mercredi 6 mai 2015

L'ODEUR DU SANG (9/30)


Les marées montantes sont en théorie celles qu’il faut impérativement fuir, parce qu’il y a un risque de se faire encercler et de se noyer, en théorie celles-ci vont à la vitesse d’un cheval au galop. Mais celle-ci est particulière…celle-ci ne redescend pas, elle continue à monter tant qu’elle n’a pas noyé d’individu. Elle est lente, mais cela n’est pas une raison pour ne pas se manier le panier.
Doc a fini par me détacher de s’te foutu pieu. Nous étions entrain de rassembler quelques provisions et médocs, quand il m’annonça une nouvelle des plus absurde.

Ÿ « On l’emmène ! »

-O- « Quoi ?! On, on emmène quoi ? »

Ÿ « J’peux pas la laisser ici… »

-O- « Mais vous rigolez là ! Non seulement elle va nous ralentir, mais en plus à tout moment elle risque de nous mordre »

Ÿ « Elle est tout ce qui me reste »

-O- « Tout ce qui vous reste aujourd’hui c’est votre orgueil et, pardonnez-moi cette prétention, et moi-même. Alors maintenant dites-lui adieu car je penses que nous ne reviendrons pas dans ce coin »

Ÿ « Mais quel merdier, je n’aurais jamais due vous sauver, vous ne m’apportez que des ennuis »

-O- « Les seuls ennuis que l’on risque en ce moment c’est de se faire compresser par le rouleau qui s’amène »

Ÿ « C’est bon ! C’est bon ! J’ai pigé, laissez-moi juste une minute, le temps de lui faire mes adieux et je vous rejoins »

-O- « Vous me rejoignez ?! Mais vous plaisantez ! Pour qu’il y en ai un qui rôde dans les parages et qu’il me chope pour me bouffer ! Pas question, je reste ici et j’attends que vous terminiez ce que vous avez faire, pas de problèmes, je ne regarde pas et je me bouche les oreilles, promit »

Ÿ « Espèce de dégueulasse, vous n’aviez tout de même pas cru que j’allais…vous m’répugniez Stender ! »

Le temps que Doc fasse ses adieux je me suis retourné en direction de la vitre arrière du véhicule pour regarder comme au travers d’un écran télé, les dernières news qui étaient à mon goût sur les même sujets quotidien, guerre, émeutes et fraudes fiscales. Mais je reprocherai bien plusieurs choses à ce programme, premièrement parce qu’il est en direct et que nous sommes moi et Doc les témoins de ce foutu merdier.

Deux minutes se sont écoulées et enfin Doc m’interloqua en m’annonçant que c’était à moi de me manier le train maintenant, parce qu’il avait l’intention de fêter la Saint Jean bien avant l’heure. Je n’ai pas tout de suite saisie la relation avec cette fête, mais quand il frictionna la pierre d’un briquet qu’il avait saisi dans la poche de son pantalon et dont la flamme mesurait sans mal la taille d’un pouce d’ogre.

Ÿ «  Stender ! Prenez ce sac à dos, il y a des vivres à l’intérieur ainsi que des médicaments, prenez également le fusil qui est à l’intérieur des toilettes, ça pourrait vous servir. Et dépêchez vous, vous n’avez plus beaucoup de temps devant vous… »
Ce fou avait détaché sa femme du siège et la maintenait. Tous les deux étaient assis sur le sol du camping-car. Celle-ci essayai de se dégager et d’attraper Doc, n’y arrivant pas, elle tendait son bras dans ma direction en essayant de m’atteindre, était-ce une tentative de cannibalisme ou bien un appel à l’aide d’abréger ses souffrances…

-O- « Doc ?! C’est une plaisanterie n’est ce pas ?! Vous n’êtes pas en train de m’annoncer votre immolation là ! »

Ÿ « J’ai bien réfléchi Stender, il est temps que je m’en ailles également, et nous allons partir ensemble, moi et ma femme. C’est une décision mûrement réfléchit, alors…allez vous en et merci de m’avoir ouvert les yeux Stender »

Dans les yeux de Doc se lisait bons nombres d’étincelles, et nombreuses étaient celles destinées au bonheur de partir humblement. Pas de temps à perdre, je posais ma main gauche sur épaule droite et lui dit.

-O- « Merci à vous de m’avoir secouru, je vous fais la promesse de m’en sortir et d’alerter le reste du monde de ce qui se passe ici »

En disant ça, Doc me confia un objet enveloppé dans un vieux tissu et me conseilla de ne l’utiliser qu’en dernier recours, quand ma vie s’arrêtera dans les minutes qui suivent. Je n’ai pas osé regarder de peur de découvrir un terrifiant couteau de sacrifice ou je ne sais quoi encore qui pourrait me faire penser que ma fin était proche. Une dernière petite tape sur l’épaule de Doc et me voilà tournant la poignée de la porte d’entrée du camping-car tout doucement.
Dès que ma tête pu passer je jetai un œil rapidement si aucun d’entre eux n’errai dans le coin, quand Doc me cria.

Ÿ « T’inquiète Stender, jamais aucun d’eux n’a eu l’envie de glander par ici, l’odeur pestilentielle de ma femme les leurrais sur la mienne. Magne-toi Stender, quand le camping s’embrasera ils vont rappliquer de tous les côtés. Le feu va les attirés et il vont restés coincé ici un moment par le spectacle du bûché »

-O- « Ok Doc ! Et que vos âmes aillent en paix »

J’ouvris en grand la porte et me précipita dehors. Aussitôt je saisis la poignée côté extérieur de la porte et l’envoya claquer pour qu’elle se referme proprement.


-O- « ADIEU Doc !! »

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