mercredi 11 octobre 2017

L'ODEUR DU SANG (22/30)

Le soleil a fini par se lever et le sentier devint plus clair. Non loin de là à deux minutes près, une vieille cabane surplombait une colline.

- « CLINNnnn » -

-O- « Bah voilà la dernière minute, 60 secondes où je ne sais quel genre d’événement va se manifester. Ils vont p’têtre tous se réveiller et je vais être de nouveau confronté à tout ce merdier. Où alors une chose encore plus étrange que celui-ci surviendra ?! » Rumina Stender.

Il leva la tête quelques secondes en direction de la colline et fut étonné d’apercevoir cette vieille cabane isolée du reste. Puis il baissa la tête sans intérêt, continuant le sentier qui lui était proposé…et quelques bons mètres après, Stender stoppa net, sorti les clés de la cabane qu’il avait loué soit disant pour un séjour paisible et l’observa quelques secondes.

Sur le porte clé en cuir vachette noir était collé un écusson rond en tissu rouge symbolisant une île cousu avec du fil doré. Il y était inscrit sur le pourtour « Agazdir Station » et au dos son nom et prénom inscrits sur une étiquette à la va vite.

-O- « Et pourquoi pas cette vieille cabane ?! » ruminai Stender en manipulant nerveusement la clé et en faisant des demi-tours sur lui-même en pensant que les dernières secondes étaient proches.

Finalement il fit demi-tour en direction de celle-ci, convaincu que cette antiquité était son dernier refuge.

- «  CLINNnnn ! » -

-O- « Putain ! Putain ! et merde ! C’est terminé, plus de temps qui doit s’écrouler de cette misérable boîte ! » Pensa t-il à voix haute en ayant déjà gravit la moitié du chemin.

- « CLINNnnn ! CLINNnnn ! CLINNnnn ! » -

-O- « Quoi ?! Mais ?! ça signifie quoi exactement putain mais ça s’arrête jamais ce merdier ! J’ai l’impression que la boîte bouge à l’intérieur du sac…Pas l’temps d’mater ! j’dois coûte que coûte atteindre cette p’tain d’cabane ou je sens que quelque chose de pas très saint va m’arriver » pensa t-il en rebroussant chemin aussi vite qu’il le pouvait.

Une fois le croisement atteint, Stender commença à grimper la colline. Une bonne cinquantaine de mètres les séparaient, mais la volonté de se barricader lui faisait oublier la douleur à l’épaule qui le lançai à chaque mauvais mouvements du bras.
Comme il pouvait le prévoir, des grognements aux alentours étaient devenus perceptibles et l’envie de se réfugier agrémentait son instinct de survie.

Les grognements s’intensifiaient, mais Stender ne remarquai rien aux alentours. Et plus il se rapprochait de la porte et plus le son était fort. Sans aucun doute, il y en avait à l’intérieur, pas un nombre important d’après le bruit, mais Stender veux être sûr du nombre exacte. Alors, même avec le grand danger qu’il courait en restant à l’extérieur, Stender prit le risque de faire le tour de cette cabane.
Les fenêtres étaient barricadées par des planches clouées de l’intérieur, mais certaines étaient suffisamment espacées entre elles pour entrevoir ce qui pouvait se dérouler à l’intérieur.
Stender regarde rapidement derrière lui par précaution et comme il ne vit aucun danger, il plaque un œil sur la vitre d’une fenêtre encore intacte et essaya d’entrevoir au travers de l’interstice de deux planches qui se chevauchaient.

Dans un léger flou, Stender aperçu deux silhouettes dans le fond de la pièce, celle-ci était vraisemblablement le salon. Apparemment ces deux silhouettes n’évoluaient pas dans cette pièce, ils étaient comme endormis fixant le sol et se balançant légèrement de droite à gauche et grognant chroniquement. Mais Stender veut y croire, alors dans une inconscience de dernier espoir, il plaqua sa main fortement sur la vitre pour qu’il soit entendu par les deux résidents.
Un bruit sourd résonna tout de même dans la pièce, mais rien, aucune réaction des deux silhouettes.

-O- «  Même pas un, pour dire à l’autre qu’il y a quelqu’un dehors qui galère ?! Je suis sûr qu’ils m’ont vu, mais qu’ils ne veulent pas se mouiller ou se faire mordre. J’suis sûr qu’ils croient que je suis un mordeur…j’vais essayer la porte, ça devrai s’agiter un peu plus à l’intérieur normalement »

Stender se dirigea de nouveau vers la porte d’entrée…

-O- « Putain !mais qu’est ce qu’il m’arrive…j’ai un de ces mal à marcher d’un seul coup là…besoin de sommeil c’est ça…ça fait trop longtemps que je n’ai pas fermé l’œil…j’suis épuisé…j’m’installerai dans cette foutue cabane et m’imposerai un roupillon. Ils diront rien quand ils verront que j’ne suis pas un mordeur… »

Quand Stender arriva devant la porte, il saisi la poignée et la tourna à fond dans les deux sens, mais la porte était verrouillée.

-O- « Pas étonnant » se dit Stender en approchant sa clé de la serrure.

Quand celle-ci entra en contact avec la serrure, elle pénétra à l’intérieur de la fente de silencieux cliquetis.

-O- « P’tain…c’est la bonne clé bordel de merde… »

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