jeudi 5 mars 2015

L'ODEUR DU SANG (2/30)


Peiné d’être devenu un meurtrier à mes heures perdues dans une jungle hostile et de devoir secourir un être invisible, c’est peine perdue. Je continu à avancer le long de la route balançant de droite à gauche le faisceau de ma torche, mais rien. Alors je décide à regret de retourner à mon véhicule quand dans la trajectoire du faisceau du demi-tour sur moi-même, une ombre humaine se dessina sur la carrosserie  du 4X4. D’un bond en arrière non maitrisée je perdis l’équilibre pour finalement me vautrer dans la mélasse. J’essayais tant bien que mal de me relever en visant la torche en direction de mon véhicule, mais plus aucunes ombre s’apparentant à un humain ne réapparu. Quand par surprise le bruit d’une éclaboussure m’interpella sur ma gauche…Quelle horreur…A quelques mètres de moi, un être d’aspect humain méconnaissable se tenait genoux à terre.
Il m’observait avec un regard vide et moi d’un regard terrifié, je ne savais plus quel mouvement employer, à part aller à reculons sur quatre pattes et m’enfoncer dans cette mouise, je n’avais plus d’autres solutions, quand, sans prévenir, mon bras en appui s’enfonça rapidement et profondément dans cette boue…prit au piège.
Je l’entend grogner, et rien qu’un instant je me suis cru dans un mauvais zombie movie. Parce-que mine de rien, il avait mauvaise mine et s’il n’avançai pas vers moi c’est parce qu’il était lui même prit dans la boue.

X « Niarrrrgh…Aaarrrgh… »

Vraiment là je crois qu’il n’y avait plus de doutes à avoir, le gars était pas net. Les mots qu’il alignait n’avaient de cohérences que pour ceux de son espèce.
Vraiment il fallait que je me dégage rapidement pour ensuite me barrer d’ici en quatrième vitesse avec ma bagnole et rejoindre le cottage que j’ai loué. Tant pis pour la B.A. du jour, trop risqué de vérifier s’il valait le coup d’être sauvé. Il faudrait juste que je puisse me dégager de cette épaisse substance qui me cimente le bras.
J’ai une idée, je n’ai qu’à essayer de rouler sur le côté et ainsi me retrouver sur le ventre et tirer comme un malade sur mon bras en me positionnant sur le flanc tout en sachant que pendant ce temps là je n’aurais aucun visu sur l’autre taré…
A 3, 2, 1 et hop ! Facile, me voilà sur le ventre, il ne me reste plus qu’à dégager mon bras. Je suis à la limite de me déboiter l’épaule, mais je n’ai pas le choix si je veux me sortir de ce pétrin.

-O- «  mmmh…Niargh !! Bordel de merde, ça fait un de ces mal de chiens !! »

X « Huummm…Waaaaargh !! WAAAARRRGH !! »

Oh merde, merde, merde, j’suis foutu, là je suis bien repéré cette fois. Y’a des chances pour qu’il me considère comme son repas…Oh mais j’suis entrain de dire des conneries, c’est pas possible c’est quand même pas un mort vivant, c’est un malade sortit de l’asile, c’est tout, c’est pas autre chose…au pire il m’étrangle jusqu’à mourir, soit il me plante avec une lame de boucher…encore un effort, je dois rapidement dégager mon bras.

-O- «  Nnmmmiiiiiaaah, nnnnniiiiiichaaaaarrrggghh, bon sang j’ai réussi…il est où l’autre furieux, hein ! J’t’ai bien niqué espèce de sac à viande, hein ! »

X « Wargh…Wargh…Wargh »

Merde, il a réussit a se dégager lui aussi, il avance pas vite mais il avance quand même. Aller on se lève rapidement…et voilà…reste plus qu’à piquer un sprint jusqu’à la bagnole.

X « Wargh…Waaaaaaaaargh…WAAAAAaaargh »

Mais quelle merde, je ne peux plus courir jusqu’à ma porte…un de ses potes l’a rejoint et commence à longer le côté gauche du 4X4.

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