre » Piésta prit la main de Stender et la posa sur son ventre et lui dit d’une voix douce. « Je suis enceinte Stender, c’est merveilleux non ?! »

Stender retira sa main rapidement, prit de panique par ce qu’il venait d’apprendre et surtout ce dont il venait de rêver. Il enleva le drap de sur lui et posa un pied au sol, fit glisser son autre jambe de sur le matelas et posa le second pied au sol et dit à Piésta en posant ses mains sur le rebord du matelas.

-O- « On en reparlera quand je remonterai me coucher. J’espère que tu n’ais pas raison au sujet du bruit »

†† « Ça veut sous entendre que tu acceptes cet enfant alors ?! »

-O- « Je n’ai pas dis ça Piesta ! Je veux dire simplement que nous devons en reparler après que je sois remonté »

Stender se leva, enfila ses charentaise qu’il avait placé  comme d’habitude et bien soigneusement au pied du lit, enfila son peignoir bleu marine et le ficela. D’un pas décidé il se dirigea vers l’armoire de sa chambre et en sortit une vieille batte en bois de son enfance qu’il gardait là en souvenir de son père quand ils s’échangeaient des balles.

Il tapota le bout de celle-ci sur sa main gauche en fixant Piésta et lui dit d’un air coquin.

-O- « Tu sais Piésta, une fois que j’aurais réglé le problème d’en bas…je règlerai celui en face de moi… »

†† « Arrête de déconner Stender, ça ne me fait pas rire, le bruit m’a déjà assez fait peur comme ça, fais attention quand même je t’en prie… »

Stender enleva le rictus qu’il gardait sur le coin des lèvres et commença à s’avancer vers la porte de la chambre. Arrivé devant celle-ci il tourna la tête en direction de Piésta et lui dit.

-O- « Bouges pas ! Je ne serai pas long » et fit un clin d’œil.


Sauf qu’en revenant sur la porte, la poignée de celle-ci bougeai lentement de droite à gauche.

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