jeudi 2 avril 2015

L'ODEUR DU SANG (5/30)



Tempête du soir cauchemar, t’embête la bête noir, trop tard,
De son dard virulent, s’entête à te mettre dans le vent,
Ais le dernier mot, sur ta destination,
Hais ce qu’elle t’impose, et traverse le pont.

Vraiment il faut être complètement taré pour vouloir s’aventurer sur cette construction en pleine effervescence. Mais est-ce que j’ai vraiment le choix…

- « BLAM ! BLAM ! » -

Putain mais c’est quoi ça, bordel de chiotte, mais y a trois de ces malades collés à la lunette arrière, et d’autres qui arrivent sur les côtés, bah il semblerai que t’ais plus le choix bonhomme, va falloir te donner à fond dans s’te traversée, parce que ces furieux y vont pas te pardonner d’avoir explosé la tronche de leur pote.

Première vitesse enclenchée, coup d’rein dans l’accélérateur pour faire vibrer le moteur et se donner du courage. Prie qui tu peux ou ce que tu peux, mais lâche l’embrayage, parce qu’il faut y aller là mon p’tit gars.

- « BLAM ! Cliiiiing Crash ! » -

Purée ils ont réussis à briser la lunette arrière, ils essaient de pénétrer dans la bagnole, mais lâche l’embrayage bordel ou tu vas te faire bouffer.

- « IIIIiiiiiiii… » -

Bonne caisse…je te promet un hommage pour ta bravoure si on s’en sort. Le pont se rapproche grandement de mes craintes, le peu de mètres qui nous sépares, libère en moi un instant de pudeur sur des larmes qui ne sont jamais tombée lors du récent l’enterrement de mon père.
Les roues viennent de mordre la première planche du pont. Mon entrée en scène fait effet de contre poids dans le balancement. Ce qui facilite du coup le parcours des premiers mètres. Mais cela n’empêche pas ma tête de suivre le rythme des chocs et de n’apercevoir des dangers qu’au dernier moment.

Me voilà victorieux d’être à mi-chemin, le temps de regarder dans le rétro intérieur et de m’apercevoir que mes poursuivants ce sont eux aussi engagés dans cette tumultueuse escapade foraine. J’ai à peine le temps de fixer mon regard devant moi, qu’un éclair vient s’abattre sur le pont.

Oh la vache l’enfoiré, il m’a ébloui, obligé de mettre mon avant bras devant les yeux, oooooh chiotte j’vais m’planter, faut pas que la taule entre en contacte avec les armatures du pont sinon chui bon pour la grillade.
A la vache c’est trop juste, j’vais crever c’est sûr

-O-  « OH LA VAAACHE, les autres tarés sur le pont, y sont entrain de griller »

La route, la route, fixe la route, lâche pas l’morceau, ça va l’faire, encore un bon cinq mètres, t’y es presque…

-O-  « iiiiiiiyahaaaaaa, BORDEL DE MERDE J’Y SUIS ARRIVE, non mais le truc de malade, où sont les caméras ? Non arrêtez ! Je vous en prie, trop de flashs, il n’y a pas de quoi en faire la une des journaux… MERDE ! Freine ! Freine ! »

- « IIIIiiiiiii » -

-O-  « BORDEL DE MERDE ! j’ai faillis crever là, c’est sûre j’étais à deux lattes de bois d’y passer en m’explosant sur ce putain de rocher devant moi alors que je viens d’accomplir un exploit »

Mate ça derrière vieux, v’là la flambée au loin, on dirai qu’elle a drôlement augmentée depuis toute à l’heure…je rêve…j’en crois pas mes yeux…des câbles viennent de lâchés, on les vois bien jouer du fouet enflammé et cravacher ces torches ambulantes et même en trancher quelques unes, des têtes décapitées qui s’envolent, des bras et j’en passe.

Je me retrouve spectateur de mon futur emprisonnement, car les câbles lâchent les uns après les autres, non pas parce qu’ils se consumes, mais parce qu’une masse grandissante de ces bêtes est entrain de se former et le pont commence à céder sous le poids de ce gigantesque feu de Saint Jean.

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