mercredi 25 octobre 2017

L'ODEUR DU SANG (25/30)

Pour votre gouverne, sachez que dans une telle situation, aucun être sensé ne tuerai un nouveau né…mais un mordeur-né, quoi de plus sensé que de lui sauver la vie en lui donnant la mort…quoiqu’il soit déjà mort…

-O- « Ch’peux pas…cette saloperie a encore l’aspect d’un gamin. J’y arriverai pas, mais je dois…la porte…la porte, je dois vérifier si la porte est bien verrouillée…putain j’l’avais pas verrouillée, la clé…la clé, elle est là. Dans la serrure vite, dans la serrure…verrouillée…merde ! Putain ! Merde ! J’ai pété la clé ! Putain ! Pas grave…la boîte, je dois ouvrir cette boîte… »

Dans sa main agrippée, la boîte aux questions diverses,
Couvercle relevé, une réponse visiblement perverse,
Une seringue se présentai, sur le canon y était gravé :
« A injecter en cas d’urgence avant transformation complète. ESSAI EB14 – COBAYE N°962 »

-O- « Putain il fallait que ça tombe sur moi ça hein ! Un truc expérimental, comme tous ces mordeurs qui se sont brusquement arrêtés dès l’ouverture de cette putain de boîte au poste de police…Ch’comprends plus rien à tout ça…j’n’en peux plus, ch’fatigue sévère »

A l’aide de deux doigts, Stender déclipsa la seringue de son empreinte et la porta aussitôt devant son visage pour observer son contenu.

-O- « Oh la vache…la couleur du liquide m’inspire pas confiance… »

<ô> « Niiiiiargh…iiiiiyaaaarrrrghiiiigrrr… »

-O- « Ferme-la !! Sale mioche !...J’vais m’asseoir deux secondes c’est mieux, ça va m’aider à réfléchir…fait longtemps qu’j’m’étais pas assis sur une Rocking-chair »

Stender se pose calmement au creux de la Rocking-chair tout en observant la progression du mordeur-né, celui-ci n’était plus si loin que ça, il avait bien progressé malgré son incapacité à se déplacer.
Il posa la hache contre le siège de la Rockin-Chair et commença a se balancer, le grincement du bois rythmé apaisait Stender au point qu’il ferma les yeux quelques secondes.

-O- « ça fait tellement longtemps que je ne me suis pas apaisé comme ça, j’me laisserai bien tenter par une p’tite sieste bien mérité… »

Stender apaisé, se laissa emporté,
Par le courant coloré, des songes édulcorés,
Malgré cette tranquillité, sentait une chose s’agripper,
A son pantalon usé, l’empêchant d’avancer.

Secouant continuellement, la jambe et son pied,
Stender consterné, se retourna énervé,
Stupéfait par la présence, d’un visage familier,
Son ancienne dulcinée, pleurant à ses pieds.

Ecoeuré par cette présence, Stender s’en débarrasse,
Mais elle revient avec insistance, en pleurs plus coriaces,
Un détail malgré tout, trompait à l’œil nu,
Un bras atrophié, choquai par ses pues.

Stender comprit alors, qu’on usurpait son ex,
Qu’en fait ce déconfort, venait de l’autre espèce,
Le mordeur-né, tout craché,
Croquai son pied, en toute impunité.

Le réveil fut brusque, mais finalement sans danger, car le mordeur-né mordillait sans dents la semelle esquintée. Stender assis confortablement, se pencha pour observer avec quelle détermination un mordeur-né, pouvait avoir déjà cette soif de mordre.
Ayant suffisamment conclu au bout de quelques secondes que l’état de cet être n’aurait plus aucune alternative d’un retour à la normale, Stender se leva exténué par cet acharnement, se contracta d’une force épuisée, et d’une détente insoupçonnée, balança la jambe où était accroché l’être vers l’avant. Arrivé à un certain angle d’arc de cercle dans le balancement de la jambe, Stender stoppa net l’élan.

Le mordeur-né, non contrarié par cette gymnastique, se décrocha de sa prise malgré sa volonté d’y rester, et par la force de cette projection se vit s’éloigner de sa proie. La sensation d’éloignement fut de courte durée, car très vite il s’est encastré, dans le mur ciblé.
Sans mal il s’y est adapté comme un tableau prédestiné. La chute fut rude, sur cette pente verticale, car le crâne de son poids, entraina le corps mortifié pour s’écraser au sol en éparpillant cervelle et boyaux. Avec certitude cette fois-ci, le mordeur-né avait bien trépassé.
Ecoeuré par cette scène, Stender se senti étonnamment mal à l’aise, quand s’en suivi une remontée gastrique lui brûlant le gosier suivant le circuit normal et expulsa une marée suc gastrique dessinant au sol une forme aléatoire.

-O- « Putain ça m’a arraché le gosier, ma tête tourne, c’est surement à cause du peu de nourriture que j’ai réussi à ingurgiter depuis le début de ce foutu séjour…c’est quoi ce vacarme…on dirai bien que ça gronde dehors…et c’est sûrement pas un orage…j’en ai marre de ce merdier, ça recommence…j’vais m’rassoir, j’vais m’poser là. Et j’crois bien, comme qi dirait, le bon moment pour les expériences douteuses »

Stender s’assied de nouveau sur la Rocking Chair et se balança tout en décrochant la seringue de la boîte, quand Stender aperçu sous celle-ci, jaunie par le temps, un petit papier soigneusement plié s’y trouvai.
Stender le saisi délicatement et le déplia avec minutie car non seulement les plis commençaient à se déchirer, mais en plus l’écriture était quasi illisible. Une fois entièrement déplié, Stender commença à lire ce qu’il pouvait déchiffrer :

Le jour viendra où il faudra tout abandonner. Ce jour là il n’y aura qu’un seul remède…moi même et…au bout du…un autre jour où…


-O- «  Le reste est illisible, mais y’a pas besoin de plus. Putain…si j’avais su que j’allais finir comme ça, j’n’aurais pas pris ces foutus congés !! »

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