mardi 24 février 2015

L'ODEUR DU SANG (1/30)



Sinistre ambiance sur les hauteurs du mont Izandra, pourtant la végétation est dense dans cette partie du pays, d’autant plus qu’au centre même de ce territoire des fêtes étaient données une fois par mois. Mais aujourd’hui c’est une ambiance de merde sur les hauteurs du mont Izandra, et ma cabane isolée est entourée d’âmes en peine.

Le territoire d’Apalampa semble être de par son nom un grand territoire, mais il n’est qu’une île isolée, elle aussi, du reste du monde.
Les murs de ma cabane en bois font un boucan infernale. Ces poings tambourinant sans discontinuer sur les planches, porte à croire que je suis cerné et que ma fuite de ce lieu semble compromise.

Je me suis installé au beau milieu de l’unique pièce, assis sur ma chaise à bascule, la tête calée contre un repose tête, je me balançai en tenant la seule arme disponible en ces lieux, une hache, posée sur mes cuisses en chantonnant l’air de la dernière télé réalité émise avant que je vienne m’isoler ici.

Le jour régnait en maître sur ces hauteurs, mais vu les évènements, je me suis barricadé de planches clouées aux endroits susceptibles d’invasions. Autant dire que l’ambiance climatique n’existait plus ici.

J’avais décidé de m’isoler ici le temps que la pression retombe au sein de mon couple, mais finalement cet endroit n’a d’isolement que dans le résumé de la brochure que l’on m’a vanté dans cette agence de voyage low cost.

Rien que pour obtenir la clé d’entrée de la cabane, j’ai dû dépenser des litres d’essence pour aller la chercher de l’aéroport à l’agence implantée sur les lieux. Quasiment deux heures de route sinueuse dans un 4x4 de location, heureusement comprise dans le séjour. En arrivant à l’agence, l’accueil n’était pas comprit dans le prix, car en plus de n’y avoir rencontré personne il s’est mit à pleuvoir des cordes. Mais par chance, l’agence était encore ouverte, je suis resté un bon quart d’heure à sonner pour que quelqu’un me serve, mais rien. Du coup, je suis passé de l’autre côté du comptoir pour récupérer moi-même les clés et par la même occasion signer le bordereaux de réception…par principe.

Une fois les clés récupérées, je repassais la porte de l’agence et fut surpris par le changement de climat…la nuit commençait à tomber et un orage au loin se préparait. Je passais le pas de la porte quand un éclair non loin de l’île où je devais passer mon séjour vint éclairer le ciel noir que je devais à présent traverser.

Je pris les clés de mon véhicule dans la poche de mon pantalon, mais dans la précipitation elles me glissèrent des mains et atterrirent sur le sol boueux. Je les ai retrouvé sans mal et me suis ressaisit pour me concentrer sur l’ouverture de ce foutu 4x4, quand à ce moment précis un courant d’air glacial me refroidit entièrement le corps. Je ne fit plus un geste…j’étais terrorisé, croyant tout à coup à tout ce qui se disait sur les fantômes et leurs façon de se manifester.

Un sifflement émit par la manifestation suivie se courant d’air et me fit totalement paniquer ; je réussis tout de même à introduire la clé dans la serrure de la porte et la tourna pour enfin l’ouvrir. Je pénétrai à l’intérieur du véhicule, introduisit cette même clé dans la serrure du barillet de mise en route et fit un quart de tour à la clé pour démarrer l’engin. Le 4x4 ne se fit pas capricieux et démarra au quart de tour c’est le cas de le dire. Avant d’enclencher la vitesse, je lançais un regard en direction de l’île où je devais séjourner…le ciel, toujours avec la même colère est en adéquation avec ce que je venais de vivre à l’instant, tout me donnai à penser que ce séjour allait être mémorable.

La vitesse enclenchée, je débraillait et accéléra comme un chauffard regardant à peine ce qui se passait sur la route. Une chose est sûre, c’est qu’il ne fallait pas que quelqu’un ou quelque chose se trouve sur mon chemin à ce moment là…pourtant c’est ce qui arriva, au dernier moment mon regard s’est porté sur la gauche, je mis un coup de volant à droite pour éviter au maximum l’obstacle, mais celui-ci vint percuter l’aile avant et emporta à l’impact le rétroviseur. J’appuyai comme un taré sur la pédale de frein, j’ai manqué de peu dans la trajectoire imposée par les roues bloquées, de percuter un arbre aussi large que mon véhicule. Une fois à l’arrêt j’essayais de reprendre mes esprits, chose qui m’était difficile puisque la pluie torrentielle qui s’écrasait sur le pare-brise me stressai en continu. Je décidai finalement d’ouvrir ma portière et de descendre du véhicule en me protégeant la tête avec une bâche de tente qui se trouvait à l’arrière du véhicule.

En sortant du véhicule je mis un premier pied au sol qui s’enfonça aussitôt dans la boue d’un nid de poule rempli d’eau de pluie causé par le freinage. Pied gauche dedans, je ne sais pas si dans ce cas là ça porte bonheur mais en tout cas il était bien trempé. Je sortis enfin de mon véhicule avec quelques appréhensions sur ce que j’allais rencontrer, je pris une lampe torche qui était située dans un rangement au-dessus du côté conducteur et l’alluma.


A première vue, rien ne laisse suspecter dans l’halo de la torche qu’un corps est allongé sur cette route boueuse. Pourtant je l’ai bien percuté, peut-être un animal sauvage, il s’est surement relevé et réfugié dans la forêt…Je ne vois rien bordel, j’essai de me persuader que c’est un animal, mais je sais bien au fond de moi que c’était bel et bien un humain.

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