mardi 4 août 2015

L'ODEUR DU SANG (15/30)

Franchement, pas de quoi s’alarmer…
Je suis en cage, aucun risque de se faire bouffer. Par contre, aucune chance de pouvoir s’en échapper, même la ridicule fenêtre de la cellule donnant sur l’extérieur possède des barreaux.
Le flic a l’air de prendre conscience de la situation, il serait temps parce que ça grouille de mordeurs dehors.

(Ô) « Où vous êtes-vous, procuré ce talkie-walkie ?! Et ces médocs ?! D’où venez-vous bon sang ?! »

-O- « Dans le désordre, j’étais censé venir ici prendre des vacances et me reposer. Pour ce qui est du talkie-walkie et des médocs, c’est un certain Doc TIX qui me les a fournis, ainsi que le fusil. La pelle c’était accessoire, mais ça décapité pas mal. Voilà, vous savez tout m’sieur l’agent, sauveur de l’humanité qui n’a rien pigé de ce qui se tramai sur cette île de fou ! »

(Ô) « C’est BON ! On se calme le psychopathe, ce n’est pas moi qui viens de décapités du monde, hein !  Doc TIX…Je connais très bien cette personne, j’espère que vous ne le lui avez fait aucun mal, il vient ici tous les ans en camping-car avec sa femme »

-O- « Je ne lui ai fait aucun mal, je dirais même que c’est lui qui m’a séquestré à notre rencontre…Il s’est tué…pour me sauver la vie… »

(Ô) « Que dites-vous !! Vous l’avez abattu c’est ça hein ! Pour lui dérober des trucs de valeur hein ! »

-O- « Je viens de vous dire qu’il s’est tué…Pour me sauver la vie. Une horde de mordeurs s’approchaient à vive cadence du camping-car. C’est alors qu’il me proposa la fuite, mais que le moment était venu, pour lui et sa femme, de quitter ce monde, alors je suis sorti du véhicule et il balança sous un rideau un briquet Zippo qu’il venait d’allumer. Je vous laisse imaginer la suite m’sieur l’agent, le défenseur de mordeurs »

(Ô) « C’est sûrement ça qui m’a réveillé. Et arrêtez de me provoquer ! C’est quoi cet emballage suspect hein ! Qu’est-ce qu’il enveloppe ce bout de tissu !? Des stupéfiants ? Il est bien ficelé pour quelque chose de banal »

-O- « Je n’en ai aucune idée de ce qu’il enveloppe ; c’est Doc qui me l’a remit en me disant qu’il me servirai en cas de nécessité extrême »

(Ô) « Ah ouai ?! Bah on va découvrir ça de suite »

Emballage suspect, d’un tissu ficelé,
Déballage vite fait, ficelle coupée,
Le tissu déplié, dévoila alors l’objet,
Une boîte en bois doré, sertie de pièces de monnaies.

Aucune ouverture apparente, mais une citation sculptée dans le bois,
La lecture était claire, mais le sens beaucoup moins,
Elle disait « Plante dans la chair pour échapper à l’odeur du sang »,
Bien entendu des interrogations autour de cette cassette planais.

(Ô) « Bon ! Expliquez-moi comment l’ouvrir, ok ! »

-O- « Je n’sais pas ! »

(Ô) « Comment ça vous ne savez pas ! »

-O- « Je n’sais pas c’est tout ! »

(Ô) « Vous vous foutez d’ma gueule là, c’est ça !!? »

-O- « Aussi clairement que je viens de vous le dire, je n’sais pas ! »

(Ô) « Ok, bah tant pis, je vais la forcer et nous verrons bien… »

-O- « Faites comme vous voulez, c’est vous le boss »

(Ô) « Un peu qu’j’suis l’boss et c’est pas une malheureuse boîte qui va m’résister »

D’un air supérieur et un tournevis en sa possession,
Le respectable homme de loi, la boîte d’une main et l’outil de l’autre,
Coinça celui-ci entre une pièce sertie, et le bord de la boite,
Il força en faisant levier, mais le manche se cassa aussitôt,
Sa main ripa et son poignet vint s’appuyer contre le manche affûté par la brisure.
Il ne mit que peu de temps, à se rendre compte,
Que son poignet, s’y enfonçait,

Drainant l’hémoglobine, hors des veines,
Ouvrant le passage, vers l’éternel.


Mais au lieu de l’éternel, ce sont des tambourinages qui commencèrent à effrayer l’homme de loi.

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