Tempête
du soir cauchemar, t’embête la bête noir, trop tard,
De
son dard virulent, s’entête à te mettre dans le vent,
Ais
le dernier mot, sur ta destination,
Hais
ce qu’elle t’impose, et traverse le pont.
Vraiment
il faut être complètement taré pour vouloir s’aventurer sur cette construction
en pleine effervescence. Mais est-ce que j’ai vraiment le choix…
-
« BLAM ! BLAM ! » -
Putain
mais c’est quoi ça, bordel de chiotte, mais y a trois de ces malades collés à
la lunette arrière, et d’autres qui arrivent sur les côtés, bah il semblerai
que t’ais plus le choix bonhomme, va falloir te donner à fond dans s’te
traversée, parce que ces furieux y vont pas te pardonner d’avoir explosé la
tronche de leur pote.
Première
vitesse enclenchée, coup d’rein dans l’accélérateur pour faire vibrer le moteur
et se donner du courage. Prie qui tu peux ou ce que tu peux, mais lâche
l’embrayage, parce qu’il faut y aller là mon p’tit gars.
-
« BLAM ! Cliiiiing Crash ! » -
Purée
ils ont réussis à briser la lunette arrière, ils essaient de pénétrer dans la
bagnole, mais lâche l’embrayage bordel ou tu vas te faire bouffer.
-
« IIIIiiiiiiii… » -
Bonne
caisse…je te promet un hommage pour ta bravoure si on s’en sort. Le pont se
rapproche grandement de mes craintes, le peu de mètres qui nous sépares, libère
en moi un instant de pudeur sur des larmes qui ne sont jamais tombée lors du
récent l’enterrement de mon père.
Les
roues viennent de mordre la première planche du pont. Mon entrée en scène fait
effet de contre poids dans le balancement. Ce qui facilite du coup le parcours
des premiers mètres. Mais cela n’empêche pas ma tête de suivre le rythme des
chocs et de n’apercevoir des dangers qu’au dernier moment.
Me
voilà victorieux d’être à mi-chemin, le temps de regarder dans le rétro
intérieur et de m’apercevoir que mes poursuivants ce sont eux aussi engagés
dans cette tumultueuse escapade foraine. J’ai à peine le temps de fixer mon
regard devant moi, qu’un éclair vient s’abattre sur le pont.
Oh
la vache l’enfoiré, il m’a ébloui, obligé de mettre mon avant bras devant les
yeux, oooooh chiotte j’vais m’planter, faut pas que la taule entre en contacte
avec les armatures du pont sinon chui bon pour la grillade.
A la
vache c’est trop juste, j’vais crever c’est sûr
-O-
« OH LA VAAACHE, les autres tarés sur le pont, y sont entrain de
griller »
La
route, la route, fixe la route, lâche pas l’morceau, ça va l’faire, encore un
bon cinq mètres, t’y es presque…
-O-
« iiiiiiiyahaaaaaa, BORDEL DE MERDE J’Y SUIS ARRIVE, non mais le
truc de malade, où sont les caméras ? Non arrêtez ! Je vous en prie,
trop de flashs, il n’y a pas de quoi en faire la une des journaux… MERDE !
Freine ! Freine ! »
-
« IIIIiiiiiii » -
-O-
« BORDEL DE MERDE ! j’ai faillis crever là, c’est sûre j’étais
à deux lattes de bois d’y passer en m’explosant sur ce putain de rocher devant
moi alors que je viens d’accomplir un exploit »
Mate
ça derrière vieux, v’là la flambée au loin, on dirai qu’elle a drôlement
augmentée depuis toute à l’heure…je rêve…j’en crois pas mes yeux…des câbles
viennent de lâchés, on les vois bien jouer du fouet enflammé et cravacher ces
torches ambulantes et même en trancher quelques unes, des têtes décapitées qui
s’envolent, des bras et j’en passe.
Je
me retrouve spectateur de mon futur emprisonnement, car les câbles lâchent les
uns après les autres, non pas parce qu’ils se consumes, mais parce qu’une masse
grandissante de ces bêtes est entrain de se former et le pont commence à céder
sous le poids de ce gigantesque feu de Saint Jean.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
:: Laissez des traces ::