mercredi 13 juin 2012

ELU A SON INSU (3/4)

L'agonie commença, mais pas pour moi, Kuro, dernier des guerriers défiant l'hurleur.
Le défi boursoufla d'années stagnées, le visage du sélectionneur d'âme. Plus il se plaignait de ces douleurs, plus il s'éparpillait sur les lieux où il maudissait ceux pour qui la loyauté primait.
Une épreuve en moins, aucun échec toléré. Reste ce fossé qui insuffle son incitation au vertige ; une prière menant à la fureur m'encouragerait et d'un pas lourd viendrait à me pousser des ailes… Mais cela ne se déroulera pas ainsi, car devant moi, de mes yeux effarés, peu à peu que la sépulture du sélectionneur d'âme se formait, m'a vue me jouait des tours… Car devant moi le gouffre se remplissait de terre et de rochers, l'illusion était parfaite, mon ascension pouvait se poursuivre. Je repris espoir de peut-être sceller définitivement cette partie de l'histoire. Vu que le parcours a été raccourci, l'accès à la gueule ouverte de l'habitat de l'hurleur se dessinait plus précisément à chacun de mes pas.
Sombre n'est pas vraiment le mot, je pousserais plutôt à dire… Douloureux ou alors… Aveuglant.
L'antre de l'hurleur, enfin l'entrée, je ne suis pas pétrifié ou encore exténué, mais l'air qui s'en dégage n'inspire pas la grâce mais plutôt le dégueuli de démences.
En entrant à l'intérieur on remarque la vétusté des parois souillées d'anciennes générations ayant peuplé ces terres. L'hurleur doit périr cruellement, je dois lui briser toute espérance d'échapper à son procès et de regarder en face le visage de ceux dont il envisageait d'écourter l'existence pour assouvir sa soif déferlante et sauvage d'hégémonie.
L'arme à la main, affûtée exceptionnellement pour cette occasion, je franchissais aisément le premier pallier des profondeurs de la grotte que la nature à creusé en pente.
Avant mon arrivée devant l'antre, je percevais des grognements sourds, mais plus je progresse à l'intérieur, plus le grognement s'intensifiait ou plutôt se multipliait...
Il commence à faire de plus en plus sombre et froid. Je m'étais bien équipé avant de quitter le confort de nos hutes, dont une torche et de quoi l'enflammer. Une petite braise puis une mini flamme jaillit enfin des frottements incessants que j'effectue depuis au moins une demi-heure, j'approche la torche quand, un grognement beaucoup plus intense que ce que j'ai pu percevoir en arrivant ici pris le dessus sur l'atmosphère caverneuse prônant le silence, l'humidité et la solitude. Je me retourne, mais ne sait pas vraiment où donner du regard, ce n'est pas l'écho mais bien l'ombre de rôdeurs prêts à bondir de colère meurtrière. Je reste concentré sur ma défense, je distingue à présent des silhouettes m'observant de leur menaçant regard lumineux, mais leurs positions dissimulent leurs fonctions, ils sont irrémédiablement les larbins de l'hurleur.
Je m'avance, un grognement plus fort mais pas d'attaque, je m'avance encore, ils se déplacent, l'étau se resserre, ils sont à bonne distance, ils m'obligent à continuer d'avancer dans le tunnel qui est dans le prolongement de la voûte.
Non plus des grognements mais des grondements tyranniques épouvanta les lieux et effrayant la meute de carnassiers.
Je m'enfonce prudemment dans ce corridor menant sans doute à rejoindre les esclaves de l'hurleur, car les carnassiers rencontrés m'étaient familiers.
« Je te tuerai » ai-je sommé a l'hurleur, « j'éparpillerai ta chair charcuté sur nos terre pour la purifier et accrocherai ta tête à l'entrée de ton antre pour que tous vois et qu'ils se souviennent que les démons comme toi ne sont que de passage, car ils seront punis de leur actes" ais-je à nouveau prophétisé.
Mon avancée est à présent sans retour, les carnassiers encombrèrent de grosses pierres l'entrée du corridor, et là, un hurlement des plus dominateur me fit douter sur mes prophétiques paroles. Un martèlement diffus suivi d'hurlements de la féroce bête. Une silhouette massive se dessina à une cinquantaine de mètres, un silence surnaturel et brutal figea le temps. L'hurlements venu des sous-bois ombrageux de la forêt était là, devant moi, je ne suis pas un lâche, je ne me laisserai pas empoigné comme une du vulgaire gibier.

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