Il a raccroché, voilà enfin que j'entendais la voix de celui
qui m'avait libéré et il fallait qu'il raccroche. C'est pour mon bien m'a-t-il
dit. J'entends un faible hululement, serait-ce «Départ», ce n'est pourtant
pas son heure. Sa présence n'est pas habituelle, sûrement une traduction à tort
par un espoir irraisonné de m'alerter.
La boîte !! Elle donne l'impression de réagir aux
appels de « Départ ».
« Vous n'avez pas beaucoup de temps » m'a-t-il dit
l'étranger, mais de temps pourquoi exactement ?
> « Driiiing »
il tombe bien lui, l'étranger rappelle, je veux plus de
précisions !!
> « Driiiing »
-> « oui allo ! Je veux plus de précisions sur
vous »
> « M. Ernest ? »
-> « oui, vous le saviez déjà ! Qui êtes-vous,
vous n'avez pas la même voix ?! »
> « Ne vous inquiétez pas M. Ernest, nous nous
occupons de tous ! »
-> « Vous occuper de tout… Mais de quoi parlez-vous
exactement et qui est de vous à la fin ! »
> « Restez chez vous M. Ernest, n'en bougeait pas,
nous arrivons »
Il a raccroché. Pendant que j'étais au téléphone
« Départ » est venu se poser sur le rebord de ma fenêtre, cette fois
il hululait fortement par courtes fréquences interprétant la crainte et
l'empressement. La boîte, la clé…
« AaaaaH !!! Non ne faites pas ça, qui êtes-vous,
je ne vous ai rien fait »
C'est la voisine du dessous, ça doit être eux, ils se sont
trompés d'étage, nous avons le même nom de famille, quel fracas, ils sont en
train de tout saccager chez elle, ils sont plusieurs, j’entends des pas affirmer
dans la cage d'escalier, il se dirige vers mon appartement. Vite, la clé, je
remonte le mécanisme difficilement et…
*
« Pok! Pok! Pok! M. Ernest? je ne suis pas eux, je suis votre
sauveur, je sais que vous avez de grandes difficultés à saisir le sens de tout
ceci, n'appuyez pas sur le bouton de cette boîte M. Ernest, elle renferme le
malheur du monde, l'inconnu au
téléphone vous disait de remonter le mécanisme, il est avec eux, laissez-moi
entrer, ils se rapprochent, j'entends l'ascenseur qui sonne à leur étage,
ouvrait M. Ernest, ouvrez !!! »
« Départ » s'était tue depuis son arrivée, c'est
sûrement un signe, mon instinct me dit de lui ouvrir et « Départ »
confirme ma décision d'un hululement rapide.
Je repose la boîte et me dirige vers la porte. Je regarde
d'abord par le judas en tenant la poignée de la porte… Je ne vois personne, je
lâche la poignée et la même voix retentit.
* « Attendez M. Ernest, j'avais oublié de désactiver
mon invisibilité, voilà ! Comme ça c'est mieux ? »
Je replace mon œil face aux judas et là je vois quelqu'un
de tout à fait commun, je prends la poignée et la tourne.
* « Pressons-nous M. Ernest ! Ils seront là dans
les secondes qui suivent. Où est la boîte, heureusement que vous n'avez pas
remonté entièrement le mécanisme ».
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