Les marées montantes sont en théorie
celles qu’il faut impérativement fuir, parce qu’il y a un risque de se faire
encercler et de se noyer, en théorie celles-ci vont à la vitesse d’un cheval au galop. Mais celle-ci est particulière…celle-ci ne redescend pas, elle continue
à monter tant qu’elle n’a pas noyé d’individu. Elle est lente, mais cela n’est
pas une raison pour ne pas se manier le panier.
Doc a fini par me détacher de s’te
foutu pieu. Nous étions entrain de rassembler quelques provisions et médocs,
quand il m’annonça une nouvelle des plus absurde.
Ÿ « On l’emmène ! »
-O- « Quoi ?! On, on emmène
quoi ? »
Ÿ « J’peux pas la laisser
ici… »
-O- « Mais vous rigolez
là ! Non seulement elle va nous ralentir, mais en plus à tout moment elle
risque de nous mordre »
Ÿ « Elle est tout ce qui me
reste »
-O- « Tout ce qui vous reste
aujourd’hui c’est votre orgueil et, pardonnez-moi cette prétention, et moi-même.
Alors maintenant dites-lui adieu car je penses que nous ne reviendrons pas dans
ce coin »
Ÿ « Mais quel merdier, je
n’aurais jamais due vous sauver, vous ne m’apportez que des ennuis »
-O- « Les seuls ennuis que l’on
risque en ce moment c’est de se faire compresser par le rouleau qui
s’amène »
Ÿ « C’est bon ! C’est
bon ! J’ai pigé, laissez-moi juste une minute, le temps de lui faire mes
adieux et je vous rejoins »
-O- « Vous me rejoignez ?!
Mais vous plaisantez ! Pour qu’il y en ai un qui rôde dans les parages et
qu’il me chope pour me bouffer ! Pas question, je reste ici et j’attends
que vous terminiez ce que vous avez faire, pas de problèmes, je ne regarde pas
et je me bouche les oreilles, promit »
Ÿ « Espèce de dégueulasse, vous
n’aviez tout de même pas cru que j’allais…vous m’répugniez
Stender ! »
Le temps que Doc fasse ses adieux je
me suis retourné en direction de la vitre arrière du véhicule pour regarder
comme au travers d’un écran télé, les dernières news qui étaient à mon goût sur
les même sujets quotidien, guerre, émeutes et fraudes fiscales. Mais je
reprocherai bien plusieurs choses à ce programme, premièrement parce qu’il est
en direct et que nous sommes moi et Doc les témoins de ce foutu merdier.
Deux minutes se sont écoulées et
enfin Doc m’interloqua en m’annonçant que c’était à moi de me manier le train
maintenant, parce qu’il avait l’intention de fêter la Saint Jean bien avant l’heure.
Je n’ai pas tout de suite saisie la relation avec cette fête, mais quand il
frictionna la pierre d’un briquet qu’il avait saisi dans la poche de son
pantalon et dont la flamme mesurait sans mal la taille d’un pouce d’ogre.
Ÿ « Stender ! Prenez
ce sac à dos, il y a des vivres à l’intérieur ainsi que des médicaments, prenez
également le fusil qui est à l’intérieur des toilettes, ça pourrait vous
servir. Et dépêchez vous, vous n’avez plus beaucoup de temps devant
vous… »
Ce fou avait détaché sa femme du
siège et la maintenait. Tous les deux étaient assis sur le sol du camping-car.
Celle-ci essayai de se dégager et d’attraper Doc, n’y arrivant pas, elle
tendait son bras dans ma direction en essayant de m’atteindre, était-ce une
tentative de cannibalisme ou bien un appel à l’aide d’abréger ses souffrances…
-O- « Doc ?! C’est une
plaisanterie n’est ce pas ?! Vous n’êtes pas en train de m’annoncer votre
immolation là ! »
Ÿ « J’ai bien réfléchi Stender,
il est temps que je m’en ailles également, et nous allons partir ensemble, moi
et ma femme. C’est une décision mûrement réfléchit, alors…allez vous en et
merci de m’avoir ouvert les yeux Stender »
Dans les yeux de Doc se lisait bons
nombres d’étincelles, et nombreuses étaient celles destinées au bonheur de
partir humblement. Pas de temps à perdre, je posais ma main gauche sur épaule
droite et lui dit.
-O- « Merci à vous de m’avoir
secouru, je vous fais la promesse de m’en sortir et d’alerter le reste du monde
de ce qui se passe ici »
En disant ça, Doc me confia un objet
enveloppé dans un vieux tissu et me conseilla de ne l’utiliser qu’en dernier
recours, quand ma vie s’arrêtera dans les minutes qui suivent. Je n’ai pas osé
regarder de peur de découvrir un terrifiant couteau de sacrifice ou je ne sais
quoi encore qui pourrait me faire penser que ma fin était proche. Une dernière
petite tape sur l’épaule de Doc et me voilà tournant la poignée de la porte
d’entrée du camping-car tout doucement.
Dès que ma tête pu passer je jetai
un œil rapidement si aucun d’entre eux n’errai dans le coin, quand Doc me cria.
Ÿ « T’inquiète Stender, jamais
aucun d’eux n’a eu l’envie de glander par ici, l’odeur pestilentielle de ma
femme les leurrais sur la mienne. Magne-toi Stender, quand le camping
s’embrasera ils vont rappliquer de tous les côtés. Le feu va les attirés et il
vont restés coincé ici un moment par le spectacle du bûché »
-O- « Ok Doc ! Et que vos
âmes aillent en paix »
J’ouvris en grand la porte et me
précipita dehors. Aussitôt je saisis la poignée côté extérieur de la porte et
l’envoya claquer pour qu’elle se referme proprement.
-O- « ADIEU Doc !! »

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
:: Laissez des traces ::