J’ai
toujours su que je n’étais pas fait pour les randonnées nocturnes. Mais là
franchement, c’est de l’extrême, et même pas stipulé sur le prospectus vantant
le séjour sur cette île. Si je contourne la voiture par le côté droit je risque
de tomber sur l’un d’eux, parce que même avec la torche, en éclairant la forêt,
celle-ci est tellement dense que le faisceau y pénètre à peine.
Dernier
choix possible, passer par le coffre, en espérant que celui-ci ne soit pas verrouillé.
Si jamais c’est le cas, je ne vois pas d’autres solution que de me mettre à
marcher rapidement en continuant la route. Je ne suis qu’à deux jeux de jambes pour
atteindre celui-ci. Mon pote le défiguré, avance lentement à quatre pattes, par
contre, son pote qui est encore collé à ma caisse est sur le point, pour ma
plus grande satisfaction, de se rapprocher du nid de poule dans lequel je
m’étais fait piégé en sortant de mon véhicule.
Et Bam !
ça n’a pas loupé, le pied en plein dedans, c’est le moment, pas de temps à
perdre je dois grimper dans le coffre.
-O-
« Alors ! Bande de crevards, on dirait bien que ce n’est pas votre
jour de vaine. Je suis obligé de vous laissez là, chui vraiment confus de
devoir partir comme ça… »
Mais
c’est pas vrai…le coffre est verrouillé…aller insiste encore en peu, il s’est
probablement bloqué à cause du freinage brutale…c’est la merde, la merde, la
merde… Au moins y’en a un qui est coincé, mais le quadrupède se rapproche dangereusement
de moi.
-O- « Dégagez !
Bande de sac à merde ! »
Putain,
un peu de courage Stender…tient ! Ce bâton fera très bien l’affaire, et je
ne vais sûrement pas m’aventurer sur la route sans bagnole parce-que là c’est
certain je vais en rencontrer d’autres de cette graine. Faut te faire à l’idée
que tes agresseurs ont la gueule de l’emploi, c’est bien de gros tarés malades
qui veulent te bouffer. Aller, fais-le, personne ne t’en voudra d’avoir
défiguré des mortifiés, surtout celui qui t’empêche de te barrer avec la
bagnole. Y’en a pas pour long, un bon coup derrière la cuisse et ça fera
l’affaire.
-O- « Hey !
L’affreux ! C’est pas que tu me gène, mais j’aimerai bien grimper dans ma
caisse et justement il se trouve que t’es juste devant la porte. Alors tu
m’excuseras mais tu serais bien aimable de t’en écarter pour que je puisse me
casser d’ici sans avoir à te fracasser la mâchoire, tu pige mec ! »
X
« Mmmmmarrrgh…Mmmmargh… »
Laisse
tomber, l’échange de dialogue est un échec. Je vais être dans l’inconvenance de
lui décalquer la face contre la portière et de désunir ses membres au cas où il
voudrait se prendre pour un portier de service et qu’il insiste pour garer la
bagnole. Le plan d’urgence est donné, parce que l’autre mal foutu, mine de rien
il a bien progressé depuis tout ce temps où je lui baragouinait des sommations pour
me persuader de maitriser la situation. Le seul truc de gênant dans la
situation actuelle c’est que je n’ai pas encore prit le temps de pisser un coup
tellement j’étais contraint de me retenir avec toute cette ambiance estivale.
Alors je ne sais pas…Je ne sais pas expliquer pourquoi en ce moment précis…Je
suis entrain d’uriner sur la gueule de l’autre mazot à terre et que j’ai
subitement envi de dire.
-O- « T’en
as plein la gueule hein ! T’aimes ça hein ! Salope ! T’aime ça
que je t’urine dessus, en plus c’était une envie pressante, j’peux te dire
qu’elle réchauffe bien celle-ci »
Une fois
terminé mon pissing je remonte mon froc et là, je ne sais quelle énergie
rageuse lui ai subitement montée au nez, mais cet affreux cirrhosé a poussé un
râle étrange qu’il avait été chercher je pense, au plus profond de son foi.
S’en suivi, on ne sait par quel divin jargon misanthrope, un concerto de râles
soufflés à travers la forêt.
J’en
conclu, comme n’importe quel ivrogne croyant que des esprits habitent le sien,
que ces deux pouilleux n’étaient pas les seuls…et qu’il me fallait prendre
rapidement la fuite.

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