lundi 22 octobre 2012

LE VENT DES ÂMES (3/12)

Je suis épuisé par cet affrontement, je m'épuise vite parce-ce que je suis asthmatique et je prends beaucoup de temps à reprendre mon souffle, mais ce n'est pas le moment de se plaindre, quelque chose me dit que ce qu'il se passe dehors est beaucoup plus grave que mon simple handicap.

- « Alerte aux person-ggrrrrzz, ceci n'est pas un grrrzzz-xercice ! L'évacuation de l’hop-grrzz-tale est imminente » -

Une annonce interne, étrange que nous ne l'entendions que maintenant… Il y a effectivement un foutu problème.

- « Veuillez pr-ggrrrzz-dre les sorties de sec-ggrrzz-rs dans le ca-ggrrrzz-lme ! » -

Et bah tu m'étonne que tous les problèmes ont dû être résolus si tout le monde a pris ces sorties.

> « Violetta ?! Violetta !! Ressaisi-toi bon sang !! »

() « Laisse-moi ici Julio, la mort est derrière ces portes »

> « Justement nous allons chercher un autre moyen de sortir d'ici sans prendre de risques. Tiens-toi bien on remonte la pente, le but est de pouvoir accéder au toit, je ne sais pas encore comment, mais peut-être que des gens s'y sont réfugiés et… »

() « Et qu'ils ont eux aussi été tués par ses sauvages. Regarde Julio, les doigts de cette créature ou je ne sais quoi, ne sont pas en bonne santé, tu ne peux pas dire le contraire. Ils nous attendent là-haut »

> « Je prends le risque, nous ne pouvons pas rester ici. Ils finiront par entrer et se disputeront nos membres. Je crois bien qu'encore une fois je vais être obligé de te laisser seul. Tu t'enfermeras à double tour dans une pièce en m'attendant »

() « J'en ai marre Julio, j'ai l'impression qu'il n'y a plus d'issue, trouvons plutôt s'il y a de quoi survivre et restons ici en attendant les secours »

> « Il n'y aura pas de secours Violetta, cette ville a été abandonnée, nous avons été abandonnés ici parmi je ne sais quelles créatures. Si nous trouvons quelqu'un cela signifiera que d'autres ont survécu. Allons-y, ne nous posons pas trop de questions ! »

Elle ne dit rien, je pense que l'épuisement a pris le dessus. Je saisis les poignées de son fauteuil roulant et commence à le pousser.

> « Surtout ne dit plus rien de pessimiste »

Nous voici pratiquement à mi-chemin, je m'épuise vite, je suis obligé de m'arrêter pour reprendre mon souffle. Je bloque rapidement le fauteuil avec le frein et me met en tailleur en attendant que ça se passe. Mais quelle est cette folie, je ne dois pas craquer devant Violetta ou nous sommes perdus.

C'est suffisant, je me suis assez ressourcé. Je me relève difficilement, ré-enpoigne le fauteuil, débloque le frein et c'est reparti pour « La côte de l’espoir », ahhh quel humour Julio…
Allez ! Encore un effort, nous sommes presque en haut, Cinq longs mètres… Quatre… Trois… Deux et voilà ; Oh bon sang ! je suis à bout de souffle et épris d'un mal-être, merde…

() « Julio ?! Est-ce que ça va ? JULIO !! !je ne te vois pas !»
Violetta saisit le frein sans tarder, releva les reposes pied avec les mains, se souleva en appuyant ses mains sur les accoudoirs, puis elle décala son fessier sur le côté gauche et se pencha sur l'accoudoir de droite pour observer ce qui était arrivé à Julio. Quand ses yeux se sont portés sur lui, une immense solitude commence à envahir Violetta.

() « JULIO !! Réveille-toi Julio, ne me laisse pas seule. Bon sang, pourquoi ça n'arrive qu'à moi ces trucs-là», aller Violetta fait un effort, on se laisse tomber par terre et on rampe, tu vas tout de même pas te laisser faire par tes jambes à moitié morte, hein !! ALLER VIOLETTA !! Arrgh quelle douleur de merde… Putain de destin de merde, fais chier toute cette merde. C’est bon… C'est rien Violetta, tu peux y arriver, il n'est pas loin, après tout ce qu'il a fait pour toi c'est le minimum que tu puisses faire pour lui, un peu de courage, j'y suis presque »

La main bien haute avec les doigts bien tendus, Violetta laissa s'abattre sur le visage du Julio la force qu'on lui avait enlevée de ses jambes.

