lundi 10 décembre 2012

LE VENT DES ÂMES (9/12)

La culture humaine n'est moissonnée qu'à 70% de sa surface, et il y a une raison à ça, cette zone non exploité est un secteur neutre, il ne se divise pas. Et pour cause, l'humanité a passé son temps à se remettre en cause. Ces 30% existent aujourd'hui et ils nous attendent sûrement quelque part sur un autre territoire, même si avec ce qui se passe nous ne pouvons pas parler de délimitations, il est clair que de nouvelles frontières se sont dessinées.

- "Ouverture du sas dans 10, 9, 8..." -

() "ça y est Julio, c'est le moment de croiser les doigts"

- "6, 5, 4..." -

> "Je suis prêt, accroches-toi à ton fauteuil"

- "2, 1, Ouverture du sas imminente, veuillez passer en salle de décontamination avant tout contact avec le personnel" -

> "C'est une blague cette annonce"

() "Chut! sinon il va nous prendre pour cible, avançons prudemment jusqu'à l'autre sas pendant que ton ami l'oiseau l'occupe"

Nous avançons, je regarde en même temps dans la direction de "Rapide", j'ai du mal à y croire, par quel miracle il est venu m'aider, je vois qu'il commence à fatiguer, je me dépêche d'avancer.
Nous voilà enfin devant ce dernier sas qui nous protégeait des dévoreurs. On les voit errer au travers des carreaux des fenêtres, ils n'ont plus l'air de sentir notre présence.

> "Que faisons-nous Violetta, nous voilà face à la dernière frontière"

() "Je t'aime Julio..."

> "Moi aussi Violetta..."

Le message était clair et le silence est de rigueur. Je tend la paume de ma main en direction d'un gros bouton pressoir rouge, je m'arrête juste devant, j'hésite...

° « iiiiK ! iiiiK ! iiiiK ! »

Oh merde, « Rapide »… Je crains qu’il se soit fait attraper, paix à ton âme. Je n’ai plus le droit de reculer, je dois faire honneur à son sacrifice ; Quel salaud je fais en n’allant pas vérifier si je pouvais l’aider…Je ne peux pas reculer…J’appuie !

- « Système de déverrouillage du sas principale du laboratoire secteur ARCHIPEL déclenché » -

P’tain d’annonce de merde, elle va nous faire repérer, p’tain ils se ramènent tous par ici, j’avance pour sortir de cette pièce avant de se retrouver piégés avec eux…P’tain flippe pas, p’tain ils nous reniflent mais continuent leur chemin, ça a l’air de fonctionner, avance toujours, regarde pas derrière toi, là ont est assez loin du Labo et plus un seul d’entre eux devant nous. Retourne toi maintenant…ça a fonctionné…

> « Regarde ça Violetta ! Ils sont tous à l’intérieur !! »

() « Mais tais-toi Julio ! »

][ « NARSHK ! »

> « Merde, je suis trop con, ils regardent tous dans notre direction maintenant »

() « Le bouton pressoir à côté de la lance d’incendie, vite !! »

« Pas de temps à perdre, un bon sprint de compète, le poing bien serré et… »

- « BLING ! Système d’urgence activé, veuillez évacuer les lieux, les sas et trappes de tous les secteurs vont êtres verrouillés. Auto-destruction par combustion de tous les secteurs dans 10, 9, 8 » -

() « Mais c’est pas possible, mais quand est-ce que ça va s’arrêter bordel ! »

> « Pas le temps de philosopher Violetta, regarde la trappe juste là, il faut tenter »

Pas le temps à la discute, le fauteuil roulant encore une fois doit nous servir autrement que dans sa fonction initiale. Je prends rapidement Violetta et la dépose au sol, je couche violemment le fauteuil et le lance de toutes mes forces en direction de la trappe pour la coincée, oui, c’est ça, dans le mille.

> « Je vais te traîner jusqu’à la trappe, et c’est partit, ça va frotter ! »

() « Plus vite Julio, il y en a un qui a réussit à se dégager le pied qui était coincé par le sas, putain il se l’est arraché pour nous poursuivre, il se traîne mais il arrive quand même vite »

- « 5, 4, 3… » -

Je passe ses jambes en premier par la trappe.

> « Descend l’échelle à la force des bras, il y a peu de barreaux mais c’est peu profond »

Ok, elle a suffisamment progressé, Merde ! Voilà le dévoreur, je me glisse par la trappe et lui lance un dernier regard.

- « 2, 1… » -

Je pousse le fauteuil violemment et la trappe termine sa course et se verrouille pas…le dévoreur vient de coincer sa main dans celle-ci, Violetta est déjà en bas et me cris dessus de descendre rapidement.

- « Vannes de gaz ouvertes, mise à feu dans 5, 4… » -

> « ça va pèter Violetta ! prenons le tunnel, il nous mènera sûrement à une sortie »

- « 2, 1, Mise à feu enclenchée » -

- « BLAAAOOUUUUMMM » -

][ « GZiiiiAARRRCHHH !!! »

Les cris sont stridents, on entend d’ici la chair des dévoreurs siffler et fondre dans un mélange de souffre et de vacarme de taules projetées contre les murs.
Nous ne perdons pas de temps, je nous traîne dans un tunnel bien éclairé mais dont on ne voit pas la fin, nous avançons.

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