mardi 24 mars 2015

L'ODEUR DU SANG (4/30)


­Excusez la gène qui va être occasionnée chers demeurés, mais je me vois dans l’obligation de reprendre mes attributs par la force.
Le bâton bien en main, la lampe torche braquée sur mes réfractaires, et en avant pour le premier jet, le bras droit en arrière dans le prolongement de l’épaule gauche pour un bon élan et BLAM.

-O-  « Ouuuuh…ça castagne dur là ! hein ! Fais moins l’malin le portier de service, c’est dingue comment ta tronche vient d’s’envoler en éclats, en plus de ça t’as dégueulassé mon pare-brise, excuses mais j’me vois dans l’obligation de te péter la rotule et… »

- «  Ssssskraaach ! » -

Il sent queudale ce con, il est à moitié défoncé parterre et continu à vouloir se relever, c’est quand même costaud cette saloperie. C’est pas le moment de trainer, grimpe, grimpe, pas d’temps à perdre, voilà qui est fait, la portière, la portière… je ferme la portière, la portière ne se ferme pas, fait chier elle est pratiquement fermée, boooordel de merde, cet abruti a coincé son bras au bas d’la porte, dégage-le, dégage-le.

« TACLE ! » -

-O-  « Ooooorh putain le chien galeux, il m’a chopé la jambe… Dégaaage pourriture ! »

La boite à gants vite, la boite à gants, j’trouves pas la poignée, la poignée, voilà ça y est, un couteau ou quelque chose de tranchant, mais non n’importe quoi, mon pied droit, un bon coup de pied direct sur son bras ça va l’dégager. Aller, te loupe pas, qu’il t’attrape pas le pied avec sa gueule et…

- « CHhhtlak ! Chtlak ! Chtlak ! » -

X « Niiiiiargh ! nnnnnniiiarrrrrAAARRRGGHHH ! »

-O-  « Voilàààà, bien dégagé le sac à merde, il a bien mangé ma semelle hein ! »

- « BLAM ! Blam ! Blam ! » -

Bordel de merde, un autre de ces dégénérés vient de se coller au carreau de la porte de droite, faut qu’j’me magne le train…

-O- « Tient ! Prends ça, sac à merde ! »

- « CHHHhhTlaK ! » -

C’est bon, c’est bon… c’est bon j’l’ai dégagé ce trou du cul « Haha ! ». Portière fermée. Heureusement que je n’avais pas arrêté le moteur, j’enclenche la marche arrière, j’accélère à mort, putain ça patine bordel, ça patine, allez, allez… allez recuuuule bordel, ça accroche on dirai, ça accroche, ça accroche drôlement bien même. Comme si l’autre gueule de pas net, avait élaboré un plan d’attaque sous la roue de ma caisse. Bah…j’dois avouer qu’il me convient son plan.

Aller, et à la revoyure bande d’ingrats, freine, freine, marche avant bordel, enclenche la marche avant, accélère pied dedans, oh la vache ça r’patine, merde, merde. C’est bon ça prend, oh la vache j’vais lui exploser la tronche avec mon pare-choc, ooooohhhh purée y’en a plein le pare-brise, heureusement qu’il flotte et qu’avec les essuies glaces ça dégage les plus gros morceaux. T’arrêtes plus maintenant parce que c’est trop le bordel dans c’te bled.


Route sinueuse et climat ostentatoire. Le parcours est resté sans peine jusqu’à me retrouver devant le pont qui me donnai accès à la presqu’île où je devais crécher. Il n’y avait qu’à le regarder deux secondes pour s’apercevoir que celui-ci tanguait de droite à gauche et vice-versa, à cause du vent violent qui soufflait dessus. Ce n’était pas sans risques, mais je relativisais par rapport à ce que je venais de vivre.

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