> « QUOI !? qu’est-ce, mais tu es folle ou quoi, t'as failli me décrocher la mâchoire, qu'est-ce qui m'est arrivé »

() « Tu avais décroché de ce monde en me laissant toute seule »

> « Eh bien ?! Tu ne t'es pas laissé abattre… »

- « BLAM ! BLAM ! BLAM ! BLAM ! Rrrrrarrrgh BLAM ! » -

() « C’est eux Julio, ils vont entrer c'est sûr »

> « Cette fois je crois que tu as bien raison, il va falloir faire vite, essayons quand même les ascenseurs. Je reste convaincu que le toit est le meilleur endroit stratégique »

() « D'accord Julio, vu le résultat en passant par le RDC, il vaut peut-être mieux grimper »

Heureusement, les ascenseurs menant aux étages supérieurs étaient en état de fonctionnement. Celui que l'on a pris fait un boucan qui va de toute évidence alertée ces individus sur notre position actuelle. Pendant la montée, un fracas de taule vint nous prévenir que la porte en métal du RDC venait d'être fracturée et de voler en éclats. Nous voici à présent prisonnier dans cet ascenseur grimpant les étages. Je n'en avais pas remarqué le nombre en arrivant ici, 30 étages. Violetta avait déjà validé le dernier, nous partons confiants en direction du toit.

lundi 15 octobre 2012

LE VENT DES ÂMES (2/12)

La rampe qui a priori mène aux étages du dessous semble interminable et plus nous descendons plus une moiteur se fait sentir.
Je regarde succinctement le visage de Violetta qui s'étire entre l'inquiétude et l'impatience. L'inquiétude de ce que nous allons trouver au rez-de-chaussée et l'impatience d'y arriver et de trouver quelqu'un.

> « Regarde Violetta !! On dirait bien une sortie de secours non ? »

() « Oui c'est bien une sortie, dépêchons-nous le jour est encore là ! »

J'accélère et au même moment, un grognement se fait entendre, celui-ci venait de l'extérieur. Nous n'avions plus envie de sortir aussi rapidement.

() « Qu'est-ce que ça peut être Julio ? on se croirait dans un mauvais film de Zombies. J'ai peur Julio de ce que l'on va trouver dehors »

> « Regarde-moi que Violetta, quelles sont nos chances pour que ce que nous trouverons soit le pire cauchemar de notre vie… Une chance sur deux d'être les survivants d'une épidémie et d'être traqué comme des cobayes »

() « Mais ça fait une demi-heure que nous errons, et pas la moindre vie, même pas le moindre mort »

> « Je te laisse ici le temps que j'aille observer ce qui se passe à l'extérieur. Tu ne risques rien ici »

() « Ne fait pas ça Julio, ne me laisse pas seule !! »

> « Non Violetta je dois y aller seul ! »

() « Fais pas l'idiot et revient moins vite ! »

> « Ne t'inquiète pas, j'observerai aux alentours et je reviendrai te chercher »

() « J'ai peur Julio et ce grognement ne me dit rien qui vaille. Va ! si tu me promets de revenir !? »

> « Je te le promets Violetta, je nous sortirais de là ne t'inquiète pas. Maintenant, écoute-moi bien, je veux qu'en aucun cas tu essaies de sortir d'ici, je ne sais pas combien de temps cela va me prendre et ce que je vais trouver dehors, mais une chose est sûre, c'est que je reviendrai »

Je m'approche de Violetta et lui dépose un baiser sur le front. La sortie est une double porte avec inscrit au-dessus « issues de secours » avec une barre d'ouverture, j'appuie sur la barre doucement et là, le grognement de tout à l'heure retenti une deuxième fois, je relâche la barre. Je recule et regarde autour de moi en espérant trouver un objet qui fasse office d'armes… Comme par bonheur, une hache d'incendie se présenta à moi sur le mur. Violetta angoissait à en transpirer de tout son corps. Je brise la vitre du caisson où elle est entreposée et la saisie.

Nous voici de nouveau devant cette porte, je saisis la barre et commence à appuyer dessus doucement. Cette fois avec une arme à la main j'ai une chance de me défendre. Le grognement se fait entendre, je pousse un peu plus la barre, je suis à la limite d'actionner l'ouverture. Le grognement est de plus en plus oppressant, comme si quelqu'un ou quelque chose attendait impatiemment que j'actionne pour sûrement pénétrer dans l'hôpital ou tout simplement nous faire du mal… J'hésite un moment et me décide enfin, et au moment précis où un léger entrebâillement fut opportun, une main passa et saisit la porte ; D'une force que je ne soupçonnais pas en moi, je reprit de force la barre et la tira de toutes mes forces vers moi, la main de l'individu se retrouva coincée et par instinct primaire mon bras gauche souleva la hache et seule, ma main accomplit son devoir. Le tranchant de la hache s’abattit sur ses doigts, en les coupants instantanément en finissant leur course au sol en rebondissant. J'ai pu à ce moment précis refermé violemment la porte et re-sécurisé l'endroit.
Un cri strident retentissait à l'extérieur, ce qui par conséquent ameuta d'autres cris.
Je me retourna vers Violetta dans l'espoir qu'elle me dise de rester là en me suggérant une autre solution, mais rien ne sortie de sa bouche, elle était tétanisée par ce qu'elle venait de voir.
Il fallait de toute évidence trouver un autre accès.

