mardi 17 mars 2015

L'ODEUR DU SANG (3/30)


J’ai toujours su que je n’étais pas fait pour les randonnées nocturnes. Mais là franchement, c’est de l’extrême, et même pas stipulé sur le prospectus vantant le séjour sur cette île. Si je contourne la voiture par le côté droit je risque de tomber sur l’un d’eux, parce que même avec la torche, en éclairant la forêt, celle-ci est tellement dense que le faisceau y pénètre à peine.

Dernier choix possible, passer par le coffre, en espérant que celui-ci ne soit pas verrouillé. Si jamais c’est le cas, je ne vois pas d’autres solution que de me mettre à marcher rapidement en continuant la route. Je ne suis qu’à deux jeux de jambes pour atteindre celui-ci. Mon pote le défiguré, avance lentement à quatre pattes, par contre, son pote qui est encore collé à ma caisse est sur le point, pour ma plus grande satisfaction, de se rapprocher du nid de poule dans lequel je m’étais fait piégé en sortant de mon véhicule.

Et Bam ! ça n’a pas loupé, le pied en plein dedans, c’est le moment, pas de temps à perdre je dois grimper dans le coffre.

-O- « Alors ! Bande de crevards, on dirait bien que ce n’est pas votre jour de vaine. Je suis obligé de vous laissez là, chui vraiment confus de devoir partir comme ça… »

Mais c’est pas vrai…le coffre est verrouillé…aller insiste encore en peu, il s’est probablement bloqué à cause du freinage brutale…c’est la merde, la merde, la merde… Au moins y’en a un qui est coincé, mais le quadrupède se rapproche dangereusement de moi.

-O- « Dégagez ! Bande de sac à merde ! »

Putain, un peu de courage Stender…tient ! Ce bâton fera très bien l’affaire, et je ne vais sûrement pas m’aventurer sur la route sans bagnole parce-que là c’est certain je vais en rencontrer d’autres de cette graine. Faut te faire à l’idée que tes agresseurs ont la gueule de l’emploi, c’est bien de gros tarés malades qui veulent te bouffer. Aller, fais-le, personne ne t’en voudra d’avoir défiguré des mortifiés, surtout celui qui t’empêche de te barrer avec la bagnole. Y’en a pas pour long, un bon coup derrière la cuisse et ça fera l’affaire.

-O- « Hey ! L’affreux ! C’est pas que tu me gène, mais j’aimerai bien grimper dans ma caisse et justement il se trouve que t’es juste devant la porte. Alors tu m’excuseras mais tu serais bien aimable de t’en écarter pour que je puisse me casser d’ici sans avoir à te fracasser la mâchoire, tu pige mec ! »

X « Mmmmmarrrgh…Mmmmargh… »

Laisse tomber, l’échange de dialogue est un échec. Je vais être dans l’inconvenance de lui décalquer la face contre la portière et de désunir ses membres au cas où il voudrait se prendre pour un portier de service et qu’il insiste pour garer la bagnole. Le plan d’urgence est donné, parce que l’autre mal foutu, mine de rien il a bien progressé depuis tout ce temps où je lui baragouinait des sommations pour me persuader de maitriser la situation. Le seul truc de gênant dans la situation actuelle c’est que je n’ai pas encore prit le temps de pisser un coup tellement j’étais contraint de me retenir avec toute cette ambiance estivale. Alors je ne sais pas…Je ne sais pas expliquer pourquoi en ce moment précis…Je suis entrain d’uriner sur la gueule de l’autre mazot à terre et que j’ai subitement envi de dire.

-O- « T’en as plein la gueule hein ! T’aimes ça hein ! Salope ! T’aime ça que je t’urine dessus, en plus c’était une envie pressante, j’peux te dire qu’elle réchauffe bien celle-ci »

Une fois terminé mon pissing je remonte mon froc et là, je ne sais quelle énergie rageuse lui ai subitement montée au nez, mais cet affreux cirrhosé a poussé un râle étrange qu’il avait été chercher je pense, au plus profond de son foi. S’en suivi, on ne sait par quel divin jargon misanthrope, un concerto de râles soufflés à travers la forêt.


J’en conclu, comme n’importe quel ivrogne croyant que des esprits habitent le sien, que ces deux pouilleux n’étaient pas les seuls…et qu’il me fallait prendre rapidement la fuite.

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