mercredi 8 août 2012

ANESIDORA (3/6)

Il a raccroché, voilà enfin que j'entendais la voix de celui qui m'avait libéré et il fallait qu'il raccroche. C'est pour mon bien m'a-t-il dit. J'entends un faible hululement, serait-ce «Départ», ce n'est pourtant pas son heure. Sa présence n'est pas habituelle, sûrement une traduction à tort par un espoir irraisonné de m'alerter.
La boîte !! Elle donne l'impression de réagir aux appels de « Départ ».
« Vous n'avez pas beaucoup de temps » m'a-t-il dit l'étranger, mais de temps pourquoi exactement ?

> « Driiiing »
il tombe bien lui, l'étranger rappelle, je veux plus de précisions !!
> « Driiiing »
-> « oui allo ! Je veux plus de précisions sur vous »
> « M. Ernest ? »
-> « oui, vous le saviez déjà ! Qui êtes-vous, vous n'avez pas la même voix ?! »
> « Ne vous inquiétez pas M. Ernest, nous nous occupons de tous ! »
-> « Vous occuper de tout… Mais de quoi parlez-vous exactement et qui est de vous à la fin ! »
> « Restez chez vous M. Ernest, n'en bougeait pas, nous arrivons »

Il a raccroché. Pendant que j'étais au téléphone  « Départ » est venu se poser sur le rebord de ma fenêtre, cette fois il hululait fortement par courtes fréquences interprétant la crainte et l'empressement. La boîte, la clé…

« AaaaaH !!! Non ne faites pas ça, qui êtes-vous, je ne vous ai rien fait »

C'est la voisine du dessous, ça doit être eux, ils se sont trompés d'étage, nous avons le même nom de famille, quel fracas, ils sont en train de tout saccager chez elle, ils sont plusieurs, j’entends des pas affirmer dans la cage d'escalier, il se dirige vers mon appartement. Vite, la clé, je remonte le mécanisme difficilement et…

* « Pok! Pok! Pok! M. Ernest? je ne suis pas eux, je suis votre sauveur, je sais que vous avez de grandes difficultés à saisir le sens de tout ceci, n'appuyez pas sur le bouton de cette boîte M. Ernest, elle renferme le malheur du monde, l'inconnu au téléphone vous disait de remonter le mécanisme, il est avec eux, laissez-moi entrer, ils se rapprochent, j'entends l'ascenseur qui sonne à leur étage, ouvrait M. Ernest, ouvrez !!! »

« Départ » s'était tue depuis son arrivée, c'est sûrement un signe, mon instinct me dit de lui ouvrir et « Départ » confirme ma décision d'un hululement rapide.
Je repose la boîte et me dirige vers la porte. Je regarde d'abord par le judas en tenant la poignée de la porte… Je ne vois personne, je lâche la poignée et la même voix retentit.

* « Attendez M. Ernest, j'avais oublié de désactiver mon invisibilité, voilà ! Comme ça c'est mieux ? »

Je replace mon œil face aux judas et là je vois quelqu'un de tout à fait commun, je prends la poignée et la tourne.

* « Pressons-nous M. Ernest ! Ils seront là dans les secondes qui suivent. Où est la boîte, heureusement que vous n'avez pas remonté entièrement le mécanisme ».

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