samedi 6 octobre 2012

LE VENT DES ÂMES (1/12)

Je suis prêts à partir, j'ai pris mon sac à dos rempli de bonbons, fermer les volets, verrouillé à double tour la porte d'entrée et saluée de la main gauche mon unique ami « Rapide », un oiseau-mouche acquis chez ses comptes soigner une aile cassée, et depuis il ne me quitte plus.
Mais nous restons très indépendant, il n'a jamais voulu entrer chez moi et je n'ai jamais perturbé le quotidien de son nid. « Rapide » est père de famille et pas moi, pour la seule et simple raison que je n'ai jamais rencontré d’âme ayant compris pour qui nous existions.
Je me présente, Julio, Julio EULTAR. J'ai beaucoup voyagé et ceci est ma dernière destination.

() « Où sommes-nous Julio, je ne reconnais rien sur cette photo ? »

> « Tu ne te rappelles pas, c'est pourtant un endroit qui devrait éveiller des souvenirs… »

() « Pourquoi ? nous nous serions connus ici ? »

> « Non, mais c'est ici que je vais demander ta main »

() « C'est vrai ?! C'est joli, cela a dû être un grand moment »

> « Il y a deux ans de ça exactement »

() « Et qu'est-ce que j'ai répondu dis moi, qu'est-ce que je t'ai dit ?! »

« Regarde les doigts de la main gauche »

() « J'ai dit oui... Je suis désolé Julio je ne le fais pas exprès. Je crois en ta bonne foi et je te promets de ne jamais baisser les bras. Le Dr ZIGGER dit que je fais beaucoup de progrès avec mes jambes »

« Je sais Violetta et je suis très fier de toi. Ce que je regrette c’est qu’ils n'aient pas retrouvé celui qui t'a fauché… »

() « Merci de me le rappeler, vraiment quel tact. Tu ferais mieux d'aller voir si une infirmière est disponible, j'ai besoin d'aller aux toilettes ! »

« C'est mon ! J'y vais ! »

Quel idiot je suis, j'ai failli à perdre il y a deux mois de ça, je viens à peine de la retrouver et la seule chose dont je ne dois pas lui rappeler je lui ré-inflige. Bon sang, où sont ses infirmières.

« Infirmières !! »

Personne ne répond, où sont les autres malades, les chambres sont vides. Il doit y avoir un problème à cet étage de l'hôpital. Je dois d'abord prévenir  Violetta de la situation.

« Violetta ! Violetta ? »

Elle n'est plus dans son lit. Je dois retourner dans le couloir.

« Violetta ! »

() « Quoi ?!! Je ne peux pas être tranquille, qu'est-ce que tu veux Julio ? »

« Violetta ! Violetta ! Je t'entends à peine, où es-tu ? »

() « Eh bien il a fallu que je me débrouille seul pour aller aux toilettes »

« Violetta , tu m'as fait une de ces peurs. Il y a un problème à cet étage, il semblerait qu'il n'y est plus personne, malades et personnels »

() « >Comment ça il n'y a personne ?! »

« Ne t'inquiète pas, c'était pour te prévenir que j’allais vérifier à l'étage en dessous et que ça allait prendre un peu de temps. Reste là je reviens de suite »

() « Non Julio, cette fois je viens avec toi, attends je sors. Voilà, ça va mieux… Tu sais Julio, je ne me rappelle pas de tout, mais je sais une chose… C’est que je ne dois jamais te quitter »

« Très bien Violetta, donne-moi ton bras. On n'est pas très loin du fauteuil roulant, encore un effort. Voilà, ok, un bisou sur le front pour le mérite et on est parti »

() « Tu disais vrai, il n'y a personne dans cet hôpital. Mais qu'est ce qui s'est passé ici ? d'autant plus que rien n'est en désordre, on aurait pu croire à une prise d'otages, ou peut-être ont-ils fermé le service et qu’ils nous ont oublié ici, nous sommes peut-être tous les deux contaminés et en quarantaine… »

« N'est pas d'inquiétude Violetta, nous allons descendre et regarder aux étages inférieurs, nous finirons bien par trouver quelqu'un »

Plus nous avancions dans le couloir et plus nous constations qu'aucun signe de vie n'était apparent. Les seules choses qui étaient remarquables en plus de l'ordre, c'était un énorme symbole fait à l'aérosol sur les murs des chambres hospitalières. Clairement c'était le symbole de l'anté-anarchie. Les ascenseurs menant aux étages inférieurs ne fonctionnaient pas évidemment. Comment descendre ?
L'escalier avec Violetta qui pouvait à peine marcher et pas question de tenter de descendre avec le fauteuil. Nous cherchons longtemps, et par chance nous trouvons une longue rampe qui donne l'impression de descendre jusqu'au rez-de-chaussée, nous la prenons. Nous sommes inquiets mais rien ne nous indique de ce qui se passe ici, nous commençons à descendre.