« Le mont de la Porte D » ainsi ils l’appelleront dans leurs livres d’histoire. Au sommet de ce mont, un bras levé brandissant une seringue ayant pour destination l’avant bras du Maître d’œuvre. Un deuxième bras levé, brandissant également une seringue, celle-ci destinée à X702. Les deux Phylogénistes en se regardant venaient de débuter un décompte.
- « 2, 1, nous piquons !! »
L’aiguille longue de 4 doigts suivi une trajectoire en arc de cercle donnée par l’épaule en rotation des deux Phylogénistes, et avec précision, sans l’ombre d’une hésitation, les pointes stériles vinrent se planter en même temps dans l’avant bras des prédestinés.
Un râle moribond, aux décibels excédées de jurons, firent la messe sous ses voutes, de cette cérémonie en déroute.
Le grondement épuisé, un silence de retenue s’imposa.
Quand étrangement, le mont commença à respirer. Il se soulevai et redescendait, ce n’était pas le Maître d’œuvre, mais une masse bien plus importante qui revenait à la vie.
▲ « Redescendez mes frères, vite ! Avant que…je ne sais quoi, vous tue ! »
- « Nous ne pouvons pas Mr POKYR, nous sommes comme collés à ce mont, je crois bien que nous faisons partie de cette masse, d’ailleurs X702 est pratiquement méconnaissable. N’ayez crainte Mr POKYR, ce n’est ni douloureux ni immoral. Nous le ressentons, nous pensons que ce qui va en naître de cette masse n’est pas un danger pour les Phylogénistes. Nous rassurons l’association « RECOURS », ceci sera la meilleure de vos créations Mr POKYR »
Ainsi furent les derniers mots des Phylogénistes au sommet du mont. Car leurs corps venaient de se fondre dans la masse.
Ф « Reculez mes frères, quelque chose d’énorme mue à l’intérieur de cette masse, ceci n’était pas prévu »
Bientôt tout ces corps empilés ne constituèrent plus qu’une seule et même chair. Une enveloppe, une poche de fécondation. Les Phylogénistes pour la première fois gémissaient, marmonnaient et chuchotaient entre eux créant ainsi un brouhaha étouffant qui se mélangeai aux ronflements visqueux de cette colossale tuméfaction.
Et ils avaient raison de s’inquiéter, le ronflement s’intensifiait et le volume de cette masse laissait croire qu’elle avait atteinte son maximum volumétrique. L’explosion était imminente, tous reculèrent au plus loin, s’enfonçant un peu plus dans les fondations de la cité. Mais ce qui était prévisible en fut tout autrement…une pointe ongulée venait de percer la poche sans pour autant la crever, puis un énorme doigt aussi large qu’un poignet humain s’en suivit, un deuxième doigt doté d’une griffe vint écarter l’épaisse peau et permit ainsi que deux mains saisissent la couenne et commence à l’écarter pour laisser entrevoir une exagération de la nature.
Ф « Nom de nous-mêmes ! Mais quelle est cette aberration, qu’avons-nous crée… »
▲ « Ne bougeons pas d’ici, sous ces fondations, dans l’obscurité nous serons protégés »
La poche fut entièrement déchirée par le poids de ce qui en est sortit, car cette masse par tant de fatigue s’était écroulé en projetant dans un rayon de plusieurs mètres une visqueuse et gélatineuse substance fécale et de liquide amniotique. Après un essoufflement la menant à la vie, la masse d’apparence bipède plaqua ses mains sur le sol gélatineux.
D’où se tenaient les Phylogénistes, l’aspect de cette masse était encore colossale, c’est dire si celui-ci pourrait se mettre entièrement debout dans le tunnel.
Et par on ne sait quelle foudre, la masse souleva d’entre deux épaules une énorme tête dont on pouvait distinguer très nettement une bouche ouverte à son maximum essayant d’aspirer tout l’oxygène circulant dans l’air.
Plus l’air entrait et plus un puissant thorax définissait l’apparence d’une créature colossale.
Quand celui-ci eu enfin atteint les limites de sa cage thoracique, une phase d’apnée emplissait chacun des Phylogénistes, ne souhaitant qu’une chose, que celui-ci ne soit pas né pour les tués. Car l’expiration qui s’en suivi les tétanisèrent. Accompagné d’un souffle putride, un cri de rage et de douleurs atroces fit trembler les parois du tunnel et vibrer les colonnes des fondations de la cité, décollant une couche de poussière assez conséquente pour immerger la totalité du tunnel et les fondations dans un épais brouillard.
Cette fureur prit fin brutalement et aussitôt des frottements au sol laissait imaginer que le colosse essayait de se relever. Le premier pied qu’il réussit à poser fit trembler le sol, un râle d’efforts proportionnel à son poids laissa penser qu’il venait de se soulever car dans le même temps il posa violemment l’autre pied et cette fois-ci c’était des blocs de terre qui se détachèrent. Le Phylogénistes se protégèrent comme ils le pouvaient, certains furent blessés légèrement mais survécurent tous à la déflagration.
- « BLAM !...BLAM !... BLAM !... BLAM ! » -
Des pas titanesques firent leur entrée, et s’avançaient en direction des Phylogénistes.