Sinistre
ambiance sur les hauteurs du mont Izandra, pourtant la végétation est dense
dans cette partie du pays, d’autant plus qu’au centre même de ce territoire des
fêtes étaient données une fois par mois. Mais aujourd’hui c’est une ambiance de
merde sur les hauteurs du mont Izandra, et ma cabane isolée est entourée d’âmes
en peine.
Le
territoire d’Apalampa semble être de par son nom un grand territoire, mais il
n’est qu’une île isolée, elle aussi, du reste du monde.
Les
murs de ma cabane en bois font un boucan infernale. Ces poings tambourinant
sans discontinuer sur les planches, porte à croire que je suis cerné et que ma fuite
de ce lieu semble compromise.
Je
me suis installé au beau milieu de l’unique pièce, assis sur ma chaise à
bascule, la tête calée contre un repose tête, je me balançai en tenant la seule
arme disponible en ces lieux, une hache, posée sur mes cuisses en chantonnant
l’air de la dernière télé réalité émise avant que je vienne m’isoler ici.
Le
jour régnait en maître sur ces hauteurs, mais vu les évènements, je me suis
barricadé de planches clouées aux endroits susceptibles d’invasions. Autant
dire que l’ambiance climatique n’existait plus ici.
J’avais
décidé de m’isoler ici le temps que la pression retombe au sein de mon couple,
mais finalement cet endroit n’a d’isolement que dans le résumé de la brochure
que l’on m’a vanté dans cette agence de voyage low cost.
Rien
que pour obtenir la clé d’entrée de la cabane, j’ai dû dépenser des litres d’essence
pour aller la chercher de l’aéroport à l’agence implantée sur les lieux.
Quasiment deux heures de route sinueuse dans un 4x4 de location, heureusement
comprise dans le séjour. En arrivant à l’agence, l’accueil n’était pas comprit
dans le prix, car en plus de n’y avoir rencontré personne il s’est mit à
pleuvoir des cordes. Mais par chance, l’agence était encore ouverte, je suis
resté un bon quart d’heure à sonner pour que quelqu’un me serve, mais rien. Du
coup, je suis passé de l’autre côté du comptoir pour récupérer moi-même les clés
et par la même occasion signer le bordereaux de réception…par principe.
Une
fois les clés récupérées, je repassais la porte de l’agence et fut surpris par
le changement de climat…la nuit commençait à tomber et un orage au loin se
préparait. Je passais le pas de la porte quand un éclair non loin de l’île où
je devais passer mon séjour vint éclairer le ciel noir que je devais à présent
traverser.
Je
pris les clés de mon véhicule dans la poche de mon pantalon, mais dans la
précipitation elles me glissèrent des mains et atterrirent sur le sol boueux.
Je les ai retrouvé sans mal et me suis ressaisit pour me concentrer sur
l’ouverture de ce foutu 4x4, quand à ce moment précis un courant d’air glacial
me refroidit entièrement le corps. Je ne fit plus un geste…j’étais terrorisé,
croyant tout à coup à tout ce qui se disait sur les fantômes et leurs façon de
se manifester.
Un
sifflement émit par la manifestation suivie se courant d’air et me fit
totalement paniquer ; je réussis tout de même à introduire la clé dans la
serrure de la porte et la tourna pour enfin l’ouvrir. Je pénétrai à l’intérieur
du véhicule, introduisit cette même clé dans la serrure du barillet de mise en
route et fit un quart de tour à la clé pour démarrer l’engin. Le 4x4 ne se fit
pas capricieux et démarra au quart de tour c’est le cas de le dire. Avant
d’enclencher la vitesse, je lançais un regard en direction de l’île où je
devais séjourner…le ciel, toujours avec la même colère est en adéquation avec
ce que je venais de vivre à l’instant, tout me donnai à penser que ce séjour
allait être mémorable.
La
vitesse enclenchée, je débraillait et accéléra comme un chauffard regardant à
peine ce qui se passait sur la route. Une chose est sûre, c’est qu’il ne
fallait pas que quelqu’un ou quelque chose se trouve sur mon chemin à ce moment
là…pourtant c’est ce qui arriva, au dernier moment mon regard s’est porté sur
la gauche, je mis un coup de volant à droite pour éviter au maximum l’obstacle,
mais celui-ci vint percuter l’aile avant et emporta à l’impact le rétroviseur. J’appuyai
comme un taré sur la pédale de frein, j’ai manqué de peu dans la trajectoire
imposée par les roues bloquées, de percuter un arbre aussi large que mon
véhicule. Une fois à l’arrêt j’essayais de reprendre mes esprits, chose qui
m’était difficile puisque la pluie torrentielle qui s’écrasait sur le
pare-brise me stressai en continu. Je décidai finalement d’ouvrir ma portière
et de descendre du véhicule en me protégeant la tête avec une bâche de tente
qui se trouvait à l’arrière du véhicule.
En
sortant du véhicule je mis un premier pied au sol qui s’enfonça aussitôt dans
la boue d’un nid de poule rempli d’eau de pluie causé par le freinage. Pied
gauche dedans, je ne sais pas si dans ce cas là ça porte bonheur mais en tout
cas il était bien trempé. Je sortis enfin de mon véhicule avec quelques appréhensions
sur ce que j’allais rencontrer, je pris une lampe torche qui était située dans
un rangement au-dessus du côté conducteur et l’alluma.
A première
vue, rien ne laisse suspecter dans l’halo de la torche qu’un corps est allongé
sur cette route boueuse. Pourtant je l’ai bien percuté, peut-être un animal
sauvage, il s’est surement relevé et réfugié dans la forêt…Je ne vois rien
bordel, j’essai de me persuader que c’est un animal, mais je sais bien au fond
de moi que c’était bel et bien un humain.

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